mercredi 9 mai 2007
par Nicolas Jayet
Autant chercher une aiguille dans une botte de foin me diras-tu, mais ce n’est pas si sûr que ça. Premier à la Race depuis peu, auteur d’un début de saison sur terre battue parfait, Nadal a tout de même chuté cinq fois depuis le début de l’année. C’est un Xavier Malisse en état de grâce qui l’avait battu lors du premier tournoi de la saison à Chennai. Difficile de se prononcer sur ce cas-là, le Belge, blessé au poignet, n’a plus rejoué depuis février et reviendra à la compétition à Hambourg peu avant Roland Garros.
On ne retiendra bien sûr pas la défaite de Rafa par abandon face à Guccione, mais celle sans discussion face à Fernando Gonzalez durant le premier Grand Chelem de l’année. Ici aussi, il est difficile de se prononcer : bien que le Chilien mène trois matches à un face à Nadal, il a été très décevant depuis l’Open d’Australie. De plus, le Sud Américain n’est pas - et c’est assez rare pour être relevé - un spécialiste de terre battue bien qu’il ait déjà battu l’Espagnol sur cette surface, mais c’était il y a quatre ans, lorsque le petit jeune n’avait pas encore de poils sous les bras... Donc, suivant ! L'un des nombreux géants russes ? Mikhail Youzhny l’a battu à Dubaï, deuxième victoire de suite après celle de l’US Open l’année passée, les deux joueurs sont depuis à égalité dans leurs confrontations. Mais voilà, ici aussi, problème il y a... Le Moscovite a pris le pas sur Nadal dans deux tournois majeurs, mais leur seule confrontation sur terre battue s’est soldée par un terrible 6-0 6-2 en faveur de l’Espagnol. On voit donc mal l’un de ces trois joueurs être capable d’arrêter les frais cette saison. Faut-il chercher encore plus loin ? Le dernier joueur à avoir vaincu Nadal sur terre battue est Igor Andreev en avril 2005 (!) à Valence. Mais du haut de sa 177ème place, on ne le voit pas inquiéter le cogneur de Majorque. L’heureux élu ne fait donc probablement pas partie de cette catégorie des ex-vainqueurs...

Youzhny avait éliminé Nadal en quarts à Dubaï
Un autre joueur a battu Rafa cette année et fait partie d’un second groupe de joueurs qui pourraient venir inquiéter le double vainqueur de Roland Garros : les jeunes loups du circuit représentés par Novak Djokovic. Le Serbe, qui réalise un début de saison plus qu’excellent, avait battu le numéro 2 mondial à Miami sans trop de difficultés. De plus, il vient de remporter le tournoi d’Estoril sur terre battue, preuve que cette surface lui convient bien. Djokovic semble donc être un sérieux adversaire pour Nadal et à notre avis, si ce n’est pas cette saison, ce sera la prochaine.
Derrière lui, les Murray, Gasquet et Ancic semblent loin d’avoir les capacités pour réaliser un tel exploit. Andy Murray est muet sur terre battue et capable d’y perdre contre un joueur classé plus loin que la 150ème place (l’année passée à Monte-Carlo). Richard Gasquet lui a déjà pris plusieurs sets mais n’a jamais gagné, bien que les deux hommes ne se soient plus rencontrés depuis 2005. On voit toutefois mal le Français réussir une telle performance. Quant à Mario Ancic, il est absent des courts depuis trop longtemps pour qu’on puisse avoir une idée de son jeu actuel.

