dimanche 13 mars 2011
par Julien Mouquin
Lorsque l’on a découvert le calendrier de ce 2e tour, on s’était dit que le Lausanne-Sport avait de la chance : les Lausannois jouaient en effet toutes les équipes de bas de classement en début de 2e tour. Cela paraissait idéal pour digérer en douceur les mutations survenues durant la trêve hivernale, engranger des points et de la confiance et monter en puissance (spécialité lausannoise s’il en est) pour aborder en position de force les chocs de fin saison à la Pontaise contre Servette, Lugano et Vaduz. Ce que l’on n’avait absolument pas prévu, c’est que le LS risque bien de flinguer ses chances de promotion avant même les chocs précités, en égarant des points contre les mal classés. Si les matchs nuls à Yverdon et Locarno pouvaient à la limite passer pour des accidents de parcours, il n’est jamais facile d’aller jouer à l’extérieur contre des adversaires qui jouent leur survie, en revanche la défaite concédée samedi contre Wohlen ne laisse rien augurer de bon quant à la suite de la saison.
Les Lausannois sont mal rentrés dans le match et cela s’est rapidement concrétisé au tableau d’affichage : sur un centre du joueur vedette du FC Wohlen, Alain Schultz, revenu au club après un passage mitigé à GC, Altin Osmani reprend à bout portant et Anthony Favre ne peut que dévier le ballon au fond de ses filets. Le LS se verra rapidement offrir une occasion d’égaliser avec un penalty logique suite à une main argovienne sur un centre de Michel Avanzini. Matt Moussilou se charge d’exécuter la sentence pour inscrire (enfin) son premier but en LNB mais son boulet de canon s’écrase sur le poteau. Les grincheux de la tribune sud étaient encore en train de vouer le Français aux gémonies lorsque celui-ci s’est racheté : parti à l’extrême limite du hors-jeu sur une louche subtile de Nicolas Marazzi, l’ancien Lillois a éliminé très proprement le gardien Proietti pour égaliser dans le but vide. Le Français aurait même pu doubler la mise lorsqu’il a pris de vitesse la défense centrale adverse mais son tir était trop croisé. Malgré son but, on reste dubitatif sur l’apport de Matt Moussilou, il lui faudra encore élever son niveau de jeu s’il veut devenir le digne successeur de Souleymane Sané plutôt que d’Eric van den Boogard à la Pontaise.

Cette égalisation n’a pas vraiment boosté le Lausanne-Sport. Wohlen est même tout près de reprendre l’avantage sur une facétie d’Anthony Favre qui veut dribler un attaquant adverse mais glisse, Bijelic récupère mais ne trouve que le poteau. Tant mieux pour le LS et tant mieux pour Anthony, qui évite ainsi de se retrouver en héros malheureux d’une vidéo vue 400'000 fois sur You Tube. Dans les minutes qui suivent, Wohlen passe trois fois tout près du 1-2 sur des frappes qui passent juste à côté. Il faut attendre la fin de la 1ère mi-temps pour voir le LS à l’offensive avec une tête de Katz bloquée par l’hystérique Proietti et une frappe d’Avanzini juste au-dessus. Mais c’était tout de même assez maigre pour un candidat déclaré à la promotion. C’est pourquoi on attendait une réaction après la pause mais c’est tout le contraire qui s’est produit.
Car si la première mi-temps du LS n’avait pas été bonne, la deuxième elle sera carrément calamiteuse. A part une frappe à côté de Nlundulu et deux cafouillages en fin de match, les Lausannois n’ont strictement rien produit après le thé contre un adversaire qui n’avait pourtant rien d’un foudre de guerre. Mais les Argoviens, eux, voulaient la victoire et c’est tout à fait logiquement qu’ils vont l’obtenir, sur un long coup franc dans le paquet, la défense lausannoise tergiverse et Alain Schultz arme un obus qui trompe un Anthony Favre en mode Victor Valdes pour la fermeture d’angle. S’il avait fait preuve de davantage de réalisme en contre-attaque, Wohlen aurait même pu repartir avec une victoire plus nette, on pense notamment à cette frappe de Rebronja détournée par Favre.
Non content d’avoir perdu sa jouerie, le LS a aussi perdu son âme. Où étaient passés l’état d’esprit conquérant du 1er tour et cette rage de vaincre qui a souvent permis aux Vaudois de renverser des situations compromises ? Il paraît inconcevable de penser que ces joueurs qui se sont inclinés sans broncher samedi contre Wohlen sont, à peu de choses de près, les mêmes qui sont allés chercher la qualification au bout du suspense à Moscou contre le Lokomotiv, sont revenus de nulle part à Prague, ont fait douter le grand CSKA Moscou ou ont atomisé le champion de Suisse 2014 Servette sur sa pelouse. On peut faire des théories sur le recrutement hivernal ou l’absence de Celestini mais cela ne suffit pas à expliquer pourquoi la quasi-totalité de l’effectif joue deux tons en-dessous de ses performances de l’automne dernier.

