lundi 30 mai 2011
par Julien Mouquin
Pourtant, tout avait bien commencé : le temps était radieux, la température estivale, le stade plein et joyeusement coloré, l’ambiance magnifique, avec, comme prévu, une écrasante supériorité numérique valaisanne mais quand même du répondant du côté des Neuchâtelois qui gagneront même haut la main le duel des tifos. Une partie des supporters n’a probablement jamais mis les pieds dans le stade de «son» équipe favorite cette saison mais, qu’à cela ne tienne, ce n’est pas tous les jours que des équipes romandes ont l’occasion d’évoluer dans un tel écrin et dans une telle ambiance, l’occasion était belle pour s’offrir une belle fête du foot romand. Malheureusement, il y a eu un match pour tout foutre en l’air. Pour éviter de gâcher la fête, il aurait mieux valu remettre la Coupe au capitaine Goran Obradovic directement après l’entrée des joueurs, les Valaisans auraient ainsi pu rentrer plus tôt célébrer la victoire sur leur place de la Planta, cela nous aurait évité une heure et demie d’un pénible spectacle et le football romand ne se serait pas ridiculisé sous les yeux de toute la Suisse.

On redoutait un peu le truc après le peu reluisant 0-0 à Sion qui avait permis à Neuchâtel Xamax de sauver sa place en LNA : on pensait bien que, pour avoir un match, il ne faudrait pas que les Valaisans marquent trop tôt, sinon le duel risquait de tourner court. Las, après moins de deux minutes, Jean-François Bedenik sortait aux fraises sur un coup franc de Michael Dingsdag et était devancé par la tête de Giovanni Sio pour l’ouverture du score. Comme face à Bienne en demi-finale, Sion a fait la différence sur balles arrêtées puisqu’après moins de six minutes de jeu Vilmos Vanczak scellait l’issue du match en reprenant un corner magnifiquement tiré par Didier Crettenand, le Valaisan de service, qui a joué presque toute la saison en 1ère ligue mais qui s’est retrouvé titulaire pour cette finale. Un peu comme si l’entraîneur Laurent Roussey ne craignait tellement pas son adversaire du jour qu’il pouvait se permettre ce genre de fantaisie pour faire plaisir aux supporters.
0-2 (officiellement, Xamax recevait…), après six minutes, match terminé. Car ce Xamax-là, sans venin, sans imagination, sans fierté, n’avait pas les moyens de revenir. Il faudra attendre le dernier quart d’heure pour voir une occasion neuchâteloise. Quand ton unique attaquant, c’est Gérard Gohou et qu’il ne fait rien d’autre que de se dribbler lui-même, c’est difficile d’imaginer comment marquer un but. Et un bref coup d’œil à la feuille de match nous fait constater que Bernard Challandes n’a guère de possibilités de changements pour infléchir le cours du match. Si Prijovic n’avait pas galvaudé trois grosses occasions en ne cadrant pas ses tirs, les Xamaxiens auraient sans doute marché sur les traces de leurs glorieux prédécesseurs, défaits 6-0 par Bâle lors de la finale 2003 dans ce même Parc Saint-Jacques. L’indigence du spectacle sur le terrain va se répercuter dans les tribunes. Les supporters rouges et noirs sont abasourdis par ce début de rencontre et, après seulement vingt minutes, des vides se font déjà voir dans le parcage neuchâtelois. Côté valaisan, après quelques chants de victoire impressionnants, cela redevient vite assez silencieux, comme si l’on était un peu surpris par la facilité de la victoire, pour une fois sans avoir à pousser son équipe vers une remontée fantastique. Il faudra attendre les dix dernières minutes pour qu’enfin les chants valaisans ne se limitent pas à une poignée d’irréductibles derrière les buts.
Après la pause, Sion n’essaiera même plus de se porter vers l’avant et subira la «pression» de Xamax, consistant essentiellement à obtenir des corners tous très mal tirés. C’est quand même dramatique de perdre une finale sur des balles arrêtées alors que le corner score indique 11-3 en ta faveur. Par charité, M. Laperrière aurait peut-être pu donner un penalty pour une intervention litigieuse d’Adailton sur Nuzzolo peu avant l’heure de jeu mais on n’est même pas sûr que cela aurait changé quelque chose. Les Neuchâtelois se procureront leur première occasion à la 77e sur un coup de tête à côté de Nuzzolo. Et même lorsque les Sédunois, bons princes, tenteront de lui offrir la réduction du score, Xamax n’en profitera pas, avec un tir de Tréand sur le poteau (84e) et une bicyclette de Niasse (88e) bien détournée par Vanins. Finalement, après des arrêts de jeu inutilement longs, M. Laperrière pouvait enfin sortir le stade de sa torpeur et délivrer à peu près tout le monde de ce pensum.
