vendredi 19 août 2011
par Mathieu Nicolet (texte) et Robert Johanson (dessin)
Cleveland est la capitale fédérale de la défaite : en football américain, les Browns collectionnent les saisons pourries ; la dernière victoire des Indians dans les «World Series» de baseball remonte à 62 ans alors qu’une franchise de NHL, les Barons, n’a tenu que deux ridicules années. En basket, le tarif a souvent été le même depuis l’apparition en NBA des Cavaliers, lesquels se sont montrés globalement médiocres depuis leurs débuts. Du coup, l’espoir renaît (ou plutôt naît tout court) en 2003 chez les fans de Cleveland lorsque la franchise de l’Ohio choisit un enfant de la région, LeBron James, au premier choix du repêchage.
Le succès ne tarde pas à venir : LeBron James s’affirme comme l’un des meilleurs éléments du championnat. Lentement mais sûrement, les Cavs deviennent l’une des meilleures équipes de la NBA et remportent à deux reprises la Conférence Est. Las, la réputation de la ville refait surface et l’équipe ne parvient pas à confirmer en séries. Au-delà de ces deux échecs, les fans masochistes des Cavaliers ont une autre crainte : perdre leur bijou, ce dernier devenant agent libre en 2010.
C’est alors le drame : LeBron James décide de quitter l’Ohio pour rejoindre Miami, moyennant un contrat très lucratif et la perspective de faire péter la baraque aux côtés de Dwayne Wade et Chris Bosh. Considéré comme un traître à Cleveland, le futur numéro 6 du Heat essuie aussi de virulentes critiques de la part d’anciens joueurs, Michael Jordan en tête, sur ce choix égocentrique et irrespectueux envers l’équipe qui l’a façonné. À ce stade, ce n’est pas le fait d’avoir quitté les Cavs qui pose problème, mais la manière.
C’est lors d’un show sur ESPN pompeusement nommé «The Decision» que «King James» a annoncé sa venue à Miami dans le but de rafler un maximum de titres, et accessoirement de pognon. Ce show grandiloquent et savamment huilé a montré toute l’arrogance et la vanité de l’Américain qui a affirmé ne pas vouloir se contenter d’un, deux ou trois titres, mais au minimum de huit (!). Du coup, tout le monde avait pu voir l’étalage au grand jour de son énorme considération envers ses adversaires.

Comme si cela ne suffisait pas, sa nouvelle équipe n’a pas hésité à organiser un gigantesque raout afin de fêter la venue du trinôme James-Wade-Bosh ainsi que le titre NBA alors que le championnat n’avait même pas débuté. Il était forcément clair pour ces joyeux drilles que ces trois éléments, même en ayant jamais joué ensemble, allait remporter la victoire finale haut la main. Sur fond de musique rock et toujours dans l’esbroufe façon gangsta, LeBron James avait promis aux 13'000 fans présents de multiples titres pour les années à venir. Un nouvel exemple de toute la fierté nauséabonde et de l’excès de confiance propre au basketteur d’Akron.
Bien entendu, le trio allait tout de même faire une excellente saison régulière en dépit d’un départ un peu poussif. Au début des play-off, LeBron James affiche une moyenne de 26.7 points par match et on se dit alors que le Heat va réussir son pari dès la première saison. C’était sans compter sur une équipe qui présente des qualités autrement différentes que celle de Miami : les Dallas Mavericks. Mus par un collectif empreint de solidarité et emmené par un Allemand blond de passé 30 ans – crime suprême –, les Mavs infligent une leçon de basket aux individualités floridiennes. Histoire de mieux enfoncer le clou, les Texans remportent le dernier match de la série sur le parquet du Heat dans une atmosphère glaciale. Lors de cette série, LeBron James sombra complètement en ne réalisant que 17.8 points par match. Avec cette baisse de 8.9 points, l’Américain entre même dans les tabelles des records NBA comme le détenteur de la plus forte baisse du nombre de points par match entre la saison régulière et la finale. L’égo surdimensionné de «King James» a pris un sacré coup sur la cafetière, pour le plus grand bonheur des amoureux de ce sport prônant le respect et l’humilité comme valeurs fondamentales.
En cette année 2011, il était donc dit que LeBron James ne remporterait aucun titre après l’échec du Heat couplé à sa troisième place au «NBA Most Valuable Player». Heureusement, CartonRouge.ch est là pour réparer cette anomalie en signant de la pointe de sa plume un «P» qui veut dire :
S’il est sorti vainqueur de cette compétition, c’est essentiellement parce que l’Américain représente tout ce qu’il y a de plus détestable dans le sport professionnel américain : arrogance, culte de la personnalité, individualisme, superficialité et quête frénétique du profit entre autres. Le retour de manivelle est forcément cinglant – et particulièrement jouissif pour ses détracteurs – lorsqu’un athlète de ce genre, dénué de valeurs authentiques, se plante.
