Résumé
Ce Portugal versus République tchèque s’est distingué par un mano-à-mano coruscant, un face-à-face glamour : Ronaldo – Cech. La dualité des peuples. L’attaque contre la défense. La créativité latine opposée à la rigueur de l’est. Le cuir chevelu contre le cuire sur le cheveu. Le Portugal du capitaine Ronaldo a continuellement attaqué (20 tentatives) ; la République tchèque du capitaine Cech s’est contentée de braver l’opposition (0 tir cadré). Et à la fin, le football a gagné. Ouf, l’honneur est sauf.
Homme du match
Dans le football, sport collectif par excellence, il y a les uns et les autres, le quidam moyen et Monsieur Tout-le-monde. Il faut bien de tout pour faire un foot. Mais il y a aussi les sommités, les caciques du sport ; ces joueurs si rares qui élèvent le niveau moyen du sport, ils sont cycliques, rarement anodins : Pelé, Maradona, voire Zidane. Leur successeur est là. Le hasard l’a attendu, Darwin l’a plébiscité, Apollon n’attendait que lui. Il est merveilleux. Il incarne le beau. Il est le parfait. Jeu de tête meurtrier, coups de canon assassins, enchaînements mécaniques : il ce pouvoir génial, celui de tuer un match. Mars l’a adopté. Le Dieu de la Guerre s’appelle Cristiano Ronaldo.
Buse du match
Jean-Marc Ferrari, commentateur M6 de son état. Il paraît qu’il a gagné l’Euro 84. Et la Ligue des Champions avec l’OM. Et le championnat de France avec Bordeaux. Arrêtez le massacre. «Vous savez, à mon sens, Cristiano Ronaldo est le meilleur joueur du monde. Avec Lionel Messi peut-être» nous assène-t-il en fin de match, comme si un oracle lui était apparu, comme s’il avait découvert la matière. Bizarre, comme meilleur joueur du monde, on pensait plutôt à Jérôme Rothen. Encore : «Vous avez remarqué, Bruno Alves et Pepe ne sont pas montés sur cette balle arrêtée» note-t-il dans un élan d’incandescence programmée. Précision : nous jouions alors la 93e minute. Bizarre, on pensait que Rui Patricio allait, lui aussi, monter pour soigner la différence du but. Une plaie le Ferrari.
Le geste du match
On joue la 43e minute de jeu. Pepe envoie un ballon aérien dans les 16 mètres, une louche en guise de démerde-toi. Las pour la défense tchèque, Ronaldo est à la retombée. S’en suit le manuel du parfait. L’égérie de la technicité. Contrôle de la poitrine, orientée s’il vous plaît ; pichenette directionnelle, histoire de se mettre le ballon dans la course ; jeu de jambes, la vitesse d’exécution comme attribut premier ; tir fouetté, coup de pied millimétré. Cech n’y voit qu’un funambule magistral. Le ballon n’heurte que le poteau, mais le bien est fait. Antoine Lavoisier a dit : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Ronaldo l’a prouvé, transformant une passe crasse en une merveille technique. Merci Ronaldo.

Le geste pourri du match
Cristiano Ronaldo est un perfectionniste. À l’entraînement, il est toujours le dernier homme debout, à parfaire ses gammes, à jouer des pieds sur ses partitions de verre. Certains joueurs se reposent sur leurs qualités ; Ronaldo, lui, préfère travailler ses défauts. Hier soir, sa tentative de retourné acrobatique a frisé le cadre, mais il s’est trompé de pied. Le pied droit a frappé, le gauche aurait dû. Pour la droiture du geste, Ronaldo s’est ma foi montré gauche. Il fera mieux la prochaine fois.
