lundi 7 novembre 2011
par Yves de St-Aÿ
Tourneboulé. C’est ainsi que je ressors de tant d’émotions vécues en sept jours. L’Himalaya de la rivalité en hockey aura commencé par un bandant derby contre le HC Thurgovie, ni plus ni moins. Ce pinacle n’a pu être dépassé que par le summum de l’antagonisme que représentent les affrontements contre Olten. Mais le paroxysme passionnel a été atteint au sortir du match de samedi contre Vischp.
Mais commençons par le commencement en rappelant aux quelques intermittents de Carton Rouge qui me liraient par erreur, que les derbys contre Thurgovie sont la cerise sur le gâteau, l’occasion rêvée pour deux splendides équipes de présenter leur plus beau jeu à un public ébahi. A tel point que ce match attendu par deux cantons et les télévisions allant de «La Télé» à «Thurrrgäü Färnsähän» est unanimement appelé le «derby des Lacs Frontaliers» (Copyright Jérôme Verrey).
Tout comme le Vatican est la Mecque du Catholicisme, l’affrontement entre le LHC et Thurgovie est ce qui se fait de mieux en hockey sur glace helvétique. Pourquoi une telle rivalité ? Des recherches approfondies m’ont apporté la réponse : c’est en 1457 que le Pape Calixte III décida d’organiser les premières joutes entre les cantons rivaux de Thurgovie et de Vaud, histoire d’apaiser les nombreuses revendications territoriales les mettant aux prises. C’est en effet grâce à l’intervention du Souverain Pontife, pourtant habituellement prompt à nous inonder de poncifs, que les prétentions du Baron Karol Mitte von Nirgendwo de Weinfelden sur la région de Nyon, et celles du Vicomte Ferdinand-Anselme Chevallaz-Chevalaz du Sentier sur le merveilleux district de Münchwilen ont pris fin. Dès lors, cette rivalité ancestrale s’est perpétuée dans les «matchs des Lacs Frontaliers», ou en allemand «Der Bodensee-Lemaner Kronfrontatzion», qui est vite devenu le «Der Bodi» puis, salopé par l’ère iconoclaste des sms et autres injures visuelles, le «derbi» ou «derby» pour se donner un air anglo-saxon.
La débauche d’énergie et les tifos des kops respectifs (je frissonne encore en repensant aux écharpes brandies fièrement par les redoutables et redoutés «East Amigos» de Weinfelden) ont donné lieu à un match d’une rare intensité. Au bout d’un suspense insoutenable, il ne s’en est fallu que d’un cheveu et de seulement cinq petits buts d’écart (!) pour que la formation lausannoise s’empare du 3’478ème derby des Lacs Frontaliers, devant le premier guichets fermés de la saison à Malley.

A peine remis de ce finish à couper le souffle, nos Lions devaient faire appel à leur cœur légendaire pour trouver les ressources morales et physiques afin d’empiler un deuxième derby emblématique en quelques heures contre Olten. Là aussi, les raisons de cet antagonisme ancestral se perdent dans les limbes de l’histoire fédérale. Mais pour une famille au moins, on s’en rappelle comme si c’était hier. Les descendants des Sous-Marquis Wirklich-Verloren, qui régnaient sur la richissime et convoitée grande banlieue d’Olten, se souviennent que c’est en l’an de grâce mil cinq cent neuf qu’un événement allait tout changer. Les innombrables livraisons de Karrtofffeln de Bercher à Olten assuraient la prospérité des Vaudois et garantissaient une alimentation diverse et variée au Sous-Marquis et à sa famille. Mais un sac en macramé contenant des Karrtofffeln pour la purée et non pour les röstis s’était malencontreusement glissé dans les convois journaliers tractés par des bœufs et des Fribourgeois. La réaction ne s’est pas faite attendre, comme se le remémorent les descendants des Wirklich-Verloren qui l’ont toujours en travers de la gorge : réparation allait être demandée aux mécréants bouffeurs de papet et de purée. Scandalisé qu’on puisse bazarder ainsi ses patates, le Syndic de Bercher Alceste Brulaz-Papet prononçait son célèbre : «Il est complètement sur Soleure, ce pétouillon de Staufifre!» Le ton était donné et il fallut l’implication du Pape Jules II pour enrayer l’escalade irrémédiable qui risquait d’embraser, par le jeu des alliances, tout le monde connu. Le subtil Jules II appliqua ainsi la solution de son mentor Calixte III en intronisant les joutes soleuro-vaudoises au rang d’Olympiades papales. De nombreuses appellations se sont succédées mais il fallut attendre l’avènement du chemin de fer pour que ce derby prenne son nom définitif en «derby des nœuds ferroviaires», dont la seule évocation fait frémir les passionnés des CFF et de hockey de Moudon à Olten en passant par Payerne.
