Nous voilà au lendemain d’une triste soirée pour les supporters helvétiques. Mais comme le dit le désormais adage «the show must go on», c’est donc le cœur encore meurtri que j’ai assisté (en studio) à ce match qui s’annonçait très intéressant.
D’emblée les formations jouent assez haut, et si la Mannschaft semble gênée par le dispositif croate, ces derniers ne se posent pas de question et ne spéculent pas sur un attentisme de circonstance. Olic touche ainsi un grand nombre de ballons, tandis que Srna se montre déjà en véritable poison. De l’autre côté, Gomez continue de faire un usage approximatif des rares (mais mauvais) ballons dont il hérite. Le match est cependant plaisant, les équipes se livrent et on a tout lieu d’admirer de jolies individualités, comme Modric héros du premier match et qui fait figure d’intenable joueur de poche au milieu des géants et lourdingues Allemands.
C’est alors qu’une superbe séquence de passes courtes, initiées par notre ami Rakitic, finit sur le pied de Srna qui jaillit de manière spectaculaire et crucifie Lehmann. La supériorité technique et «spatio-temporelle» des Croates est magnifiquement récompensée et ne fait que se confirmer. Les visages allemands se crispent, s’inquiètent. Les Croates qui pour la plupart évoluent en Bundesliga sont en train de jouer un bien mauvais tour à leurs copains de club, l’épais bloc central tient bon et gère (ou gêne) très bien.

Très joli coup réussi par les hommes de Bilic !
La deuxième période verra les Allemands revenir avec de meilleures intentions, mais l’avantage psychologique pris par les Croates est, on ne le sait pas encore, irrémédiable. La crispation allemande trouve une fantasque illustration dans la frappe anodine de Modric, que Lehmann trouve le moyen de laisser filer au fond, non pas de ses filets heureusement, mais de ses bras. Depuis Streller à la Coupe du Monde on avait pas vu un visage autant paniqué. La guigne qui guette le portier allemand depuis le début du tournoi attendra encore avant de surgir. Quelques minutes plus tard, une frappe de Rakitic surprend étonnamment le sympathique frisé au premier poteau, ricoche sur celui-ci et finit dans les pattes d’Olic (et Tom) qui double la mise dans la stupeur totale.
Le but de Podolski devait relancer le match, mais niet. La supériorité des Croates continuait et les protégés du fantasque Bilic montraient leur maturité en continuant de maîtriser des Allemands aussi limités que décevants. Dans le duel à distance entre Ballack et Modric, nul doute que la balance a très largement penché du côté du petit créateur au maillot à damier. Histoire de boire le calice d’une vraie déconfiture jusqu’à la lie, l’élégant Schweinsteiger sera suspendu pour le prochain match, auteur d’un geste d’humeur après avoir été violemment taclé par derrière. Le blond peroxydé avait sans doute mieux à faire, lui qui se bat pour une place de titulaire dans une équipe qui jouera sa place lundi prochain, dans ce qui s’annoncera comme le deuxième gros match décisif de la compétition, après Tchéquie-Turquie... Allez, rajoutons-en vu que c’est moi qui couvrirai cette rencontre : il s’agira du premier duel de la mort entre les frères ennemis.
De son côté, la bande à Rakitic, favori dans la rubrique «surprise» de la rédaction de CartonRouge.ch, aura encore sans doute tout loisir d’exposer son football rapide et spectaculaire face aux Polonais. Dix ans après leur épopée en France, ils pourraient bien s’inviter dans le dernier carré de cet Euro qui commence à se dessiner. Sans les Suisse hélas.
Wörthersee, Klagenfurt. 31'461 spectateurs (guichets fermés).
Arbitre : De Bleeckere (Be).
Buts : 24e Srna 1-0. 62e Olic 2-0. 79e Podolski 2-1.
Croatie : Pletikosa; Corluka, Robert Kovac, Simunic, Pranjic; Srna (80e Leko), Modric, Niko Kovac, Rakitic; Olic (72e Petric), Kranjcar (85e Knezevic).
Allemagne : Lehmann; Lahm, Mertesacker, Metzelder, Janssen (46e Odonkor); Fritz (82e Kuranyi), Frings, Ballack, Podolski; Klose, Gomez (66e Schweinsteiger).
Cartons jaunes : 27e Srna, 46e Simunic, 75e Ballack, 92e Leko, 92e Lehmann, 93e Modric.
Carton rouge : 92e Schweinsteiger.
Vos commentaires
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Les croates -Bilic- ont retenu les leçons de leur premier match, mais aussi de Roumanie-France (voir de PB-Italie), il faut oser contre les grande nations pas bien réveillées. Croatie minimum en demi final s\ils ne retombent pas dans leurs travers...mais...
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