jeudi 2 avril 2009
par Arnaud Antonin
Coup dur pour les amateurs de klaxons en plein centre-ville jusqu’à point d’heure, le Portugal ne sera pas – sauf cataclysme – au Mondial africain. Si mes souvenirs sont bons, la Seleçao (bis) était présente dans les grands rendez-vous depuis leur absence en France en 1998. Mais leur incapacité chronique à inscrire des buts en matchs officiels, malgré un potentiel offensif assez impressionnant (Almeida, Deco, Moutinho ou Nani – qui n’est décidément rien sans Sir Alex), les condamne d’ores et déjà à préparer l’Euro 2012.
Distancés par le Danemark, la Hongrie et bientôt par la Suède, les hommes de Carlos Queiroz (qui n’est décidément rien sans Sir Alex) se retrouvent dans le ventre mou du groupe, une situation à faire Luis Figo se retourner dans sa tombe (comment ça il est pas mort ?) et qui prouve aux rêveurs que le Ballon d’Or Ronaldo (bis) - qui n’est vraiment pas grand-chose sans Sir Alex - n’a pas les épaules pour mener seul une équipe vers le succès. Au moins cette débâcle pourrait avoir le don de le ramener sur terre ?
Dans le groupe de la Suisse, le maigre bilan comptable de la semaine de nos concurrents asiatiques, qui ont enfin perdu un match de qualifs, laisse penser qu’ils seront en lutte avec la Lettonie pour obtenir une place (inutile) sur le podium. Mais, ne parlons pas trop vite quand même, nous parlons d’une équipe capable de maîtriser le terrifiant Luxembourg et qui restera dangereuse jusqu’au bout… à moins que leur défaite en Grèce n’aie définitivement grippé la machine à matchs nuls.
La finale du groupe se jouera en septembre et déterminera qui de la Suisse ou de la Grèce devra passer par de périlleux barrages, à moins que les Lettons viennent jouer les trouble-fêtes (ils ont un Eurofoot à leur actif quand même), ce qui semble peu probable.
On voyait raisonnablement la Tchéquie survoler ce groupe de la tête et des épaules, comme d’habitude en qualifications (après, ça se gâte). Eh ben on s’est plantés. Les Tchèques ne vivent définitivement plus à l’heure des Nedved et Poborsky, et s’avèrent être une équipe très prenable. Battus à domicile par leurs cousins slovaques, les inventeurs de la Pils ne remporteront pas leur groupe. Pire, une qualification pour les barrages est d’ores et déjà compromise. Irlande du Nord, Pologne et Slovénie se battront jusqu’au bout. Si la qualité de ce groupe est moyenne, sans vraie tête de série, le suspense – au moins – est là.
La Mannschaft a profité des qualités reconnues à l’Allemagne, rigueur et efficacité, pour venir à bout du Pays de Galles dans un match contrôlé de part en part et marqué par la baffe de Podolski au gentleman Ballack. Elle remportera ce groupe, comme ce match, sans avoir besoin de vraiment courir. Derrière eux, la flamboyante équipe russe que l’on a appris à connaître à l’Euro a impressionné jusqu’à ses propres fans. Au Liechtenstein, les collègues d’Arshavin ont assuré une victoire 0-1. Pas terrible, mais ça fait 3 points. Comme attendu, Allemagne et Russie ont distancé leur très maigre concurrence… La Finlande et ses stars qui jouent dans les plus grands clubs européens (FC Zurich, FC Thoune…) sont susceptible de revenir, vu les matchs en retard, mais la 3ème place leur semble définitivement attribuée.
Comme ils en ont pris l’habitude ces dernières années, les Belges pourront mettre à profit toute une moitié de qualifications à… préparer la suite. Après le double naufrage face à la sympathique équipe de Bosnie et/ou Herzégovine, au moins aussi terrifiante que la Lettonie, le sélectionneur des Diables – dont le surnom sert surtout à faire marrer les adversaires - se retrouve non pas sur la sellette (ça fait quelques années qu’il y est) mais sur une catapulte. Avec un effectif correct, René Vandereycken nous concocte depuis trop longtemps des tactiques que lui-même ne comprend pas et les résultats sont à la hauteur des compétences du personnage : 11 joueurs qui ne savent ni où courir, ni où s’arrêter… Mais ce qui enterre définitivement VDE, ce sont ses analyses d’après-match… Je vous passerai les détails, j’aurais honte de les retranscrire, mais je vous assure qu’en comparaison, Domenech mérite le Prix Nobel de la communication et un doctorat ès tactique du foot… Et non, aussi incroyable que ce soit, je n’exagère pas !
Soyons positifs, VDE devrait céder sa place, après avoir obtenu le pire bilan de l’histoire des sélectionneurs belges, à quelqu’un de plus compétent. Les noms de Wilmots (ancienne gloire), De Sart (entraîneur des M-21) et même Gerets (moyennant une baisse substantielle de salaire) circulent.
Comme les Belges, les Turcs ne se relèveront pas de leur double défaite contre l’invincible Roja… Ce qui laissera à la Bosnie l’occasion de se faire étriller en barrages.
L’Angleterre s’est imposée chichement à domicile face à l’Ukraine. Après avoir gagné leurs cinq premiers matches, les Anglais semblent assurés de ne pas revivre le «hold-up» croate qu’ils ont connu dans le dernier tournoi qualificatif. Il suffisait donc d’un entraîneur compétent pour que les sujets de Sa Majesté réalisent enfin ce que l’on attend d’eux, concrétiser sur le plan des sélections l’écrasante domination de leur championnat sur l’Europe. Croates et Ukrainiens vont se battre pour les barrages et faire un pronostic serait suicidaire, tant les deux équipes sont d’égale valeur…. Je me lance quand même (faut vivre dangereusement), l’Ukraine soufflera la 2ème place à la Croatie au dernier moment et lavera l’affront anglais de 2003.