Il fallut ainsi toute la maestria des deux étrangers du LHC (qui n’auraient pas été insensibles à la dimension historique et emphatique de ces challenges à relever lors de leur contrat) pour enquiller un nouvel exploit contre des Souris survoltées (selon les Wirklich-Verloren, le rongeur aurait été choisi comme emblème pour sa propension à grignoter avec enthousiasme et avec ses incisives les tommes vaudoises). La folle semaine des Lausannois n’était pas terminée, au contraire. Il leur fallait ensuite enchaîner avec :
J’ai beau avoir compulsé avec un zèle qui m’honore les nombreuses archives de la Cité de Vischp, j’ai dû m’avouer vaincu face à des paragraphes entiers sans la moindre voyelle. Je laisserai donc le soin aux Bioulois motivés de retrouver la justification historique de ce splendide derby. Mais foin de digressions oiseuses, intéressons-nous quelques instants à ce derby des rues en pente, qui a bien failli être influencé par un bizarre Westrich, le zébré qui s’est amusé à offrir cinq power-plays aux Haut-Valaisans alors qu’il a fallu attendre que le match soit plié pour que le premier jeu de puissance soit accordé aux Lausannois à la 50e minute. Mais même sanctionné avec un rare acharnement, Genoway a réalisé sa meilleure prestation sous le chandail lausannois, étant totalement irrésistible quand il n’était pas sur le banc de pénalité. Dostoinov continue sur sa lancée de début de saison, en étant un second deuxième bloc à lui tout seul. Dans ce derby, Vischp s’est montré totalement surclassé, incapable de trouver la clé pour contrecarrer l’homogénéité et le talent des blocs lausannois, à tel point qu’il était presque inconcevable d’attendre une autre issue qu’une victoire cinglante pour les vrais Lions.

Après de telles émotions dans des matchs aux antagonismes exacerbés, il était bien difficile de s’intéresser, même de loin, à l’équipe qui était opposée au LHC ce dimanche. J’ai bien tenté de trouver, avec toute la bonne foi du monde, un quelconque lien entre ces deux régions que tout oppose. Un derby des capitales olympiques ? Un derby des fêtes où on mange que du porc ? Non, ne cherchez pas, il n’y a strictement rien en commun. C’était donc une confrontation fade, sans relief, indigne de succéder au paroxysme atteint par le match contre Thurgovie. Alors oui, bien sûr, en Ajoie, on se gargarise à l’absinthe qu’il s’agit là d’un «match de gala» majoré de deux francs supplémentaires. Et bien pour un match à deux balles, c’en était un. D’un côté, des bûcherons-plongeurs. De l’autre, la vitesse alliée à la classe et au spectacle. Avec évidemment un risque de blessures inversement proportionnel au talent ajoulot sur la glace (c’est donc un miracle qu’il n’y ait pas eu quelques dizaines de blessés dans les rangs du LHC). Et là aussi, le point perdu n’était à mettre qu’au passif d’un arbitre qui s’est cru malin d’infliger 51 minutes de pénalité à l’équipe la plus fair-play et seulement 8 minutes à l’équipe la plus pénalisée la saison passée. Sans cette incompréhensible attitude, les Ajoulots se seraient pris une correction exemplaire, à l’image des deux splendides pénos tirés par Genoway et le Valdo-Vaudois Conz.
A venir cette semaine, le motivant duel contre Langenthal mardi, avant un match censé être «au sommet» entre l’incontestable premier et un bien pâle quatrième du classement, le HC Chodfon, comme l’écrivent si bien nos rivaux d’Olten.
Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch
Vos commentaires
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Ca doit faire bizarre d'être in(con)pris.
Ce qui est encore plus marrant, c'est de lire les commentaires de vierges effarouchées qui ne semblent pas avoir autre chose qu'un pâle 1er degré à proposer.
Triste d'être envahis par des lecteurs (ceux qui laissent des commentaires) du Matin.ch...
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.
Enfin quand je dis nous, je ne pense bien évidemment pas aux con@sanguins.ju dont le sang est un pure extrait de bleue fermentée sous la soutane du curé de famille et de nourriture aussi traditionnelle que familiale (elle-aussi) des abats de porc de la ferme d'à côté...
