mardi 14 février 2012
par Julien Mouquin
Lorsque Thorsten Fink a quitté à l’impromptu un FC Bâle leader du championnat et toujours en course en Ligue des Champions pour rejoindre un SV Hambourg pas engagé en Coupe d’Europe et dernier de la Bundesliga, beaucoup ont crié au fou. Pourtant, j’ai tendance à penser que son choix était justifié. Déjà parce que la Buli, ça reste une toute autre dimension que la Super League, que ce soit en terme d’engouement, de budgets, d’impact médiatique ou de qualité de jeu. Ensuite, en réalisant le doublé coupe-championnat dès sa première saison à Bâle, puis en enchaînant avec un deuxième titre l’année suivante, l’entraîneur allemand a plus ou moins fait le tour du sujet en Suisse après y avoir gagné tout ce qu’il était possible de gagner. Dès lors, à part quelques exploits ponctuels sur la scène européenne, il n’avait plus grand-chose à prouver par chez nous. En outre, Thorsten Fink est un homme ambitieux qui n’a jamais caché son rêve d’entraîner un jour le Bayern Munich, où il a passé une partie de sa carrière de joueur. Or, le grand Bayern n’ira jamais chercher un entraîneur directement dans le championnat suisse, sans étape intermédiaire en Bundesliga.

Et on imagine que Thorsten Fink n’aurait pas quitté Bâle pour Freiburg ou Nürnberg, des clubs où il faut chaque saison réussir des miracles pour assurer le maintien. Hambourg, c’est quand même autre chose : le HSV reste l’un des monuments du foot allemand, un club dont l’histoire, les infrastructures, les affluences et le potentiel devraient lui permettre de jouer les premiers rôles en Allemagne, même si une santé financière précaire et une série de choix désastreux dans la gestion sportive l’ont temporairement éloigné des sommets. Devenir celui qui ramène les Rothosen vers les hautes sphères de la Bundesliga est un défi qui ne pouvait que titiller Thorsten Fink.
Et la première partie du défi est en passe d’être gagnée. En douze matchs de Buli depuis son arrivée à Hambourg, l’ancien mentor du FC Bâle n’en a perdu qu’un (1-5 contre Dortmund) et les Rothosen sont gentiment en train de sortir de la zone rouge. Et maintenant que Jürgen Klopp n’entre plus en ligne de compte après avoir prolongé jusqu’en 2016 au BVB, le nom de Thorsten Fink est celui qui est le plus souvent évoqué, avec celui de Lucien Favre, pour la succession de Jupp Heynckes au Bayern, à l’été 2013, voire même avant. Ceci dit, si Fink a clairement amené une nouvelle dynamique et un nouvel état d’esprit au HSV, au niveau du jeu, cela reste assez fruste et on a eu l’occasion de nous en rendre compte dimanche à Cologne.
Cologne – Hambourg, ça reste un grand classique du foot germanique, même si ce n’est plus le sommet que cela aurait constitué dans les années 1980. Les deux clubs naviguent dans les mêmes eaux au classement, avec encore des points à faire pour assurer le maintien mais aussi la possibilité de lorgner sur l’Europe, surtout si Dortmund bat Fürth en demi-finale de DFB-Pokal, ce qui octroierait probablement une place en Europa League à la 7e place de la Bundesliga. Mais on n’a pas franchement vu deux prétendants à l’Europe sur la pelouse du RheinEnergieStadion. C’était encore l’un de ces fameux dimanche après-midi à Köln qui nous font tant rêver : la gueule de bois, un match médiocre, une température glaciale (le mec qui a affiché une température de +2° sur l’écran géant est un joyeux plaisantin) et la perspective de 650 kilomètres d’autoroute après le match pour rentrer au bercail au milieu de la nuit.
Avant la pause, rien à signaler ou presque, sinon quelques tirs non cadrés, Peszko et Novakovic d’un côté, Jansen trois fois de l’autre. Le HSV est un peu meilleur mais se montre terriblement imprécis dans le dernier geste. Quant à Cologne, il confirme une nouvelle fois qu’en l’absence du Lukas Podolski, blessé, son potentiel offensif confine au néant. Et pourtant, les Geissböcke risquent de devoir s’y faire, tant le départ de Prinz Poldi semble se confirmer pour juin prochain. La star du 1. FC Köln vient de refuser une prolongation de contrat avec une augmentation substantielle de son salaire, au motif que sa décision de rester ou non dans la cité du Dom n’était pas une question financière mais dépendrait des ambitions futures du club. Et qu’il était très déçu des promesses non tenues des dirigeants qui n’ont pas engagé les renforts escomptés et promis ni revu les ambitions à la hausse. Lukas Podolski a sans doute raison mais on peut comprendre que les dirigeants colonais (ou ce qu’il en reste) trouvent un peu saumâtre qu’un employé auquel ils viennent de proposer près d’un million et demi d’euros d’augmentation de salaire par année les incendie dans la presse dominicale. On parle même d’éventuelles sanctions contre Poldi, c’est dire si l’on semble proche du divorce.