Les anecdotes
Les travées des stades sont remplies d’hommes laids, torse à l’air, ventres pendants ; de femmes belles, seins en l’air et ventres plats. Hier soir, on a savouré Eusebio et Luis Figo, unis derrière une devanture de concitoyens joueurs. Et puis il y a Ronaldo, encore et toujours : il a désormais marqué au moins un but dans cinq compétitions majeures consécutives : Euro 04, 08, 12, Coupe du Monde 06, 10. Et hier soir, étonnamment, ceux qui chantaient Messi, Messi à chaque touché de balle se sont tus. Apollon et Mars ont trouvé leur Dieu : Ronaldo.
Le match vu par les Tchèques
On dit que les Portugais sont des individualistes notoires, qu’ils ne jouent que pour leurs culs, leurs statistiques personnelles et leur gloriole intime. Des prima donna, ces Tos. On allait donc spéculer sur leurs égos, les titiller jusqu’à l’effondrement. On allait boucher les couloirs, stopper Nani, double rideau devant Ronaldo. Mettre Petr Jiracek dans la course de l’un ou de l’autre, lui qui court pour deux, l’air barbare voire hagard, un cerbère qui chienne les individualistes portugais, sans discontinuer. Sur leurs talons, on allait se mettre, encore et encore. Toujours défendre quitte à ne jamais attaquer, le brave Milan Baros n’a qu’à trotter dans le vide ; il peut bien faire ça, il n’a rien d’autre, si ce n’est la réminiscence de 2004 où, parait-il, il était meilleur buteur. Après, sur une balle arrêtée, allez savoir, peut-être que Jan Koller nous sortira un miracle. Donc non, on ne part pas battus d’avance.
Le match vu par les Portugais
La patience est la plus grande des vertus, disait l’autre. Ces satanés Tchèques, ils vont nous attendre gaiement, s’arque-bouter devant leur muraille «Tchetche». Chez eux, il n’y a que dans le dictionnaire que réussite vient avant travail. Les mecs, ils bossent, ils cravachent, ne reculent devant aucune tâche, surtout si elle est basse. Le travail, c’est leur santé. On va devoir étirer leur défense, les user, passer de droite à gauche, permuter Ronaldo et Nani, ressasser et varier le jeu ; jusqu’à ce qu’épuisement s’en suive. On va bien finir par les avoir. Le père à Cristiano idolâtrait Ronald Reagan – d’où le patronyme Ronaldo –, on va s’inspirer de l’homme : on va se rapprocher des pays de l’est, les scruter, puis porter le coup de grâce de la glasnost. Et le Tchèque tombera.
Le match vu par Lionel Messi.
Au revoir, cher Ballon d’Or.
Vos commentaires
Sinon il faut reconnaitre qu'il est vraiment aussi fort que détestable le gomminé...
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1 - être un grand joureur
2- être un grand homme
Malheureusement , Ronaldo n'est ni l'un , ni l'autre .
1 -un grand joueur met son talent en lumière au service de son équipe - Ronaldo veut que son équipe mette son talent à lui en pleine lumière.
2- un grand homme se reconnait surtout à travers l'échec , or quand ça ne tourne pas rond , Monseigneur Ronaldo , lui , tourne le dos à son propre public, n'ira jamais consoler ses partenaires ... un capitaine quitte les lieux du naufrage toujours en dernier.
Tout ça pour dire qu'il est et restera un petit joueur immature et égocentrique et qui sait , sans lui , le portugal aurait peut-être déjà fêté un titre. Car ce pays le mérite ... le titre.
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On dirait un pamphlet en honneur à CR7, personnage que je ne peux pas blairer (malgré que je reconnaisse ses qualités techniques).
Bref, un article à oublier.
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Bon, c'est vrai que comme commentateur, il ne casse pas des briques. Mais il provoque moins de remontées acides que Jean-Michel Larqué, tout de même...
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Mais une chose sur notre ami Cristiano:
Il lui en faut combien pour en mettre une???
Je crois avoir calculé un ratio de 14 occasions pour 1 goal...
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Perso je reléverrai plutôt la perf' de Nanni qui fait un gros Euro!!!
Ce Portugal-Espagne promêt!!!
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