mardi 21 octobre 2008
par Guillaume Privat
Le Match Race est une discipline qui est en essor en Suisse depuis la réussite d'Alinghi à l'America's Cup. En effet, la Cup est une compétition de Match Race, où il s'agit d'opposer un équipage contre un autre. Il s'agit d'un type différent de régate, car il ne s'agit pas d'opposer une flotte de bateaux, mais juste deux équipages sur des bateaux similaires.
Le but du Match Race est d'avoir les meilleurs tacticiens, les meilleurs réglages sur le gréement et avoir un barreur performant. Les deux équipages se disputent sur un parcours de type banane (c'est-à-dire deux allés au prés + deux retours au portant). Toute la subtilité de la discipline est de «maîtriser» son adversaire pour éviter qu'il passe devant. Il faut donc prendre un départ sans erreurs et laisser son adversaire sous son vent (ainsi la personne peut l'empêcher de passer en avant). La connaissance du bateau et du plan d'eau permet de prendre l'avantage sur son concurrent. Une manche de la discipline s'appelle un Round Robin, il s'agit des manches éliminatoires qui mènent à la finale.

Arrivés jeudi pour la plupart, les équipages ont pris en main les bateaux que la SNG mettait à leurs dispositions. Six Surprises (bateaux de petite taille, avec une grande voile, un foc/gennaker et un spi) sont appontés devant le Club House. Chaque équipage se voit pesé (procédure obligatoire, le poids des équipages étant limité), briefé et envoyé sur l'eau pour entraînement.
Un vent de sud souffle sur le Léman en ce jeudi 16 octobre, les duels improvisés s'enchaînent. Virements sur virements, empannages sur empannages, les équipages se régalent sous un soleil radieux. De retour sur terre après appontage et rangement des bateaux, les équipages sont reçus par le président du Comité d'organisation, Loïc Fuhrer ; le président de la SNG, Pierre-Yves Firmenich ; le président du Cercle de la Voile, Axel Meyer ; ainsi que les arbitres de la compétition, les bénévoles et Laurence Clerc, chargée de la communication pour l'événement. Après un mot de bienvenue de chacun, c'est le moment de retrouver les équipages autour d'une bière et de discuter avec eux sur les conditions du Léman.
J'ai interrogé Pierre-Antoine Morvan (Français, 15ème au classement de l'ISAF ; classement équivalent à l'ATP pour le tennis) sur ses premières impressions de la journée, sur les conditions de vent, la stabilité des bateaux et l'organisation. Pierre-Antoine Morvan m'a raconté qu'il s'agissait de la 4ème année qu'il vient à cet événement et qu'il est toujours ravi de revenir à cette compétition toujours aussi bien organisée. Le plan d'eau lui a plu ainsi qu'à son équipage. Le vent n'étant pas toujours stable, c'est un défi pour lui de garder la bonne allure pour passer devant son concurrent. Les bateaux restant des embarcations légères et maniables, ils sont appréciés malgré le manque de stabilité inhérent à son architecture. Il vient à la Bentley Genève Match Race pour gagner et ainsi remonter dans le classement de l'ISAF.
Alexis Littoz (Français, 23ème au classement ISAF) m'a confié qu'il trouvait les conditions de vent similaire à celle du lac d'Annecy, d'où il est originaire. Il s'agit de sa 5ème participation à la compétition. Pour lui, c'est l'organisation et le rôle de cette compétition dans le circuit du Match Race qui font que les équipages européens sont intéressés à y participer. Il est arrivé au Match Race un peu par hasard. En effet, il cherchait à s'entraîner, avec son équipage, durant les mois d'entre-saison, pour briller durant le Tour de France à la Voile. Le Match Race est une compétition qui se déroule tout au long de l'année, ce qu'il lui a permis de continuer à s'entraîner toute l'année. Depuis, il est entré dans le classement de l'ISAF et espère briller durant ces trois jours de compétition.

La soirée s'est vite terminée, les équipages voulant se reposer et être au maximum de leur force pour les premières compétitions vendredi.
Vendredi 17 octobre, c'est une bise forcissant de 6 à 15 nœuds qui souffle sur le lac. Les conditions sont géniales pour lancer au total 28 matches. Les bateaux montent au vent (bord de prés) et redescendent sur la bouée (bord de portant, vent arrière) très vite, les manœuvres sont rapides, précises et aucunes erreurs ne pardonnent. La preuve : Eric Monin (Suisse, 11ème à l'ISAF) qui a l'habitude du Léman s'est vu piqué des points par Ed Baird (Team Alinghi, USA, 142ème à l'ISAF, mauvaise place au classement, car il est en phase d'entraînement sur multicoque avec Alinghi) et par Philippe Presti (Français, 9ème à l'ISAF, champion en 2007 de la compétition) à cause de petites erreurs. Les marins sont revenus chargés d'émotions, mais heureux d'avoir couru dans de telles conditions.
Malgré la fatigue, les équipages sont restés pour la soirée offerte par Bentley. Ce gala était organisé dans le Club House de la SNG. Pour l'occasion, Bentley a présenté sa nouvelle voiture qui avec ses 340 chevaux est la plus rapide de la marque britannique. Tous les invités, équipages et sponsors étaient réunis pour une soirée douce et longue pour certains…
Samedi, le vent a de la peine à s'établir. Les équipages sortent à deux reprises en espérant trouver un peu de vent sur le plan d'eau, mais rien à faire… Les bateaux restent scotchés à la sortie du port. C'est qu’en fin d'après-midi que le second Round Robin pourra commencer et départager les équipages pour la finale de dimanche. C'est Presti et Baird qui s'adjugent les places en finale laissant derrière eux Eric Monin et Gian-Luca Perris (Monégasque, 31ème à l'ISAF). Les équipages ont pu découvrir les conditions capricieuses du Léman et la difficulté de garantir, pour cette compétition, des conditions optimales.

Dimanche, le schéma de vent est le même que samedi pour le matin. Heureusement que le vent s'est levé quelque peu dans l'après-midi, permettant de disputer la finale qui se joue au meilleur des cinq manches. Et c'est Philippe Presti qui s'adjuge le sacre devant Ed Baird. Il remporte ainsi pour la deuxième année consécutive l'étape Match Race de Genève. La petite finale laisse Gian-Luca Perris sur le carreau et mène Eric Monin à la troisième place.
On pourra juste regretter que le manque de vent ait un peu évincé les jeunes équipes et réconforter les champions du Match Race.
Les équipages garderont quand même un excellent souvenir de ces quatre jours à Genève et reviendront sûrement l'année prochaine. Je voudrais me joindre à eux pour remercier l'organisation de la compétition, qui a fait que ces quatre jours se sont excellemment bien passé.
Vos commentaires
Ayant assister aux combats des reines à Oulens-sous-Echallens ce dimanche, je vous aurais bien donné mes impressions, mais vu le message de l\intervenant précédant, je vais m\abstenir !
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Par contre je m\étonne un peu des photos que tu as trouvé par contre. Tous les spi étaient sponsorisés par Bentley pour cette édition mais ce n\est qu\un détail.
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pour des fotos un peu plus actuelles..
http://www.bymnews.com/photos/thumbnails.php?album=643
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Le Match Race à Genève représente un fantastique spectacle qui vaut la peine d\être vu car seul le talent pur des marins les départage, les bateaux étant identiques. Malheureusement, je pense que le Geneva Match Race a atteint le grade maximum pour un match race sur le Léman.... Cela est dû aux conditions capricieuses du vent.
Encore bravo à l\organisation et vivement d\autres articles sur le sujet!
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