lundi 8 août 2011
par Julien Mouquin
C’est la tradition en Allemagne : la Bundesliga s’ouvre toujours un vendredi soir par un match sur le terrain du champion sortant. La ligue s’arrange toujours pour prévoir un gros choc, le match est retransmis sur une chaîne publique et dans le monde entier, il est précédé par une cérémonie d’ouverture avec hymne national, ouverture officielle et compagnie. Dans l’idée bien sûr de démontrer que «regardez comme c’est bien la Bundesliga en direct, abonnez-vous à Sky pour suivre les matchs suivants.» Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette année, la Buli a réussi son opération séduction. Cela fait déjà quelques années que la ligue allemande a supplanté tous les autres championnats en terme d’affluences, d’ambiances et du nombre de buts marqués, si en plus elle commence à s’imposer en terme de rythme et de qualité technique, on se demande bien ce qu’il va rester aux autres.
Cette saison, le choc d’ouverture, c’était Dortmund – Hambourg. Un grand classique du foot allemand, même si, cette saison, les deux clubs ne devraient pas forcément jouer dans la même catégorie. On s’en apercevra assez rapidement dans le cadre toujours grandiose d’un Westfalenstadion qui avait revêtu ses habits de gala. Huitante-trois jours après la remise du Meisterschal, le temple jaune allait à nouveau avoir l’occasion de s’embraser. Très rapidement, les Götze, Kagawa et compagnie commencent à dérouler. On craignait que le jeu dortmundois ne pâtisse du départ de son maître à jouer Nuri Sahin mais, sur ce match là en tous les cas, son absence est passée totalement inaperçue. Tout comme d’ailleurs celles de la moitié de la défense (Schmelzer, Subotic) et du buteur Barrios. Le collectif du BVB paraît déjà tellement rodé qu’on a l’impression que n’importe quel joueur peut s’y intégrer harmonieusement. A l’image du latéral Chris Löwe, qui évoluait encore en 4ème division il y a trois mois et qui, à 23 ans, a parfaitement réussi ses grands débuts en Bundesliga.

La première heure de jeu époustouflante du Borussia Dortmund va trouver une triple récompense : c’est tout d’abord Kevin Grosskreutz qui va profiter d’une ouverture géniale de Mario Götze pour ouvrir le score. Une nouvelle fois stratosphérique, le petit milieu de terrain du BVB va lui-même doubler la mise au terme d’une action d’anthologie après une talonnade de Robert Lewandowski. On allait retrouver Kevin Grosskreutz pour clore la fête de tir en début de deuxième mi-temps avec une conclusion en deux temps après un nouveau festival du duo Kagawa-Götze sur le flanc droit. On disait la place de titulaire de Kevin Grosskreutz menacée par l’arrivée du Croate Ivan Perisic, il a apporté la meilleure réponse possible avec ce doublé, qui était également un clin d’œil au sélectionneur national Joachim Löw, présent dans les tribunes, qui ne l’a pas retenu pour le prochain Allemagne – Brésil. Le seul bémol que l’on peut mettre à la performance du Borussia, c’est de ne pas avoir inscrit plus de trois goals ; on pense notamment au tir de Kagawa sur le poteau et à plusieurs essais non cadrés de Götze, Kagawa ou Gündogan. Ce manque de réalisme n’est pas nouveau, il pourrait coûter cher contre des adversaires un peu plus costauds que le HSV.
