dimanche 20 mai 2007
par Jérôme Nicole
Alors que certains professionnels du tennis commençaient à douter de la capacité de Federer à battre Nadal sur terre battue, le Suisse leur a offert la plus belle des réponses. Il le disait encore cette semaine en conférence de presse : «il faut attendre le bon moment pour le battre». Cette victoire arrive donc à point nommé, puisque Roland Garros est maintenant à moins d’une semaine. Plus étonnant encore, ce succès intervient alors que Federer est en pleine tourmente. Il vient de se séparer de son coach Tony Roche et venait d’encaisser quatre défaites consécutives. La question est donc sur toutes les lèvres : Rodgeur jouerait-il mieux sans coach ? L’essentiel, toutefois, est de constater qu’il s’est brillamment sorti de la tourmente !

La classe...
Le premier jeu du premier set semblait annoncer la couleur de la rencontre. Après plusieurs «avantages» et «égalités», Federer finit par remporter sa mise en jeu. Mais sa crispation est perceptible et Nadal en profite pour le breaker une première puis une deuxième fois. La première manche tourne donc rapidement en la faveur de l’Espagnol. Il se l’adjuge sur le score de 6-2. Le scénario habituel se répète, Rodgeur commet trop de fautes et ne passe pas assez de premiers services. Nadal, quant à lui, dirige les échanges. À ce moment, on craint le pire.
Dès le début de la deuxième manche, Federer doit faire face à deux balles de break, qu’il sauve magistralement. Dans la foulée, Nadal remporte sa mise en jeu mais la rencontre tourne lorsque Rodgeur fait le premier le break. Il commet moins d’erreurs et varie plus ses coups. Mais la différence se fait surtout sentir au service. Il sert mieux et engrange donc les points plus facilement. Cela lui permet aussi de mieux dicter l’échange, ce qui se révélera être la clé du match. Rodgeur s’offre même le luxe d’un double break pour conclure la deuxième manche sur la marque de 6-2.
Dès l’entame du troisième et dernier set, Rodgeur breake Nadal qui accuse le coup. La machine est en route et Rodgeur dicte l’échange à merveille, commettant de moins en moins de fautes et retournant les services de l’Espagnol de mieux en mieux. Son talent nous est enfin révélé ! Les 12'600 spectateurs ne peuvent qu’apprécier et Nadal n’a plus qu’à regarder passer la balle...
Le Bâlois peut hurler de joie : il vient de mettre fin à la plus longue série de victoires (81) d'un joueur sur terre battue, signant au passage son premier succès face à l'Espagnol sur cette (maudite) terre avec un cinglant 6-0 en guise de punition ! Chapeau Rodg !
Quelques instants plus tard, la conférence de presse avec Rafael Nadal débute. Il félicite son adversaire et se dit aussi un peu «fatigué mentalement». «Il fallait bien que la série s’arrête donc non, je ne suis pas triste». Dix minutes plus tard, Rodgeur arrive et se prête aussi aux questions des journalistes. «Je suis heureux, c’est un grand jour pour moi. Ça me booste bien pour Roland Garros évidemment». Son programme avant le rendez-vous français ? «Quelques entretiens avec les sponsors et partenaires puis je vais rentrer à Bâle. Je serai à Paris dès mercredi !»

Les muscles...
À une semaine de Roland Garros, nos joueurs et joueuses suisses semblent donc prêts à se battre pour le titre. On regrette évidemment le forfait de Martina et on lui souhaite un prompt rétablissement auprès de son four Zug. Patty a prouvé son regain de forme en signant quelques magnifiques performances, dont évidemment ce formidable quart de finale contre Serena Williams ! Rodgeur a vaincu le «signe espagnol» et est en route pour Roland Garros ! Les problèmes personnels semblent réglés et il ne tient désormais qu’à lui d’écrire ce qui pourrait être la plus belle page de l’Histoire du tennis mondial... et suisse !
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