Vous savez Alessandro, celle du cousin germain qui est tombé amoureux de son grand-père. Mais vu que dans votre contrée de/du tdc de la Suisse ce n'est point accepté, il a dû prouver sa virilité avec sa cousine...
Celle-ci a réussi à lui faire 10 gamins mais cela n'a pas suffit pour faire une équipe de hockey...hm.. loupé...
Alors qu'est-ce qu'il leur restait à ces pauvres enfants ? De devenir des hommes notables, blablateurs de conneries à la TSR ? Mais là aussi ils sont devenus la risée de tous...hm..encore loupé...
Alors Alessandro... ta vulgarité, ta mauvaise foi et tes jeux de mots du pauvre ne peuvent que nous rappeler la fin de cette histoire de famille, celles de tes ancêtres qui sont devenus voleurs de pierre et poseurs de bombes en se nommant du nom déjà oublié d'une bête à corne...
Là, ils ne sont pas loupé, ils ont gagné l'autonomie et la pauvreté qui va avec...
Certes, ce n'est pas la joie mais comme on dit, c'est dans la merde que l'on reconnait ces vrais amis, et vous en avez... oui...et même si ce ne sont que des montagnards qui n'ont de montagne que le nom de la colline qui à la vue sur les Alpes... c'est déjà ça... Non ?
Alessandro, si l'article de St-Aÿ est dégeûlâsse, les arbitres et les joueurs violents sont tous lausannois...
Vous vous êtes bien jurâssien pure souche !
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Arretez de vous enervez, c'est de l'humour!!!
J'ai adoré...
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@ HCCforNEVER : tu pues la haine ! Tes parents n'avaient certainement aucun lien de parenté avant leur mariage, mais une loi devrait interdire à certaines personnes de procréer, pour le bien du reste de l'humanité...
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Tout se perd ma parole ...
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Pétez un coup les Jurassiens.
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J'avais déjà commenté quelques publications, en critiquant les articles partisans sur le hockey. Je suis supporter du LHC mais ce dernier paragraphe n'apporte rien d'humoristique.
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Après faut être capable de comprendre le 2e degré...
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Pour ces termes anglais qui ont été francisés, les 2 pluriels sont admis.
Des derbys ou derbies
Des matchs ou matches
Des penaltys ou penalties
Salutations sportives,
La rédac'
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aucun sens de l'humour et totalement incapables de comprendre le 2ème degré.
Vive la liberté d'expression!!!!
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commentaire a chier, comme d hab!
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Bien fatigué de sa journée de merde Le Rat rentre à la maison, il entend ses parents s'engueuler Le père: tu fais chier, La mère de répondre avec tacte et volupté : non c'est toi qui fais chier... Lui passe tout droit en disant : vous faites chier... Le Rat va se coucher sur son lit et "pense" : Quel le vie à chier et quand je pense que demain c'est un autre jour... bein ça fait chier !
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C'est juste dommage que certains lecteurs n'aient toujours pas assimilé ce concept bien étrange que l'on appelle vulgairement "deuxième degré".
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@la rédac: à quand une modération des commentaires? oui, c'est beaucoup de travail, mais quand on vois la haine à peine cachée dans les commentaires de certains trolls, je pense qu'il serait temps d'agir afin que les rivalités restent saines.
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Il faut que LES jurassiens écrivent UN article satirique pro-HCA...
Il en faut effectivement plus d'un !
-1 pour le premier degré
-1 pour le deuxième degré
-1 pour expliquer aux deux premiers ce que c'est que la
différence entre le premier et le 2ème degré...
-1 pour expliquer encore une fois aux deux premiers la
différence entre le premier et le deuxième degré...
-1 pour corriger les fautes de... français et d'orthographe
-1 pour tuer le cochon
-1 pour cuire le cochon
Et tous Les jurassiens pour célébrer L'article en tapant le Carton avec un verre de Rouge et surtout choisir ceux qui se feront passer pour des vaudois pour réagir... :D
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Au contraire j'ai beaucoup aimé cet article...
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C'est de toute façon tout de la faute à Dreier....
On savait lorsqu'il a débarqué qu'il prendrait les poubelles du forum HCC avec lui... pffff...
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Dans ton cas pas besoin d'examen de bonne ou mauvaise foi, tu es un boulet, un beau, un gros, avec une belle tête de vainqueur !
Dommage, cet article vaut mille fois mieux que les commentaires qu'il engendre, encore merci M. de St-Aÿ.
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