vendredi 9 décembre 2011
par Yves de St-Aÿ (texte et montages), A. Krimine (texte) & Robert Johanson (dessin)
Pour une secrétaire de luxe, c’était un secrétaire de luxe. Un peu comme si on investissait massivement dans un ordi hors d’usage, Fabio Celestini était persuadé que sa seule présence dans les locaux du LS méritait un salaire équivalent à la moitié du budget, pour coller des timbres et répondre au téléphone. Du coup, le Renanais a pris la décision ô combien logique d’effectuer quelques piges avec l’ES Malley, histoire de se garantir une fin de carrière dans la plus grande apothéose. Rendons donc à César ce qui lui appartient ; le dernier iPad étant à Steve Jobs ce que l’Amstrad 500 est à Celestini. Le plus tragique est que Fabio serait encore capable de renforcer le FC Lausanne-Sport actuel. Un comble !

S’il en avait porté lors de ses matchs, il se serait épargné bien des désagréments. Les moufles «Massimo» cachent en effet les doigts d’honneur intempestifs et tiennent même chaud quand tu pisses en hiver sur le poteau de corner. Cet accessoire indispensable permet aussi d’éviter de sortir des cartons rouges à n’importe quel moment à la tête du client. Pour la future Coupe du Monde au Qatar, les experts designers planchent sur un modèle muni d’un système de réfrigération interne afin de supporter des températures grimpant jusqu’à 85 degrés centigrades.

Il en a fallu de l’abnégation pour mettre entre parenthèses le monde du mannequinat haut de gamme et des sushis hors de prix pour fréquenter un sport aussi populo que le hockey. Heureusement qu’il a pu aménager son bureau avec des miroirs sur tous les murs pour le remplir de bon goût, de classe, de gloire et de beauté. «Quoi de plus beau qu’un Sacha Weibel, sinon peut-être plusieurs Sacha Weibel ?» se demande-t-il à longueur de journée en contemplant son image reflétée dans ses innombrables miroirs. Même pour lui, gardien du Temple de Malley, pas facile de trouver la réponse en dépit d’un certain culte de la personnalité élevé au rang de directeur général d’un club qui s’assied dans un fauteuil bien trop grand pour lui.

On ne peut pas être bon partout. A l’heure cruciale de ses choix de carrière, Sergio Ramos a courageusement décidé de ne privilégier que le foot, quitte à courber les cours de lecture. Il n’est cependant pas trop tard pour apprendre l’alphabet grâce aux aimants pour frigo spécialement conçus pour les adultes ayant quelques lacunes scolaires. L’intéressé pourra aussi expérimenter par lui-même les propriétés physiques prodigieuses de l’aimantation qui fait que les lettres ne tombent pas par terre. De quoi lui donner quelques idées au cas où on lui laisserait exceptionnellement le soin de porter le prochain trophée remporté par les Merengues.

Incarnation de la franco-franchouillardise de Roland Garros où le soufflé de lapin confit à la moutarde est prioritaire sur une banale demi-finale Federer – Djokovic (donc sans
Français). Symbolisé à merveille par ce splendide Coq de jardin que la terre entière lui envie, Gilbert Ysern possède ce côté monolithique propre aux arènes antédiluviennes de la Porte d’Auteuil toujours dépourvues de toit rétractables et de projecteurs. Une situation qui n’est pas près de changer et qui confortera le Girardet parigot dans ses choix ne servant point la cause du sport, mais celui des paillettes, des mondanités et des opérations de communications savamment orchestrées dans une écœurante suffisance.

Quitter la sinistrée Cleveland pour la bling-bling Miami, c’était l’assurance pour LeBron James de se promener dans des rues propres et d’avoir des voisins puant certes le formol, mais pleins aux as. Il pourra donc enfin arborer ostensiblement son statut social, à l’image de cette luxueuse queue de renard 100% pur porc attachée fièrement au rétroviseur de son Hummer suçant 420 litres aux 100 kilomètres. Désormais, il lui sera possible de parader à la prochaine fête de pré-saison célébrant la future victoire finale du Heat avec un atout décisif qui saura lui porter chance, lui éviter une autre humiliation, mais surtout lui donner un style irrésistible.

Il avait tout pour bien faire. Sonny Anderson comme directeur sportif, Jean-Luc Ettori comme entraîneur des gardiens et des millions à profusion provenant de ses activités de trading à Genève pour se permettre d’acheter n’importe quel joueur surcoté du championnat espagnol. Et bien non. Bulat Chagaev est passé expert dans l’art de se mettre tout seul dans la merde, de bien touiller pour s’y enfoncer et de s’y blottir bien au chaud, tout fier de lui. Cet auto-sabordage est connu dans le milieu comme la «stratégie de la brosse à chiotte», d’autant plus surprenant que tout le monde lui foutait alors la paix. Il a ainsi réussi à se mettre à dos les enquêteurs genevois et neuchâtelois, la ligue suisse de football et même, ce qui est bien plus grave pour lui, les journalistes du Matin. Il semble avoir atteint le point de non-retour, ce qui est fort appréciable en regard d’un transfert à Grozny où il bénéficierait sans aucun doute d’un accueil à la mesure de sa fortune virtuelle.

L’un des meilleurs entraîneurs du monde, l’homme qui a tout gagné n’a même pas été foutu d’amener l’équipe nationale en barrages de l’Euro 2012. Pour manifester leur mécontentement, les fans helvétiques ont conçu ce sifflet-vuvuzela qui atteint les 178 décibels à 50 mètres de distance. C’est donc largement suffisant pour susurrer leur légitime courroux aux oreilles du sélectionneur suisse qui ne manquera pas de les traiter d’abrutis ignorants – on ne contredit jamais le Dieu du foot au «burn-out» facile. Qu’importe, le but ici n’est pas de trouver une solution, mais un défouloir aux vertus décontractantes.

Vos commentaires
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Comme si ça suffisait pas de se taper pendant 2 semaines l'objectivité légendaire des journalistes de France2 sur la qualité du tournoi, du lieu, de la terre battue, du poils des petites balles jaunes.....on doit se farcir le génie du directeur de tournoi qui n'a rien de mieux à faire que de faire passer des peoples moisis avant les joueurs.
Bref ça représente bien pour moi tout le génie que peut afficher nos voisins français parfois.
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Puis bon, les sportifs français, c'est la même comparaison qu'avec Dieu: c'est pas l'intéressé qu'on n'aime pas, c'est son fan club...
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ah ah ah excellent, j'attends ca avec impatience aussi! Des photos messieurs, enfin si vous revenez vivants...
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