jeudi 24 février 2011
par Gary Romain
Pendant ce temps-là, alors que le cyclisme croule sous les problèmes, ce ne sont ni les affaires de dopage - le retour à la compétition de Contador est passé comme une lettre à la poste, la presque mort de Ricco a bien fait marrer tout le monde -, ni le calendrier, ni les bouchers-charcutiers espagnols qui font la «Une». Le gros problème dans le vélo au jour d'aujourd'hui, le grand débat qui agite le monde de la petite reine, le point qui fait s'insurger les coureurs : c'est l'interdiction des oreillettes au sein du peloton.
Celles-ci sont interdites chez les juniors et les espoirs depuis des lustres, ainsi que lors des épreuves amateurs en France depuis l'année dernière. En octobre 2009, l'UCI avait décidé que le peloton du «World Tour» devrait également s'en passer. L'Union Cycliste Internationale va même plus loin et prévoit de bannir toutes les radios pour la saison prochaine. Tollé au sein de nombreuses équipes, qui sont allées jusqu'au bras de fer. Liquigas a essayé de les mettre malgré tout lors d'une course en Argentine, tandis que les commissaires du Tour de Majorque se sont retirés avant le départ, car les coureurs refusaient d'enlever le matériel désormais interdit.
L'année dernière, les organisateurs du Tour de France avaient voulu pimenter leur boucle nationale en interdisant précocement les appendices auriculaires lors de deux étapes. Résultat ? La première avait donné lieu à une parade grotesque des coureurs, qui n'avaient pas fait la course. Bravo les gars. Mais comme l'UCI avait décidé, il a bien fallu s'y mettre cette année. Le débat est lancé, les coureurs partagés et la plupart des directeurs sportifs outrés. Moi je suis pour le retour des courses «à l'ancienne». Et vous ?
D'un côté, notamment chez les équipes françaises et dans les médias, on parle d'un retour à l'instinct du coureur et à une plus grande responsabilisation de ceux-ci. On évoque un retour des vrais capitaines de route et des courses qui deviendront bien plus ouvertes. On dit que le «théorème de Robert Chapatte» (un peloton reprend une minute par tranche de dix kilomètres à des échappés, selon l'ancien et mythique commentateur d'Antenne 2) devra redevenir la norme. On imagine que, désormais, une étape de plat peut échapper à la meute des sprinters.
Dans le bord des opposants, surtout des directeurs sportifs qui aiment verrouiller la course et soucieux de faire évoluer leurs ouailles dans un cadre rigide, on met en avant la sécurité des athlètes (rond-points, cassures, vent, etc...) sur le parcours et la possibilité de monter une véritable tactique au cours de l'épreuve. Mais attention, l'argument sécuritaire est à double-tranchant, car le Kazakh Andrei Kivilev serait mort en... essayant de régler son récepteur sur Paris-Nice en 2003.
Ils disent aussi que les coureurs sont payés des millions et qu'ils doivent ainsi être sous leurs ordres permanents. L'un d'entre eux a osé la comparaison avec le football, voulant envoyer Claude Puel dans les vestiaires pendant un match... Le dernier argument, et certainement celui pesant le plus lourd dans la balance, concerne les incontournables progrès technologiques. Arrivées dans le peloton grâce à Motorola au début des années 90, les oreillettes se modernisent chaque années. Aujourd'hui, les coureurs pourraient même sans problème être équipés de leur GPS miniature personnalisé !
Bon... On connait le point de vue de l'UCI, des médias, de Gary Romain, des coureurs et des directeurs sportifs, c'est bien. Mais vous, chers lecteurs férus des blagues de Romain Glassey lors des chaudes après-midi d'été devant votre TV, qu'en pensez-vous ? C'est vrai qu'il y a le contre-exemple Jean-Luc Delarue... Ce féru d'oreillette est ensuite tombé dans la drogue, mais est-ce qu'il faut l'interdire tout de même ?
Vos commentaires
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
On devrait peut-être faire de même avec le peloton aujourd'hui...
Youhouhouhou
Albert le Vert
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
Cliquez sur une étoile pour évaluer.
D'une autre part, cela anime les étapes de transition et crée du "stuff" pour nos deux compères des dérailleurs pendant les longues heures ou il ne se passe rien ou pas grand chose, si ce n'est de parler de dopage... qui est certainement le vrai problème du sport, qui était certainement déjà à l'ordre du jour du temps des romains (voir Astérix aux jeux olympiques...) !
Cliquez sur une étoile pour évaluer.