La remise du trophée ne fera pas oublier cette impression mitigée. Au coup de sifflet final, échauffourées et jets de projectiles entre supporters des deux camps éclatent sur la droite de la Muttenzerkurve. Et la majorité des supporters valaisans qui ont envahi le terrain passeront sans un regard pour leurs joueurs qui célébraient la victoire, préférant aller narguer les quelques fans neuchâtelois qui n’avaient pas encore déserté, sous le regard de forces de sécurité, comme toujours à Bâle, complétement dépassées. C’est ça la magie de la Coupe ? Au final, l’histoire n’a pas dérapé dimanche : Xamax enchaîne sa cinquième défaite en autant de finales. En jouant de la sorte, les Neuchâtelois pourront jouer cinquante finales, ils n’en gagneront pas une. Sion perpétue lui sa légende avec sa douzième victoire en douze finales. Même si en l’occurrence cette finale-ci n’entrera pas dans la légende, loin s’en faut. «A peine terminée, déjà oubliée», me glisse mon rédacteur en chef en quittant le stade. J’acquiesce.

Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch
Saint-Jacques, 37'500 spectateurs (guichets fermés).
Arbitre : M. Laperrière assisté de MM. Arnet et Lanz.
Buts : 2e Sio (0-1), 6e Vanczak (0-2).
Xamax : Bedenik; Mveng, Gelabert (62e Ismaeel), Besle, Facchinetti; Wüthrich (46e Tréand), Niasse, Page, Binya, Nuzzolo; Gohou (46e Fausto).
Sion : Vanins; Vanczak, Adailton, Dingsdag, Bühler (67e Elmer); Obradovic (87e Rodrigo), Zambrella, Serey Die, Crettenand; Sio, Prijovic (52e Dominguez).
Cartons jaunes : 47e Obradovic, 78e Sio.
Notes : Xamax sans Almerares (suspendu) ni Geiger (blessé), Sion sans Ogararu, Marin ni Mrdja (blessés).
Vos commentaires
La légende continue
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Parfait descriptif du foot Suisse en général.
"La légende", (dont absolument personne de censé en a rien à branler) continue...
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
On retiendra la victoire finale...et c'est tout.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Aussi 800 imbéciles sédunois (dont vous arrêtez pas de nous rabâcher les oreilles depuis 1 mois "on sera plus nombreux, on est les meilleurs, nous la coupe c'est notre seule raison de vivre) qui ont détruit un train. Du coup mtn les CFF qui hésitait à annuler les convois spéciaux sont fixés. Merci Bâle, Sion et Zurich de faire chier à tous les autres supporters.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Et le matin qui s'enfonce...
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
En revanche... un match d'une qualité déplorable (vive le foot romand), un onze sédunois qui après 20' s'est contenté de gérer, un onze neuchâtelois certes appliqué mais sans talent ni maîtrise technique et enfin, cerise sur le gâteau, entre 200 et 300 ultras valaisans incontrôlables et stupides: pyros, arrachage d'objets en tous genres, etc. Dommage, le Valais mérite sa coupe mais certainement pas ces 200-300 abrutis (il y en avait également dans l'autre camp mais leurs exploits sont restés nettement plus discrets...)
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
les 200-300 abrutis n'étaient en tout cas pas des ultras.
D'ailleurs, le groupe n'a pas fait le déplacement en train mais en car.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
sans commentaire....
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Les cff sont pas très malins sur ce coup: faire passer un train de 960places contenant en faite 1200 pelés voir plus, avec des fenêtres qui s'ouvrent, par la gare de neuch faut être con ou pas avoir de cerveau. Perso je ne cautionne pas du tout de tels actes d'ailleur le bobet qui a explosé un bouteille dont les verres me sont tombés dessus n'as pas fait le malin par après!! J'entends ici et là des gens qui se plaignent, ces mêmes gens qui étaient a bord du train mais qui ne bougent pas pour calmer le truc! Alors oui certains écerveulés ternissent l'image du supporter valaisan mais avant de juger systématiquement les "mauvais" valaisant balayez devant votre porte car un passé pas si longtain nous a démontré que parmis tous les supporter de Suisse il y a des gens qui agissent ainsi! C'est triste mais ça l'est partout!
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Beau temps, super public valaisan (hormis dans le train hi hi hi) et victoire aisée...
Vivement que Xamax et les tchétchènes soient en-bas... C'est la nuit cette équipe. Respect à Nuzzolo mais sinon le reste, aie...
