jeudi 20 mars 2008
par Mathieu Nicolet
Malgré une finale de promotion/relégation qui leur tend les bras, que valent réellement ces Bâlois et est-il raisonnablement envisageable que les läckerlis dirigés par McParland puissent être éjectés de l'élite ? Tentative de décryptage après avoir assisté à l'acte II de la finale des play-outs. Mais tout d'abord, qu'est-ce que le HC Bâle ?
Sans vouloir ressasser des mauvais souvenirs du côté de Malley (quoique ces temps-ci, nous pouvons y aller franco, nous ne sommes plus à ça près…), le Hockey Club Novartis évolue au plus haut échelon à la suite d'un invraisemblable et rocambolesque concours de circonstances. Avec leur équipe bâtie à coups de millions, les Bâlois avaient terrassé un Lion déjà cliniquement mort. Qu'en est-il trois ans plus tard ? Ce club artificiel vit sous perfusion dans le seul but d'assouvir les fantasmes de grandeur d'une poignée d'oligarques sévissant dans le milieu de la finance et de la chimie bâloise. Depuis 2002, ils évoluent dans l'austère patinoire de St-Jakob, agglomération de béton et de tôle formant un ensemble encore moins esthétique que le Monolithe de Jean Nouvel.

Yves Sarault pose dans la St-Jakob Arena
L'affluence moyenne risible ainsi que le pathétique fan’s club composé d'une centaine de supporters ne connaissant qu'un seul chant renforcent encore le fait que ce HC Bâle ne possède aucune âme. L'impression qui prédomine est celle d'une équipe catapultée par hasard dans ce championnat de ligue nationale A. Bâle est une ville de football, mais elle ne générera jamais un quelconque intérêt hockeystique. Pour le bien du hockey suisse en général, pour avoir à nouveau des rencontres attirant un plus grand nombre de spectateurs, plus de derbies dans une ambiance forcément meilleure, il devient urgent de bouter cet insipide club de riches hors de cette LNA à laquelle il n'aurait jamais dû faire la moindre apparition. N'en déplaise à M. Vaucher, ce n'est pas parce qu'un club possède de jolis vestiaires pour les arbitres que ce dernier a automatiquement le droit de jouer dans la cour des grands. Maintenant, voyons ce qu'ont montré les Bâlois sur la glace :
Au terme d'un match globalement ennuyeux, dans une ambiance comparable à celle du KEK de Küsnacht un mardi soir glacial, les Bâlois ont été pétris de bonnes intentions. Ils ont accroché les Tessinois durant le premier tiers en jouant un jeu très rapide, vif, et en multipliant les lancers dans toutes les positions. Toutefois, le jeu rhénan s'est comme d'habitude rapidement liquéfié et Ambri a pu prendre aisément le large dans le tiers médian. Sur un patin, les pensionnaires de la Valascia ont relâché leur étreinte, permettant aux locaux de naïvement espérer une issue favorable. Las, Duca scella le score final dans le but vide. Victoire sans surprise des Léventins sur le score de 5-3 et nouvelle défaite des Rhénans. Une fois de plus.
Comme dit précédemment, jamais une lanterne rouge n'aura été aussi fantomatique. Concernant la série de promotion/relégation, le bonnet d'âne de LNA ne devra aligner que deux joueurs étrangers. Ceci constitue un relatif avantage pour le champion de LNB, d'autant qu'il ne devra pas se ruiner en renforts étrangers supplémentaires, lesquels n'étant pas non plus certains de trouver l'alchimie parfaite entre eux. Conséquence de cette nouvelle règle, Bâle laissera quatre étrangers sur le banc. Si Radek Duda est un titulaire indiscutable tant ce joueur est doué, la deuxième place sera difficile à attribuer. A ce niveau, Hauer et Hudec ont du souci à se faire, leur niveau étant désespérément catastrophique. Sarault devrait également se retrouver dans les tribunes car McParland est peu enclin à voir ses gars se débattre perpétuellement en infériorité numérique. Le poste devrait donc se jouer entre Papineau et Spiridonov.

