samedi 11 octobre 2008
par Jean-Philippe Ritz
Je m’explique… Alors que la partie du jour contre Langnau revêtait une importance significative pour confirmer d’une part les points grappillés aux Zurichois et Davosiens dans une semaine dernière pourtant réputée en dessus du niveau de vie seelandais, ainsi que pour que l’écart vous séparant du rêve des play-offs devenir un abîme, voilà que vous avez ressorti vos chandails d’ex-titulaires de LNB de la naphtaline.
55 minutes durant, votre prestation fut d’une maladresse et d’un oubli de toute notion de solidarité à faire peur. A tel point que, et c’est là que j’en viens à l’objet de cette plainte, mon article était tout prêt pondu, narrant à mes lecteurs chéris que j’adore (tout tentative de corruption de lectorat est ici totalement assumée) mes mésaventures du jour au Stade de Glace.

Himelfarb, l'un des héros du soir
Mauvais voyage, mauvaise humeur, mauvais service à la buvette en arrivant sur place (à la dernière évidemment), mauvaise saucisse, et très mauvais hockey. C’est vous dire si, et je reste poli, je m’ennuyais ferme du haut de ma tribune de presse, mais bien moins encore que ce pauvre Schoder dans les buts adverses. A en espérer qu’il ait songé à intégrer son lecteur mp3 dans son casque. Mon écrit du soir douloureusement accouché, je tentais d’y relater l’incroyable sens de la rentabilité à l’emmentaloise, eux qui n’ont vraiment joué que pendant 74 secondes.
74 secondes, soit au cumul des débuts des premier et deuxième tiers le temps qu’il leur aura fallu pour à chaque fois abuser d’une défensive seelandaise encore plongée dans un profond dodo. J’y parlais encore de l’infinie peine biennoise de prendre les devants contre ce Langnau qui avait clairement décidé de laisser aux pensionnaires du lieu le soin de faire le jeu et se contentant de jouer en contres, de l’utilité d’avoir un Toms dans son moteur, ce géant sachant terriblement bien tirer avantage de sa taille et de son sens du placement, et je concluais pestant contre l’insulte que constituait l’infâme brouet en question à l’esthète du hockey que je prétends être, en amour toujours des acrobaties de haut vol de la KLM.
Seulement voilà, si Langnau avait choisi de cesser de chercher à comptabiliser après sa minute et quart syndicale de travail, vos employés eux ne se sont réellement mis au boulot qu’en toute fin du tour d’horloge. Je vous relatais vaincus et dans le doute, le portable remisé et le sac à l’épaule prêt à me précipiter vers la sortie pour fuir votre temple d’une médiocrité coupable, quand s’est produit un nouveau miracle du cœur.
Alors Messieurs du HC Bienne, je m’insurge et vous crie NON à pleins poumons. Quand on accuse deux unités de retard à moins d’une minute de la fin de la soirée de travail du plumitif de service, on n’a pas le droit de faire de miracle. On perd et on laisse les gens rentrer enfin chez eux. Non mais des fois ! Cornedouille ! Tudju ! On ne force pas tout le monde à recommencer son ouvrage à des heures aussi tardives !
Enfin si. Continuez. Des légendes comme celles de ce vendredi 10 octobre à marquer d’un puck blanc dans le livre d’Histoire de votre club, j’en veux encore. Les 5737 spectateurs ayant eu la chance de vivre ce grand moment, qu’ils soient du cru ou d’Emmental, en veulent encore. Car ce sont ces émotions qui nous font aimer ce jeu si profondément. Ce sont ces émotions que vous lui donnez qui font que votre public vous aime et vous admire.
Même si avez fait prendre dix ans au soussigné, encore une fois, merci.

Heinz Ehlers peut être fier de ses hommes !
Note à ma rédaction : il se peut que cette seule saison de couverture du HC Bienne suffise à m’amener aux portes de l’AVS, pensez à préparer les documents administratifs requis…
Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch
Stade de Glace, 5737 spectateurs.
Arbitres : MM. Stricker, Kehrli et Stäheli.
Buts : 1e Murphy (Toms, Kariya) 0-1, 10e Fata (Nüssli, Reber/5 c 4) 1-1, 21e Toms (Kariya), 57e Sandro Moggi (Murphy, Sutter) 1-3, 58'43 Truttmann (Nüssli, Peter) 2-3, 60e (59'09) Toms (Kariya, Setzinger/cage vide) 2-4, 60e (59'25) Fata (Himelfarb, Hill/6 c 5) 3-4, 60e (59'45) Himelfarb (Fata, Stalder/6 c 5) 4-4, 63e Nüssli (Reber/4 c 3) 5-4.
Bienne : Wegmüller; Stalder, Hill; Schneeberger, Kparghai; Reber, Gossweiler; Bärtschi, Peter, Ehrensperger; Ling, Himelfarb, Truttmann; Tschantré, Fata, Nüssli; Wetzel, Küng, Brägger.
Langnau Tigers : Schoder; Blum, Murphy; Christian Moser, Gmür; Bayer, Stettler; Fröhlicher, Tallarini; Joggi, Sutter, Bieber; Setzinger, Zeiter, Steiner; Simon Moser, Kariya, Toms; Claudio Moggi, Camenzind, Sandro Moggi.
Pénalités : 7 x 2' contre Bienne et 8 x 2' contre Langnau.
Vos commentaires
Super article ! C\est de l\Art. Bravo à Jean-Philippe,
bravo au Hockey Biennois, Vive la Vie et crève la mort !
Olivier
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Au fait, sur les 5737 spectateurs, combien sont parti après le 4-2 dans la cage vide ? combien s\en mordent les doigts ?
Bravo à Bienne qui a prouvé qu\il avait du coeur, et qui a prouvé aux fans de hockey qu\un match n\est jamais terminé, qu\on peut retourner la situation en 1 minute !
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