Le prodige Novak Djokovic pourrait LE faire !
Et les spécialistes de terre battue alors ? Mouais... peu importe leur nombre, il n’y a pas plus grand spécialiste que Nadal lui-même. Entre les anciennes gloires Ferrero, Moya ou Gaudio, et les plus jeunes comme Ferrer ou Robredo, aucun d’entre eux n’a jamais vraiment pu inquiéter Nadal. Leurs jeux ne dérangent en rien l’Espagnol et encore moins son physique. On voit donc mal un pur spécialiste de terre battue parvenir à déstabiliser l’Espagnol, mais plutôt un joueur «hybride» qui maîtrise la terre battue en étant suffisamment agressif pour faire bouger son adversaire.
Ce qui nous amène à une nouvelle catégorie de joueurs capables de battre le gaucher des Baléares (je commence à être en manque synonymes là...) : ceux capables d’un exploit. Oh non tu ne les trouveras pas dans le top 10 : hormis Djokovic et Federer, on voit mal Davydenko, Roddick ou Ljubicic sortir Ladan (Nadal en verlan... je te dis : plus d’idée de synonyme). Oh que oui, tu vois de qui je veux parler, le matricule 26 de l’ATP : le génial, l’incroyable, l’inconstant, le magnifique Marat Safin. Oui, je sais, j’en parle depuis longtemps, j’espère son retour depuis encore plus, toujours est-il que son jeu, lorsqu’il le maîtrise, reste l’un des rares à pouvoir contrer Nadal, et ceci même sur la terre ocre. Le Russe est capable de tout, du meilleur (parfois) et du pire (souvent), et reste l’un des plus purs talents du circuit. Oui, le compagnon de cuites de Marc Rosset semble être en mesure de briser la série de l’Ibérique !
Mais le jeune prodige espagnol possède un ennemi de poids : lui-même, ou plutôt son physique, c’est-à-dire ses blessures. Entre sa main, sa cuisse droite, son genou et son pied gauches parce qu’il a joué en faisant abstraction de la douleur, Nadal possède un physique des plus fragiles qui pourrait lui jouer un mauvais tour. Pas besoin de décrire son jeu : le leader de la Race n’abdique jamais, court sur toutes les balles et ne lâche rien. Contrairement à Rodgeur qui gère parfaitement ses blessures, levant le pied lorsqu’il le faut, Nadal pousse toujours et on imagine facilement qu’une autre de ses articulations ne résiste pas à la douleur ou que l’une de ses anciennes blessures réapparaisse. Pour la beauté du jeu, on espère tout de même qu’une telle série ne se terminera pas de la sorte.

Nadal ne renonce jamais...
Cet article ne serait évidemment pas complet sans citer le Maître. On l’attend depuis très longtemps, on y croyait dur comme fer l’année passée à la même époque, la victoire de Roger Federer peine à arriver et la finale de Monte-Carlo tend à nous faire peur. Rodg n’a jamais paru en mesure de prendre le pas sur son grand rival et force est d’avouer que depuis l’Australian Open, ce n’est pas la fanfaronnade pour le Suisse avec trois cuisants échecs consécutifs (deux fois Canas et une fois Nadal)... Mais le Bâlois est capable de bousculer l’Espagnol sur terre, on l’a vu l’année passée à Rome puis à Paris. À deux doigts de rentrer pour de bon dans la légende, Rodgeur doit travailler mentalement afin de surmonter son «complexe Nadal» !
Rafa et la terre battue, c’est donc une histoire d’amour. Une défaite ne ferait que stopper une simple statistique mais ne terminera jamais la longue marche de Nadal vers le panthéon des joueurs de légende sur terre battue. Ensuite bien sûr, son jeu plaît à certains (je n’en fais pas partie) plus qu’à d’autres, mais on ne peut nier que l’Espagnol est un fantastique numéro 2 mondial, fair-play et spectaculaire. Aura-t-il un jour la carrure d’un numéro 1 mondial ? J’en doute, son jeu sur dur reste lacunaire et ses nombreuses blessures ne lui permettent pas de jouer continuellement à son meilleur niveau.
Bref, impossible de dire aujourd’hui quand et où s’arrêtera la série de Nadal. S’il fallait miser sur un joueur capable de le battre, trois hommes sortiraient du lot : Federer bien sûr ainsi que Djokovic et un Safin dans un grand jour. Il convient toutefois de relever qu’au vu du niveau de Nadal pendant les deux premiers tournois sur terre (aucun set perdu !), on ne voit que les prières pour assurer une victoire suisse à Paris. Et toi ami lecteur, qu’en penses-tu ?
Vos commentaires
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:-D
JA-MAIS Paul-Henri Mathieu battra Nadal sur terre, faut arrêter de fumer!!
Roger peut le faire et sinon, ben........ Faut un joueur offensif pour le battre. Comme Blake ou Youzhny sur surface rapide. Mais le prendre de vitesse sur terre pendant 3 sets minimum, ben voila quoi..... Faudrait plus qu\un mec chaud-bouillant!!!
Ou Roger, évidemment. Lui, il peut largement le faire.
Gringo
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