McParland sauvera-t-il le EHC Basel ?
La différence pourrait se faire au niveau du contingent suisse. On voit que des joueurs tels que Tschannen, Rubin, Vögele - qui n'ont jamais vraiment brillé en LNA - ont été parmi les meilleurs éléments de LNB. Il faut également dire que des joueurs tels que Collenberg, Walker ou encore Schnyder se mettent souvent en évidence et sont ma foi pas si ridicules que ça. Par conséquent, Fuchs, Della Rossa et Rieder se contentent bien souvent de jouer les coupeurs de citron au bout du banc. De ce fait, l'avantage est du côté de Bâle dans ce secteur.
Pour ce qui est du gardien, difficile de comprendre pourquoi le boss de St-Jakob s'évertue à titulariser Züger, tant celui-ci est fébrile. Relâchant un nombre incalculable de pucks, le dernier rempart des läckerlis met constamment en difficulté ses (rares) défenseurs qui doivent être au four et au moulin. Premier candidat pour un éventuel noircissage historique (0% d'arrêts, par opposition au blanchissage), ce ne serait pas une si mauvaise idée d'aligner le beau Reto. Enfin bon, c'est Droopy qui voit… Cependant, avec ce remplaçant de luxe, les pensionnaires du bord du Rhin semblent mieux armés. L'aspect psychologique joue également un rôle capital. Le cas bâlois est assez paradoxal dans la mesure où ses soldats ne semblent pas traîner leur spleen sur la glace. Beaucoup de volonté, parfois de la bonne humeur sur le banc, sans compter les joies démesurées sur chacune de leurs réussites. Bref, ils n'ont pas l'air de douter d'une issue fatale en se focalisant sur leur attitude. Si l'écart entre les deux ligues est effectivement gigantesque, le Bâle version 2007-2008 se situe entre deux : les Rhénans devraient toutefois être favoris pour conserver leur place dans l'élite compte tenu des éléments précités.

Züger est titulaire. Pour combien de temps ?
Que faut-il donc faire pour que le champion de LNB obtienne une promotion dans des conditions normales ? Premièrement, le cancre de LNA doit être au fond du gouffre, s'enfonçant dans une spirale négative durable et/ou qu'il multiplie les erreurs en tous genres (hors et sur la glace). Deuxièmement, le champion de la catégorie inférieure doit espérer bénéficier du coup de chance nécessaire pour passer l'épaule en situation critique. Finalement, pour pouvoir monter, il faut un mécène qui allonge les millions sur la table, permettant au club de la division inférieure de pouvoir construire une équipe estampillée LNA. Ce fut justement le cas de Genève-Servette où le groupe Anschutz avait claqué en moyenne cinq millions de dollars par saison. Il n'y a hélas pas d'autres solutions pour pouvoir accéder à la première division tant que cette formule - éthiquement injuste mais compréhensible d'un point de vue financier - perdurera.
Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch
Vos commentaires
Même si ce dernier avec une défense compact et des artilleurs de feu (si Tremblay revient) ont plus de chance de monter !
En tout cas, s\il monte cela sera tout bénéf pour les autres clubs de LNB ambitieux...
:-p
papier intéressant même si Bâle semble à la vu de ces lignes moins mauvais qu\il ne semble.
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Je pense également que le champion de LNB cette année ne fera pas le poids, malheureusement...
Je trouve inadmissible que les playouts entre Bâle et Ambri ont commencés avant la finale de LNB, mais évidemment, c\est de nouveau un petit coup de pouce de la ligue afin d\octroyer quelques jours de repos supplémentaires au perdant avant d\affronter un champion de LNB qui aura dû se battre à fond... et je ne parle même pas de l\avantage de la glace au dernier de LNA :-(
D\un point de vue global, il ne faut pas oublier que certains clubs de LNA sont limite financièrement ainsi qu\au niveau de l\infrastructure, mais là évidemment, la ligue ferme les yeux...
On se rappelle également l\affaire du fric au noir à Lugano, qui d\ailleurs n\a jamais été sanctionné (sportivement) à me connaissance !!!! Tout simplement incroyable
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L\ennui si HCC = ne fera qu\une saison ( pas de pognon)
Si Bienne = des doutes. Un nouveau en A = problème de recrutement.
Recette: ??? rien d\idéal mais la solution d\un mini championnat entre les 2 derniers de A et les 2 premiers de B procurerait unn intérêt certain.
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