mardi 13 mai 2008
par Nicolas Jayet
On avait dit, il n’y a pas si longtemps, que le fait de se retrouver dans la peau d’un meneur d’une équipe de Coupe Davis ne pouvait faire que du bien au jeune Vaudois et allait renforcer son mental. Le tournoi de Barcelone nous laissait supposer que nous avions raison, le Masters Series de Rome nous a permis d’en être sûrs : le Stan que nous attendions depuis longtemps a enfin pointé le bout de son nez. Certes, il a évité Nadal au troisième tour et la blessure de Roddick est venue à point nommé mais tout de même : mené deux fois d’une manche, il a trouvé les ressources pour s’imposer. Mieux que ça, il a fait trembler le meilleur joueur de cette saison 2008 en lui prenant un set en finale.
À Hambourg, Stan aura la lourde tâche de confirmer son exceptionnel parcours à Rome car si s’emparer d’une place dans le Top 10 est une chose, la garder en est une autre. Nombre sont les joueurs à n’y être passé que quelques semaines durant leur carrière... Après deux premiers tours où il ne devrait pas rencontrer de difficulté, Stan retrouvera probablement Davydenko en huitième de finale. S’il parvient à battre le Russe, une place en demi ne devrait pas être trop compliquée à accrocher. De toute façon, l’année passée à la même époque, il n’avait passé qu’un seul tour, à Roland Garros, avant sa finale de Stuttgart en juillet, autant dire que la marge de progression du Vaudois est encore grande.

Il est vrai que l’on s’attendait à ce qu’un Suisse perde avec les honneurs en finale, on s’était trompé de joueur mais également d’adversaire. Federer, bien qu’il ait marqué plus de points que l’année passée, peut avoir quelques regrets à nourrir après sa défaite face à l’ex de Martina. En effet, on attendait avec impatience les retrouvailles avec un Djoko pas «malade» (l’auteur vous renvoie d’ailleurs au magnifique post de Monseigneur Marc à ce sujet), il faudra encore patienter avant de voir le jeune Serbe se prendre la correction qu’il mérite. Nole n’a d’ailleurs eu besoin d’élever le niveau de son jeu qu’à deux reprises durant le tournoi, en finale et face à Andreev. Si l’on ajoute à cela deux victoires par abandon, cela nous donne une victoire à Rome sans trop de difficultés, il n’en sera probablement pas de même à Hambourg.
Voilà qui nous conduit au dernier point important à soulever à propos de ce Masters Series italien : les blessures. Pas moins de cinq victoires par abandon dont les deux demi-finales, on peut véritablement parler d’hécatombe. Bien qu’il n’ait pas abandonné, on pourrait également compter Nadal parmi eux. Pour les quelques-uns qui pensaient encore que la victoire de Ferrero était entièrement due à son talent, je les invite à trouver sur le net la vidéo montrant le pied de son adversaire : une bonne entaille de 3-4 cm sur 1 cm de large. Avec cela, même Rafa Hulk ne pouvait plus bouger, imaginez la douleur.
Ceci pose une nouvelle fois le problème de la cadence infernale du circuit ATP. Mais peut-on vraiment envisager voir un jour un programme plus léger ? La réalité économique est malheureusement ce qu’elle est : à l’heure où les primes augmentent vers des sommes mirobolantes, il est difficile d’imaginer une réduction du nombre des tournois majeurs. L’ATP se doit malgré tout d’imposer un calendrier logique et Nadal a raison : trois Masters Series en quatre semaines c’est trop (surtout pour lui qui ne gagne pratiquement que des tournois sur terre, me répondrez-vous). Si les dirigeants ont réussi à le faire avec la Coupe Davis, espérons qu’ils feront de même avec le reste du calendrier.
Vos commentaires
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Bonne soirée!
Nico
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