Samedi, il n’y avait pas d’envie, pas de prise de risques, pas d’ambition dans le jeu lausannois. Dès qu’ils avaient le ballon, les joueurs de Martin Rueda ne semblaient avoir qu’une seule préoccupation, s’en débarrasser la plus vite possible, généralement en touche ou dans des pieds adverses. Au premier tour, Martin Rueda marchait sur l’eau, son coaching était systématiquement gagnant et on avait l’impression qu’il prenait toujours les bonnes décisions. Là on ne parvient pas à comprendre comment, alors que le jeu lausannois était aussi pauvre, il a pu laisser Tosi sur le banc, sortir Avanzini, le meilleur Lausannois (ou le moins mauvais) samedi, le seul à mettre un peu de vie dans le jeu, ou attendre 73 minutes pour sortir un Rochat complètement dépassé sur son flanc droit.
Ainsi donc, le LS aura perdu six points cette saison contre Wohlen. On n’ira pas jusqu’à dire que ces points-là vont coûter cher au décompte final car, à ce rythme-là, il manquera beaucoup plus que six points pour la promotion aux Lausannois en fin de saison. On avait pesté après les nuls à Yverdon et Locarno mais finalement ce n’était peut-être pas une si mauvaise opération, cela permet au moins de garder les distances avec la zone de relégation. En tous les cas, si le LS ne bat pas Nyon mercredi, l’affaire sera définitivement entendue (si elle ne l’est pas déjà…), et l’on pourra se préparer à une fin de saison glauque dans le ventre mou du classement devant 300 spectateurs. Et les fameux matchs au sommet contre Servette, Lugano et Vaduz deviendront, pour le LS du moins, des simples matchs de liquidation dans l’indifférence générale… Quel gâchis !
Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch
Pontaise, 1’150 spectateurs.
Arbitres : M. Gut, assisté de MM. Poli et Kaszas.
Buts : 9e Osmani (0-1), 19e Moussilou (1-1), 66e Schultz (1-2).
Lausanne : Favre ; Rochat (73e Carrupt), Katz, Buntschu (39e Gétaz), Sonnerat; Avanzini (59e Nlundulu), Traoré, Marazzi, Pasche ; Moussilou, Roux.
Wohlen : Proietti; Madry, Winsauer, Fabio, Rebronja; Haziri, Romero (86e Mamone), Karapetsas (77e Stadelmann); Schultz; Bijelic (55e Renfer), Osmani.
Cartons jaunes : 32e Proietti, 34e Pasche, 62e Karapetsas, 71e Katz, 72e Schultz.
Notes : Lausanne sans Silvio (suspendu), Steuble, Bah, Meoli (blessés) ni Fabrizzyo (non qualifié), Wohlen privé de De Lima (suspendu), Piu, Roduner, Stauber ni Diethlem (blessés).
Vos commentaires
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
"Ce LS-là n'ira nulle part avec Jean-François Collet"
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Quand des dirigeants se mettent à vouloir se substituer à la direction sportive et gérer seuls les transferts, la catastrophe n'est pas loin!
Demandez à Rueda
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
@ jimmy y a de l aplace à une équipe de foot ET de hockey à Lausanne. Berne en est l'exemple (bassin de population comparable) Mais c'est clair qu'il faut être un peu ouvert d'esprit.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Alors maintenant c'est aux joueurs de se bouger le cul pour inverser cette situation! Me*de a la fin, ils sont quand meme 10 a avoir joue le premier tour. Le talent devrait quand meme etre la!
Alors on se reveille et on met la gomme!
Allez, un p'tit festival offensif contre stade Nyonnais mercredi et c'est reparti!
Hop LS
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
J'aime bien Rueda, et j'espère qu'il a l'ambition de faire jouer cette équipe et vite. Tout n'est pas perdu, mais il faut que ce creux s'arrête dès mercredi.
C'est le moment pour les cadres de cette équipe de montrer leur valeur et leur ambition.
Et je vois pas ce que Collet a fait de tout faux. Le contingent a belle allure, tout est là pour que les résultats suivent.
Parole à l'équipe...
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Alors qu'il suffisait de continuer sur la dynamique du 1er tour, il a géré le cas Celestini comme un branque, il n'a pas eu l'humilité (avec son accolyte) de s'effacer et de laisser Rueda diriger son groupe et construire l'après-Celestini, il a (ont) voulu se mettre sur le devant de la scène par orgueil et préféré une hypothétique gloriole à la continuité de la performance du groupe, il a cassé l'indispensable relation de confiance entre le secteur sportif et la direction du club.
A part cela, on ne peut pas lui reprocher grand chose...
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Le rôle du patron est de diriger l'entreprise, pas de substituer aux directeurs et aux employés pour faire un boulot pour lequel il n'a aucune compétence, ce genre de comportement pousse à se poser des questions sur son aptitude à diriger ( il suffit de voir les problèmes de Grand Chelem)!
Quant à la "fortune" du sieur mise pour le LS, soit VOUS en connaissez le montant et vous dîtes des balivernes, soit vous n'en savez rien et je vous invite à vous renseigner car son apport frise les 0.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.