La France est sortie vainqueur de sa double confrontation face aux bûcherons lituaniens (niveau style de jeu), grâce à Ribéry à l’aller et à Ribéry au retour. Raymond la Science a en outre profité du match retour pour enfin lancer le Toulousain Gignac, qui a débloqué la situation en offrant un caviar au joueur du Bayern Munich. Si les six points sont là, la France inquiète toujours. J’en veux pour preuve la présence de Peguy Luyindula dans le 11 de départ… Un joueur de ce niveau aligné d’entrée, ça fait réfléchir. Mais vu la situation du groupe, le duel entre Tricolores et Serbes sera déterminant. Cela dit, la France se qualifiera pour le premier tour du Mondial, alignera trois matches sans victoire et sera en vacances. Pour le reste, l’Autriche et la Roumanie nous montrent la même chose qu’à l’Euro… RIEN. Ce qui fait que la Lituanie complète le podium et, vu leur niveau, c’est assez effarant.
Le groupe de la Squadra se résume aux deux premières équipes. L’Italie, surprise à domicile par l’Eire de Trapattoni (qui avait déjà prouvé qu’il savait déjouer), est en tête et devrait le rester. L’Eire, justement, est solide deuxième et jouera les barrages (un remake contre la Suisse ?). Le reste du groupe est d’un niveau affligeant, les Bulgares, Monténégrins, Chypriotes et Géorgiens ne sont là que pour faire le nombre et ne peuvent plus prétendre à rien.
Je sais que ma blague est éculée… mais je m’en fous ! Les Hollandais survolent ce groupe et sont presque déjà qualifiés. Les matches qui leur reste à jouer n’auront pas plus d’importance que des matchs amicaux et ils pourront tester autant de joueurs et de tactiques qu’ils le souhaitent. Derrière, c’est très laborieux. En prenant la mesure de l’Islande, l’Ecosse – en plus d’avoir retardé une qualification mathématique des Oranje – s’est installée à la deuxième place. Cependant, il faudra se battre pour ne pas être sortis comme pire deuxième. Or, se battre – au même titre que prendre des cuites (McGregor et Ferguson – en bon capitaine qui montre l’exemple – ont été exclus de l’équipe pour consommation excessive...) – reste la spécialité locale.
Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch
Vos commentaires
A+
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Très bon article.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
ca fera du bien un Mondial sans la plongeuse de Man U...
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
La Turquie, quant à elle, réussira à surmonter ces déboires, si elle commence à séléctionner de bons joueurs en défense. La double confrontation contre l'Espagne fut quand même rageante. Le premier match, une erreur tactique de la part de Terim, qui sort Semih (donc plus personne devant, bien ça..) et qui laisse Uzulmez sur le terrain (jamais vu un défenseur aussi mauvais) donne la victoire aux Espagnols..Quand au retour..Les turcs méritaient mieux, ils ont dominés, ont eu les meilleures occasions, mais ils n'ont pas ce qu'on apelle l'efficacité. C'est bien dommage. Et puis, quand tu t'obstines à faire jouer Emre Asik et Ibrahim Uzulmez (celui qui offre généreusement le penalty et qui laisse filer Guiza, qui est une belle chèvre, sur le 1-2) tu ne peux t'attendre à mieux..
Pour les portugais, rien n'est fini, il leur reste 15 points engrengeables. Mais c'est drôle de les voir avec le même nombre de points que l'Albanie :)
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
@prout: tu sais comment faire pour éviter les Turcs? Et bien tout simplement finir en tête du groupe!
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
@Catherine : j'aime beaucoup la Mannschaft aussi, pas de souci. Et salutations à votre tendre epoux. J'espère qu'il n'a pas appuyé sur la gachette auquel cas on aura perdu une fort sympathique intervenante ;-)
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Si on m'avais dit un jour que je serais ami avec des supporters de la manschaft et de la squadra...
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Je regrette juste le man que de piques contre la Turquie après sa défaite 1-2 à domicile dans les arrêts de jeu. Et en lisant les commentaires sur les barrages, ça me fait froid dans le dos... Bien sûr on va me dire que c'est de l'histoire ancienne, que de l'eau a coulé sous les ponts, etc... Moi, je pense pas. Les supporters turcs sont-ils devenus plus fair-play ? Non. Pour preuve la nuit passée par l'équipe espagnole où les joueurs recevaient des téléphones en pleine nuit, des garçons venaient remplir le mini-bar (qui devait bien entendu rester vide),... Des détails pour certains, mais qui me paraissent d'un manque de respect total.
La palme, c'est que la Turquie a été désignée équipe Fair-play 2008 (hé oui !!) pour avoir.. joué un match amical contre l'Arménie... Bravo la FIFA...
Certaines choses ne changeront malheureusement jamais et la Turquie, si elle n'a pas été suspendue après les incidents contre la Suisse, ne le sera malheureusement jamais.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
C'est vrai qu'avec ce qui s'est passé la Turquie aurait du avoir de vraies sanctions... Et que les retrouver ca la foutrait mal.....
Je comprends difficilement l'UEFA pour deux raisons 1- moins fair-play qu'eux tu crèves, alors pourquoi ce trophée?, 2- ils n'ont simplement pas leur place au sein de l'UEFA étant asiatiques (comme Israêl)
Remarque, niveau show-time, un Grèce - Turquie en barrage ca doit valoir le détour!
Cliquez sur une étoile pour évaluer.