jeudi 18 février 2010
par Mathieu Nicolet
Las, depuis plus de quinze ans, le pays a multiplié les places d'honneur sans jamais pouvoir toucher le Graal. Craquant systématiquement au moment décisif, la Finlande collectionne les désillusions avec un fatalisme parfaitement assumé, voire revendiqué. Dans l'ombre de son voisin aux trois couronnes historiquement lié à elle, la Finlande cultive une relation ambivalente, complexe et ambiguë avec son meilleur ennemi et pire ami. Témoignage de cette situation d'amour-haine, le but du Lion reste invariablement de terrasser son grand frère tout en le soutenant par la suite si d'aventure il devait se retrouver hors course.
Une fois de plus, la déception sera au rendez-vous du côté d'Helsinki et de sa (très) vaste banlieue, puisque l'équipe masculine finlandaise de hockey repartira des Jeux Olympiques les mains vides, et ce pour plusieurs raisons. Individuellement tout d'abord ; le sélectionneur Jukka Jalonen s'est finalement résolu à ne pas exhumer Petteri Nummelin, devenu méconnaissable. Un bon point, mais l'équipe persiste à vivre sur les fondations bringuebalantes de 1995 avec la présence de Peltonen, Lehtinen et Saku Koivu. Des joueurs pourtant nécessaires dans l'effectif, ce qui traduit un mal latent.
Avec l'increvable Teemu Selänne – celui qui va prendre chaque année sa retraite l'année prochaine –, la première triplette finlandaise accuse une moyenne d'âge de 37 ans. Drillés depuis des lustres au rythme effréné de la NHL, l'état de fraîcheur des Suomi pourrait néanmoins être préjudiciable en fin de compétition face aux équipes nettement plus jeunes. On peut aussi douter de la motivation du célèbre «Finnish Flash» ; plus occupé à collectionner les voitures de luxe et autres signes extérieurs de richesse, l'attaquant bling-bling des Ducks n'a plus grand-chose à prouver. Les talents naturels, la Finlande connaît très bien. Cela dit, ces derniers réussissent nettement mieux dans les épreuves individuelles, même si leur potentiel d'autodestruction est maximal à l'instar du génial sauteur (dans tous les sens du terme) Matti Nykänen (en bas). L'alcool, la drogue, les putes et les combats de free-fight avec sa femme ne l'avaient jamais empêché de faire un carton le jour J. Un exemple à suivre !
Alors trop individualistes les Finlandais ? Tous ne sont pas à mettre dans le même panier : monstre de générosité et d'humilité, Mikko Koivu fait l'unanimité dans les travées du X-cel Center de St-Paul et dans son pays. Arrosé de louanges par Jeremy Roenick, le cadet des Koivu est l'antithèse d'une star adulée et ne recherche aucune notoriété, ni coup d'éclat tout en assumant un puissant leadership. Dans le même registre, citons Niko Kapanen. L'attaquant risque bien de prochainement retrouver son frère du côté de Kuopio – sa ville d'origine – où Sami a investi dans son club formateur, en est devenu le propriétaire, avant de faire passer le KalPa Kuopio d'un club de seconde zone en un prétendant au titre national.
L'été dernier, Saku Koivu avait justement refusé un contrat de longue durée au Wild, craignant d'avoir des problèmes avec son frère Mikko au sein de la même organisation. Il avait alors préféré un bail juteux dans une franchise sans âme. À voir donc si la raison invoquée par l'aîné va jouer un rôle pendable dans le collectif finlandais. Collectivement justement, c'est toujours le même problème : l'équipe attaque pied au plancher et nez dans le guidon, avant de s'essouffler et de sombrer lamentablement au pire moment, trahie par un mental en cristal. Face à l'adversité d'un calibre intrinsèquement supérieur, on ne voit pas comment les nordiques pourraient empocher une breloque, même bronzée. Pour l'instant, le scénario est parfait : surclassant les modestes Biélorusses, Ruutu et ses potes ont laissé une forte impression. La chance de la Finlande ? Croiser le chemin d'une Tre Kronor en rodage en poule de qualification. Si le Lion parvient à oublier l'espace de 60 minutes son légendaire complexe d'infériorité en infligeant une secouée aux Suédois, un objectif aura déjà été atteint.
Canada Hockey Place, 16'639 spectateurs.
Buts : 4e O.Jokinen (S.Koivu, Selänne/5c4) 1-0, 18e Hagman (M.Koivu, Pitkanen/5c4) 2-0, 21e S.Kostitsyn (Demagin) 2-1, 37e Hagman (M.Koivu) 3-1, 41e Filppula (M.Koivu) 4-1, 53e J.Ruutu (Kukkonen, N.Kapanen) 5-1.
Pénalités : 2 x 2' contre la Finlande ; 6 x 2' contre la Biélorussie.
Tirs cadrés : 45-12 (17-2 11-2 17-8)
Finlande : Kiprusoff; Kukkonen, Pitkanen; S.Salo, Timonen; Lepistö, Lydman; Niskala; M.Koivu, T.Ruutu, Filppula; Selänne, S.Koivu, Lehtinen; Hagman, O.Jokinen, Miettinen; J.Ruutu, N.Kapanen, Immonen.
Biélorussie : Koval; Salei, Kostiuchenok; Denisov, Karev; Makritski, Stasenko; Kolosov, Ryadinski; Demagin, Kalyuzhny, S.Kostitsyn; Antonenko, Zadelenov, Koltsov; Ugarov, Zakharov, Stas; Mikhalev, Kulakov, Meleshko.
Vos commentaires
Sinon article intéressant
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finlande 5 -suisse 0 , finlande 6-italie 0,
R.tchèque 2- finlande 4 , finlande 2-canada 0,
finlande 2-allemagne 0 , finlande médaille d'argent . " Face à l'adversité d'un calibre intrinsèquement supérieur ,on ne voit pas comment les nordiques pourraient empocher une breloque ..." Et bien on a vu , mon cher Mathieu !
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En quoi Minnesota a plus d'ame qu'Anaheim?! Une franchise de 1967 à 1992 qui a fait deux finales de la Stanley (81 et 91), puis une franchise depuis 2000 qui depuis sa création joue tous ces matchs à guichet fermé ... c'est vrai que comparé a une franchise construite de toute pièce par Disney au sud de la californie, le doute est permis ... :-)
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