Ce n’est pas beaucoup plus animé après la pause, malgré l’entrée en jeu de Kevin McKenna que mon associé m’avait vertement reproché de n’avoir pas mis dans les tops de la sélection du Crampon Rouge de la semaine passée. En revanche, on déplore la sortie sur blessure de l’ancien Bernois Ammar Jemal, qui avait l’air d’avoir vraiment mal. Il y aura un semblant d’émotion après la pause lorsque Martin Lanig ouvre le score pour Köln mais l’arbitre annule le goal pour un hors-jeu justifié. Sur le coup, on aurait presque souhaité une erreur d’arbitrage pour lancer – enfin – le match. Le HSV se crée les trois meilleures occasions avec un tir trop croisé puis une reprise trop enlevée de Mladen Petric et un réflexe magnifique du gardien colonais Michael Rensing devant Dennis Aogo. Un score nul et vierge eût été assez conforme à la physionomie du match mais, si vainqueur il devait y avoir, il était logique que ce soit Hambourg. Et vainqueur il y eût puisque, à deux minutes de la fin, Paolo Guerrero profite d’une bonne remise d’un Mladen Petric moyennement concerné jusque-là pour abuser Rensing et Geromel d’une pichenette astucieuse pour l’unique but du match.
Ainsi, Cologne ne parvient pas à confirmer la victoire obtenue une semaine auparavant à Kaiserslautern. C’est dommage : avec un succès les Geissböcke se seraient donnés un peu d’air et auraient pu, pour une fois, regarder vers l’avant du classement plutôt que vers l’arrière. Tandis que là, avec l’affaire Podolski et une vacance qui se prolonge à la tête du club, une défaite la semaine prochaine à Nuremberg et la crise ne sera pas loin. Les perspectives semblent un poil plus souriantes à Hambourg. Le spectre de la relégation s’éloigne. Vu la dynamique initiée par Thorsten Fink, il paraît de plus en plus improbable que ce soit cette année que le HSV quitte la Bundesliga pour la première fois de son histoire. Il suffirait d’une victoire samedi prochain dans le Nordderby contre Brême pour qu’on raye définitivement Hambourg de la liste des candidats à la relégation pour l’intégrer aux rangs des prétendants à l’Europa League. Et ça serait déjà un beau succès si l’on souvient où en était le HSV au soir de la 9ème journée, juste avant l’intronisation de son nouvel entraîneur.
RheinEnergieStadion, 46’500 spectateurs.
Arbitre : M. Meyer.
But : 88e Guerrero (0-1).
Köln : Rensing ; Sereno, Geromel, Jemal (52e Roshi), Eichner (46e McKenna); Riether, Lanig (81e Pezzoni), Jajalo, Peszko, Clemens; Novakovic.
Hamburg : Drobny; Diekmeier, Westermann, Rajkovic, Aogo; Sala (91e Son), Kacar (59e Tesche), Jarolim (92e Mancienne), Jansen; Guerrero, Petric.
Cartons jaunes : 43e Lanig, 48e Jemal, 60e Sala, 64e Geromel.
Notes : Köln sans Chihi, Buchtmann, Podolski, Uth (blessés) ni Brecko (suspendu), Hamburg sans Bruma, Töre, Berg. Skjelbred (blessés) ni Rincon (suspendu).
Vos commentaires
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Juste une petite erreur récurrente :
Se sont donné de l'air (à eux même) : il n'y a pas d'accord.
Se poser la question (soi/à soi).
Ils se sont embrassés (soi = eux-même = accord).
Ils se sont procuré de multiples occasions (se procurer à soi = pas d'accord).
Ils se sont dit des mots d'amour ( se dire à soi = pas d'accord).
Ils se sont tendrement aimés (soi = accord).
De même :
Se faire + infinitif = invariable
ils se sont fait atomiser par 6 buts à zéro.
Se voir + infinitif = invariable
Ils se sont vu léser d'un pénalty indiscutable.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Malgré le fait que j'ai cru y perdre mes doigts et mes orteils, c'était sympa quand même!
Surtout leur chanson au début! Elle est vraiment bien!
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
C'est évidemment personnel, mais il me semble que c'est un site de sport et non bernardpivot.com.Tu vas sans doute dire: il en va de la crédibilité de cartonrouge et bla-bla mais à ce moment, tu peux passer ta journée à écrire à tous les journaux...Bon en même temps pour J.Mouquin c'est flatteur si pour critiquer l'article faut aller chercher les fautes de français...
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Pour écrire ce résumé des erreurs de Mouquin, il lui a fallu quoi? 30 minutes?
Si le Lindo passe en revue tous les journaux du coin... m'étonnerait pas que le dit Lindo soit chômeur... ou fonctionnaire...
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.