mercredi 10 septembre 2008
par Daniel Corthésy
L’adversaire du soir évoque indubitablement en moi quelques vagues souvenirs, certes cicatrisés mais encore bien douloureux lorsqu’on touche la plaie. Souvenez-vous de cette «annus horribilis» : une saison à 22 points avec à la clé une dernière place au classement, des tuiles qui s’enchaînent dont la blessure d’«Eric le guerrier», une photo mal truquée et surtout quelques noms qui hantent encore les travées de Malley : Bill Stewart, Martin Saint-Louis et son accoucheuse de bonne aventure, Olivier Keller, Paul Di Pietro mais surtout Domenichelli, Legwand et Sigrist…
Evidemment, l’organisation bâloise accueillie hier soir en terre vaudoise n’a plus rien à voir avec cette équipe sous perfusion chimique qui expédia le LHC dans les abysses de la Ligue Nationale. Heureusement d’ailleurs. A Bâle, les ambitions de retrouver l’élite sont mortes en même temps que la promotion de Bienne, au contraire du club de Prilly. Vous avez dit destin croisé ?
Le Lausanne HC, toujours privé de sa future pièce maîtresse Tremblay, entame de manière disciplinée la partie et concrétise au tableau d’affichage sa domination territoriale (16e), grâce à un power play rondement orchestré par Trunz. Le visiteur, lui aussi privé de son meilleur élément blessé (Patrick Westerback), est plutôt discret mais bien décidé à procéder en contre-attaque et profiter des futurs errements défensifs lausannois.

Gélinas et le LHC toujours invaincus à Malley
Ni une, ni deux, l’homme du match côté bâlois, le bien nommé Grieder, va offrir l’opportunité aux «ex-Novartis boy’s» de revenir au score en envoyant un back-hand imparable dans les pylônes de Coupe Davis. Machacka (oui, je sais) ne se prive pas de matérialiser cette aubaine en reprenant un rebond laissé dans le slot par l’immense (dois-je vraiment préciser en taille ?) Walter.
Face à une équipe sans saveur mais solide, le LHC se procure les meilleurs chances de marquer lors du tiers médian tout en subissant quelques alertes en infériorité numérique et en contre. Les deux formations nous ont tout de même gratifié d’une seconde partie de match insipide à souhait et particulièrement fastidieuse. Seul un éclair de démon de l’homme en noir, confondant coude et épaule, ainsi qu’un placage en bonne et due forme de Grieder – dans tous les bons coups malgré une volonté certaine de bien faire (…) – animèrent quelque peu la rencontre. Le box-play vaudois, bien en place, souffre mais ne cède point.
L’entame du troisième vingt débute sur de meilleures bases avec Grieder et Mano relégués sur le banc et l’apparition de… Bernasconi ! «Youpi» se dit-on, il va y avoir plus d’espace dans l’arrière-garde et forcement des buts à profusion. Et c’est le cas, sur un exploit solitaire, Pascal Wittwer crucifie la défense «emmentaloise» du LHC et donne une longueur d’avance aux Rhénans. Par la suite, André Baumann, bénéficiant pourtant d’un rebond «balle magique» contre la bande (50e), préfère réaliser une passe à l’aveugle sans succès pour son compère Bernie plutôt que de pousser la rondelle dans la cage vide ! L’impatience gronde.
A huit minutes du terme, sous la pression et les coups de boutoir lausannois, le verrou bâlois saute enfin sur une belle déviation de Staudenmann à 5 contre 3 suite à un lancé de Trunz. On ne le sait pas encore mais la formation de Kari Rauhanen va véritablement voler en éclats en moins de trois minutes sous l’impulsion d’un Trunz inspiré et d’un Pecker bien en jambes, respectivement auteurs de trois et quatre points hier soir. Tim Smith et Silvan «j’gratte» Lüssy participeront eux-aussi à l’allumage en règle de la lampe rouge rhénane.

Trunz, l'un des hommes en forme
Andy Roach (paix à son âme) ne passant pas devant le slot à la dernière minute, le Lausanne HC assure donc l’essentiel face au HC Bâle : la victoire. Rien de passionnant ni d’inquiétant, l’équipe étant clairement encore en phase de rodage. On ne peut qu’espérer que la troupe de Gélinas monte en puissance et atteigne son apogée en février. A noter encore qu’aux dernières nouvelles, il n’y avait pas trace de Mourad «tap tap» Nemra dans les vestiaires à la fin du match. Dommage, la petite tape dans le dos des joueurs aurait été cette fois-ci bien plus appropriée...
A défaut de cela, Mark Streit, auteur d’une saison remarquable en NHL, peut manger tranquillement son bœuf Voronoff aux alentours de 23 heures en compagnie de ses deux «blondes» : son amie et Oliver Schäublin...
Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch
Malley : 2639 spectateurs.
Arbitres : Schmutz, Arm, Küng
Buts : 16e Pecker (Trunz, Miéville/5c4) 1-0; 18e Machacka (Wuetrich, Suonpaa/5c4) 1-1; 47e Wittwer (5c4) 1-2; 52e Staudenmann (Trunz, Sigrsit/5c3) 2-2; 54e Smith (Pecker, Rüfenacht) 3-2; 54e Lüssy (Miéville, Trunz) 4-2; 60e Pecker (cage vide, 4c6, Trunz, Schäublin)
Pénalités : LHC 8x2, HC Bâle 9x2
Notes : LHC sans Tremblay, Morandi, Zeller (blessés), Rimann (JEA) ; Bâle sans Westerback, Keller (blessés), Osterwalder (surnuméraire). Mark Streit à Malley pour discuter de l’après NHL…
Vos commentaires
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.