mercredi 24 octobre 2007
par Alex DeLarge
Soyons clairs : seuls les skieuses et les skieurs ont vraiment du cran. Dans les autres disciplines, on est peinard, froussard, douillet. Le foot ? Des types en short qui font mumuse sur une pelouse bien verte et bien tondue. Le hockey ? Des gros gaillards qui s'emmitouflent par crainte d'une rondelle en caoutchouc. Le basket ? Des grandes gigues qui pleurent dès le moindre accrochage.
Mais plus généralement, les sports collectifs ne font pas appel au courage. Par définition. On peut toujours se reposer sur ses coéquipiers, diluer les responsabilités, répartir les dangers. Schématiquement dit : on n’assume pas. Grossièrement dit : on n’a pas de couilles. Certes, il existe des situations particulières. Comme les tirs au but au football par exemple. Mais franchement, à moins de s'appeler Marco S., un penalty ne s'est jamais apparenté à un véritable péril.

Marco Streller, ce zéro
Pour autant, cela ne veut pas dire que tous les sportifs «individuels» ont de la vaillance. Prenons le tennis. On rate un service mais, pas de panique, on en a un deuxième. On perd un point à 6-6 dans le tie-break mais, pas de panique, on sait que l’adversaire doit gagner avec deux points d’écart. Donc, le tennis donne droit à l’erreur. Re-donc, le tennis ne fait pas appel au courage.
Et le cyclisme ? Il faut être courageux pour faire du cyclisme ? Oui, il ne faut pas avoir peur des seringues... Idem pour l'athlétisme. Passons à la F1. Mais n'y restons pas, car quel héroïsme à vaincre quand c’est une machine qui fait tout ? Et quand les mesures de sécurité de cette même machine vous font risquer un bleu en cas d’accident ? Quant à la boxe, si le combat tourne mal, il suffit de se coucher quelques secondes et tout sera terminé. Et j’en passe.
Place maintenant au ski alpin. Vous êtes tout seul. Vous devez faire avec ce que vous offre la montagne, c’est-à-dire des murs de glace. Vous ne pouvez compter que sur deux lattes et deux bâtons comme matériel. Vous n'avez qu'un casque comme protection. Vous savez que la moindre erreur vous fait «au mieux» perdre la course. Vous savez qu’une légère défaillance vous envoie au pire dans de vagues filets de sécurité.

Bode Miller, ce héros
Exemple. Wengen, janvier 2007, descente du Lauberhorn. Lors de la reconnaissance, Bode Miller réfléchit à une nouvelle trajectoire pour le passage du carrousel (juste avant l’arrivée). Le hic, c’est que cette trajectoire, conjuguée avec la vitesse, fait qu’il va perdre l’équilibre. Ainsi, comme il l’expliquera après la course, Miller sait avant de s’élancer qu’il va passer la ligne sur les fesses, puis qu’il va se crasher dans l’aire d’arrivée. Tant pis. Il y va. Il gagne en kamikaze. Il gagne en héros.
Exemple extrême, certes, mais pas tant que ça. En ski, vous êtes toujours sur le fil. Une victoire fait donc de vous un vrai champion, alors que dans les autres sports vous restez quoi qu'il arrive un champion de salon. Bref, vive le ski et vivement ce week-end pour les géants inauguraux de Sölden.
Vos commentaires
Coin polémique: t\as oublié le rugby dans les sports co. Aller sur le terrain et savoir que t\auras les oreilles en cou-fleur à la fin, c\est plus que du courage, c\est de l\inconscience. Pas comme ces fifs\ du foot américain...
Bode ferait un excellent demi de mêlée.
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Ramenez nous les Collombin & Klammer car eux ils faisaient le spectacle...
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Rien ne nous empêche toutefois de théoriser... Alors bravo pour la reflexion toute théorique.
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