Car même s’il a été complètement dépassé pendant une heure de jeu, Hambourg n’a pas été loin de relancer le match lorsque, quelques instants après la réduction du score de Robert Tesche suite à un cafouillage devant le but dortmundois, Marcell Jansen a eu le 3-2 au bout du soulier mais Weidenfeller a pu sauver. Ce sont bien les deux seules minutes où les Rothosen ont fait illusion vendredi soir. En fait, ils ont paru résignés dès le coup d’envoi, comme si la défaite concédée après un match à sens unique (déjà) il y a trois semaines en finale de la Liga Total ! Cup contre ce même Dortmund leur avait ôté tout espoir de ramener quelque chose de leur déplacement dans la Ruhr. Ceci dit, on se gardera bien de condamner le HSV après cette entrée en matière ratée. Ce Dortmund-là était tout simplement un numéro trop gros pour ce Hambourg en pleine reconstruction et de surcroît privé de celui qui avait été son meilleur joueur lors des matchs de préparation, le Coréen Son, fiévreux. Mais je reste persuadé qu’il y a du potentiel dans cette équipe et qu’avec un peu de temps, le HSV peut constituer l’une des bonnes surprises de la saison.

Si l’on s’est pris de passion pour le Borussia Dortmund, c’était avant tout pour la ferveur, l’ambiance et la fête autour de ce club, pas tant pour la qualité du jeu et les résultats, assez quelconques pendant des années. Alors je te laisse imaginer comment on se régale en ce moment où, d’après notre idée du foot, le BVB est l’équipe dont le jeu nous plaît le plus en Europe actuellement. Pour sa qualité technique, le rythme infernal donné aux matchs, cette volonté constante d’aller très rapidement vers l’avant mais aussi un état d’esprit toujours respectueux du jeu et de l’adversaire, sans simulations, mauvais coups ou polémiques sur l’arbitrage. Et quand en plus cela se passe dans le cadre et l’ambiance grandioses du plus beau stade du monde… Même en n’étant pas fan du Borussia, la plus élémentaire objectivité nous contraindrait de louer le parcours exceptionnel de cette équipe depuis une année. Et comme on est un peu supporter, il n’y a pas besoin de se forcer.
Même si le BVB a réussi vendredi l’une de ses performances les plus abouties de l’ère Jürgen Klopp, on ne va toutefois pas s’enflammer : l’opposition n’était pas des plus farouches et les vérités de la première journée sont rarement celles de la dernière : on a encore le souvenir de la saison passée où le Borussia avait débuté par une défaite assez navrante contre Leverkusen. On connaît la suite… Le chemin qui mène à un nouveau titre est encore très long. Mais disons que réussir un récital époustouflant alors que dans le même temps Schalke, Leverkusen, Hoffenheim et Bayern étaient battus, on pouvait imaginer pire scénario pour débuter cette saison.
Signal Iduna Park, 80’720 spectateurs (guichets fermés).
Arbitre : Dr. Brych.
Buts : 17e Grosskreutz (1-0), 29e Götze (2-0), 48e Grosskreutz (3-0), 79e Tesche (3-1).
Dortmund : Weidenfeller ; Piszczek, Santana, Hummels, Löwe (75e Perisic); Bender, Gündogan; Götze (75e Blaszczykowski), Kagawa (90e Kehl), Grosskreutz; Lewandowski.
Hambourg : Drobny; Diekmeier, Mancienne, Westermann, Aogo; Kacar (73e Tesche), Rincon; Töre, Guerrero (42e Ben-Hatira), Elia (46e Jansen); Petric.
Cartons jaunes : 45e Mancienne, 66e Kacar, 68e Rincon, 84e Lewandowski.
Notes : Dortmund sans Koch, Owomoyela, Subotic, Barrios, Bakalorz ni Schmelzer (blessés), Hambourg sans Berg, Arslan, Sala, Stepanek (blessés) ni Son (malade).
Vos commentaires
Sinon un petit mot pour féliciter notre Lulu magicien et un autre pour signaler qu'après la Community faudra aller cherche MU car cette année encore c'est du très lourd (quel 2ème but) et les recrues sont parfaites. Suivez Clerverley.
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Merci Julien pour ce premier compte-rendu, chapeau au BVB, réellement impressionnants sur ce match. Fan du HSV, je me fais beaucoup de soucis pour cette saison; pas de fond de jeu, des "tauliers" aux abonnés absents, un entraîneur aussi peu charismatique qu'inexpérimenté... et la prestation d'hier contre le Hertha n'est pas pour me rassurer...
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