Classement final :
1. LeBron James : 155 votes – 24.6 %
2. Christian Prudhomme : 145 votes – 23.1 %
3. Christophe Ohrel : 120 votes – 19.1 %
4. Lionel Messi : 92 votes – 14.6 %
5. Carlos Tevez : 34 votes – 5.4 %
6. Alvaro Saborio : 29 votes – 4.6 %
7. Leonardo : 28 votes – 4.5 %
8. Roberto Luongo : 26 votes – 4.1 %
Nombre de votes: 629

Vos commentaires
Et je félicite CR pour avoir fait un article + que convenable sur un sport peu médiatisé par chez nous.
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- Rester à Cleveland, il aurait peut être gagner un titre à un moment ou à un autre mais les boss de son ex-équipe ne faisait pas grand chose pour l'entourer.. Shaq (vieillissant), Jamison (vieux aussi), Mo Williams (à l'ouest), etc.. Un titre ne se gagne pas seul.. Jamais personne n'a gagné seul.. Kobe avec Shaq (en forme), Kobe avec Gasol, Jordan avec Pippen puis Rodman, Nowitzki cette année avec un immense Terry, voilà pour des exemples récents. Si le GM des Cavs avait fait le nécessaire pour entourer James avec un grand joueur (et pas une vieille gloire), les choses n'auraient pas été les mêmes..
- Bulls, il aurait sans cesse été comparé à Michael Jordan mais je pense que ca aurait été le meilleur choix pour lui.. James-Rose t'es sur de voir des titres tomber..
- Knicks, ce choix aurait été immense pour devenir une grosse grosse star international. Le boss de NYC, des contrats de pub pour des centaines de million de $$$. Un challenge sportif immense, surtout que les Knicks aurait fait le nécessaire pour ajouter une autre star.. Depuis les Knicks ont pris Anthony, Stoudemire et Billups ce qui est pas mal du tout !
- Heat, possibilité de jouer avec des potes et d'écraser les autres équipe à moyen terme. Wade fait parti du TOP5 des meilleurs joueurs NBA et Bosh du TOP10. Le choix niveau sportif est difficilement défendable, il préfère jouer avec les meilleurs que contre eux (avec le risque de devenir le second de Wade).. Donc sportivement c'est un choix moyen.. Par contre on ne peut pas dire que c'est l'argent le choix ! Il a décidé de gagner moins pour pouvoir jouer à Miami.. Il aurait gagner bcp plus niveau salaire à Cleveland et plus aussi à NY sans parler des contrats pub !
Donc ok ce joueurs à un vrais problème d'égo etc.. Mais ne dites pas que son choix est dicté que par l'argent !
(désolé pour le pavé)
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C'est incontestablement, le plus détestable et détesté sinistre individu qui existe dans le monde du sport !
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Faux!
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La preuve en images:
http://www.youtube.com/watch?v=gvCwZnWjzJc&feature=topvideos_sports
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http://www.youtube.com/watch?v=Ekc9X23vivg&feature=player_embedded
La grande classe!
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Bienvenue sur Carton Rouge! =p
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Rien ne vaut un bon match de Bundesliga avec le grand BVB en prime!!!
Force et honneur :o)
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Ha, si Lebron était footballeur, on aurait jamais pensé à lui comme pigeon d'or pour son choix :)
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c'est à 13h45
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Ton BVB c'est de la merde en boite! Il ont un super public mais ca s'arrète là...
J'espère pour toi que ton scheisse BVB jouera pas contre le Barca actuel, parce qu ils se prendraient une tolée inoubliable!
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Mais en fait, nan.
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- Agaçant, irrespectueux, provocateur (liste non-exhaustive)
- Meneur d'hommes, charismatique, maitre tacticien (liste non-exhaustive)
Mais bordel, heureusement qu'il existe ! On se plaint des sportifs formatés, sans caractère, sans pli. On regrette McEnroe, Cantona, Connors, Rodman, Best, Nastase. Mais José est fou, il est comme ces types-là. Non, mais putain, aller mettre le doigt dans l'oeil de l'assistant (ou lui pincer l'oreille/la joue), faut avoir un gros grain ! La 1re vidéo, c'est à hurler de rire, on dirait du Buster Keaton !
Bref, José, des fois j'adore, des fois je déteste, mais impossible d'être indifférent.
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