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Dommage pour les valaisans, je trouve que ça gâche un peu leur fête que finalement cette finale eut été trop facile... M'enfin Bravo au FC Sion quand même. Eux ils voulaient l'a gagner au moins.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
@12/12: j'aime bien ton "c'est partout comme ça". Je n'ai rien d'une vierge effarouchée et je suis d'accord pour reconnaître que des abrutis, il y en a dans chaque club, qu'il s'agisse de foot ou de hockey (et autres). Il n'empêche: ces gens n'ont rien à faire dans un stade s'ils viennent pour autre chose que pour mettre une saine ambiance. Le jour où les clubs et la ligue prendront réellement leurs responsabilités plutôt que de se décharger sur la police, les choses changeront. En Angleterre, aucune barrière, aucune clôture, une ambiance à te donner la chair de poule et pourtant: est-ce qu'on voit des excités courir sur le terrain pour aller provoquer les fans adverses? Non, rien de tout ça. A méditer (pour tous les clubs je précise, pas plus pour Sion que pour les autres).
@bono: personnellement, j'ai plus vu Sion se contenter de gérer le 2-0 que Xamax ne pas vouloir jouer. Les neuchâtelois ont essayé mais franchement, il n'y a pas bcp de qualité dans cette équipe (à part 1-2 gars genre Treand) et du coup, ils n'ont pas pu... Ni plus ni moins.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
La première mi-temps était correcte côté sédunois. Si Prijovic, quelle pive, avait transformé une seule de ses actions, le secteur neuchâtelois se serait vidé avant la demi-heure déjà.
Concernant la qualité du match, c'est vrai que les Bâle-Bellinzone, Bâle-LS, Bâle-Xamax, Bâle-Lucerne ou encore SFC_Yverdon étaient des grands crus de derrière les fagots !!!!!!!! Mais personne n'en a fait un fromage.
Quant à l'ambiance, n'en déplaise à Zumi, elle était très bonne et contrairement à ce que les médias écrivent, il y avait plus de 28'000 Valaisans dans les tribunes.
Si pour une fois, on a pas besoin de souffrir jusqu'à la der, on ne va pas non plus chialer, ou bien ?
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
12/12 c'est une chose qu'aucun n'autre club n'a fait dans le monde,donc oui pour moi c'est une légende... !
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
STP, j'ai failli mourir de rire en lisant ton commentaire. Premièrement le buteur n'était pas hors-jeu, c'était deux autres joueurs qui ne participaient pas directement à l'action. Deuxièmement même si le but avait été annulé comment veux-tu que cette équipe de xamax puisse faire qqchse. C'était une catastrophe, un niveau vraiment mais vraiment médiocre. Si tu l'as pas vu c'est que t'as de la merde dans les yeux. D'ailleurs après le match, j'ai discuté avec plusieurs supporters de xamax, et ils pensaient tous comme moi, ils étaient même encore plus sévères.
Pour en revenir à l'article, il est très bien, ça reflète tout à fait le match je trouve qui était plutôt ennuyeux, mais ma foi il faut deux équipes pour faire un bon match. Je dois juste rectifier la fin car c'est complètement faux.
Les premiers à avoir commencé sont les xamaxiens qui ont envoyé des projectiles sur les sédunois à coté, il y a eu quelques accrochages ensuite mais rien de bien méchant. Lors de l'invasion de la pelouse par les sédunois quelques cerveaux sont venus allumer les neuchatelois qui faisaient les cons derrières les grillages. Mais de loin pas la majorité, peut-être 100 personnes, les 10'000 autres avaient les yeux rivés sur la coupe. La police est intervenue très rapidement et tout est rentré dans l'ordre ensuite.
Il faut arrêter les amalgames et faire passer tous les valaisans pour des cons. C'était une journée incroyable, avec une ambiance top avant et après le match, pas de violence, juste des chants, des accolades et des grandes discussions avec les supporters adverses. Je déplore donc aussi les quelques abrutis qui gâchent la fête, c'est à cause d'eux qu'aujourd'hui on oublie tout le reste autour.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
sami ten points
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Le non-jeu qu'il ont proposé toute la saison ne pouvait pas miraculeusement se tranformer pour l'occasion en un football flamboyant.
Bref, finale conforme à la logique, sur tous les points.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Sinon, bah comme d'habitude,
ALLEZ LAUSAAAAAAAAAAAANNE!
P.s. Je me réjouis déjà des commentaires genre "T'as pas envie d'être un peu plus hors sujet =)"
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Sur ce… santé messieurs ! 12 sur 12, le Valais est magique.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Sans revenir sur le fond du problème, il ne faut pas trop généraliser le foot anglais non plus. En témoigne cette vidéo du match Birmingham City contre Aston Villa (1 décembre 2010)...
http://www.youtube.com/watch?v=xRsq-t7C1Rw&feature=fvwrel
Cliquez sur une étoile pour évaluer.