dimanche 18 janvier 2009
par Alex DeLarge
Bref, parlons patience et parlons Défago. En gagnant samedi en descente à Wengen, le Valaisan a mis fin à une injustice. Car s'il y a un coureur qui tournait autour d'une grande victoire, c'est bien lui. Pour Défago, tout avait bien commencé. En 1996, il quitte les Mondiaux juniors avec l'or en super-G et le bronze en géant. Las, le Valaisan peine à confirmer une fois en Coupe du monde.
La patience finit par payer. En décembre 2002, Défago remporte le super-G de Val Gardena. Une victoire que le Morginois ne pourra jamais savourer. Le même jour, son petit frère Daniel, lui aussi champion du monde chez les juniors, se fracasse les deux jambes. Sa carrière s'arrête abruptement. Et Didier repart à la chasse d'une vraie victoire.
La patience finit par payer. En décembre 2005, Défago gagne le super-combiné de Val d'Isère. Une victoire que le Morginois ne pourra jamais savourer. Quelques minutes après la course, il apprend que la plaque de sa fixation est trop haute de... 0,17 millimètre. Il est disqualifié et sa perte financière est estimée à 150'000 francs. Didier absout son serviceman. Et repart à la chasse d'une vraie victoire.
La patience finit par payer. En mars dernier, il fait très fort en super-G à Bormio. Du moins jusqu'à ce que l'Autrichien Hannes Reichelt ne le devance de... 1 centième. Didier ravale sa rancoeur. Et repart à la chasse d'une vraie victoire.
La patience finit par payer. Après avoir accumulé les top 10 début décembre, il débarque à Val Gardena comme un des favoris. Il tient son rang en battant tous les autres cadors. Las encore une fois, la météo fait des caprices et favorise le dossard de l'Italien Werner Heel. Didier termine vainqueur moral, mais seulement deuxième au classement officiel. Didier prend son mal en patience. Et repart à la chasse d'une vraie victoire.
La patience finit par payer. Samedi, il gagne le Lauberhorn à Wengen. Un frère qui se blesse ? Des fixations non conformes ? Des centièmes capricieux ? Une météo taquine ? Rien de tout ça. Cette fois, c'est bon, c'est fait, Didier Défago tient sa vraie victoire en Coupe du monde.
Friedrich Nietzsche : "L'homme a besoin de ce qu'il y a de pire s'il veut parvenir à ce qu'il a de meilleur en lui." Didier Défago : "Avec cette victoire qui m'a souvent fui, celle-ci est d'autant plus belle." Deux façons d'exprimer la résistance aux échecs. Plus élégante chez Nietzsche, certes. Reste que le philosophe allemand, lui, n'a jamais gagné le Lauberhorn.
Vos commentaires
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y'aurait-il un Valais français, italien...moldave ?#
Que djiable, qu'on se le dise, il n'y a qu'un Valais. Est-ce-que CR se lancerait dans la publicité mensongère ??
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ouais, et si Def gagne la Streif à Kitzbüehl, on remplacera les 3000 litres de mazout par 3000 litres de bière ;-)
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