vendredi 10 juin 2011
par Loïc Servet
Pourtant, on sent l’homme quelque peu tendu. Il essaie de me sonder au travers de ma posture, mon positionnement vis-à-vis du club, de ses décisions.
«Loïc, ton site ne m’a pas épargné cette saison. T’as été dur !»
Surprenant comme réaction, surtout que votre serviteur est plutôt un Chris addict ! Mais arrêtons-nous un peu sur le façonnage de la phrase. Le Chris, je ne l’avais jamais vu en tête à tête. Et tout de suite, il utilise mon prénom pour nous rapprocher. Début de la séduction à la sauce Chris McSorley.
«Je t’explique, mon équipe est construite au travers de valeurs, de notes. Bref, des évaluations que je donne afin d’évaluer des prestations. Tu vois, Bezina, il a 7 ! (note maximum) C’est mon joueur de franchise.»
Chris, c’est une machine à rationaliser les prestations, les rebonds, le hockey. C’est le manager à la sauce américaine. Vous savez la sauce barbecue, celle qui quand vous la goutez la première fois est douce, sucrée et qui finit par un retour fort que vous prenez dans la gueule. Si vous avez compris cette phrase, vous comprendrez un bout du personnage Chris McSorley.

Les premières minutes passées, j’essaie de sortir ma verve, le pousser dans ses retranchements. Pourquoi avoir vendu Gobbi ? Tu vends une partie de l’âme du club ! On ne comprend pas cette façon de faire ! La réponse fuse…
«Sache un truc, et là, tu peux me citer : je ne ferais jamais un move pour affaiblir mon équipe. JAMAIS !»
Là, c’est le maitre qui donne la leçon au jeune rédacteur. Il n’est pas fou le Chris. Si Gobbi est loin, c’est que le boss a un plan bien au chaud sous son tapis. Rationnel, le bonhomme !
Oui, Chris, mais tu vas sûrement en prendre plein la tête ?! Ton plan a intérêt d’être bon…
«Je suis manager. Les fans pensent avec leur cœur et leur passion. Moi, je dois être capable de séparer les deux. Sinon, nous serions dans les ennuis. Tu verras la défense n’est pas encore bouclée ! J’ai une bonne surprise dans ma manche.»
J’essaie de fouiller plus profondément dans son argumentation pour comprendre le pourquoi du comment de cette séparation. Autant tirer les verres du nez à un agent de la CIA.
«Tu veux que je dise du mal de Gobbi ? Impossible, ce gars, il a construit un bout de l’histoire du GSHC. Mais comme je te l’ai dit avant, je dois gérer le budget et l’équipe. Pour le budget, c’est assez évident. Pour l’équipe ? Il est aussi venu le temps de faire place à une nouvelle génération. Vermeille, Berthon and cie ont besoin d’exister. Tu as vu le temps de jeu de Vukovic ? Le gars, il a fait une sacrée progression ! Rapide, agressif, impassable ! Eh, tu verras ! Mercier est affuté comme jamais ! A proprement parlé, c’est un trade à la sauce NHL. On me critique sur la forme mais tu verras qu’en Suisse, on va aussi commencer à fonctionner comme ça.»
Là où certains de mes confrères parlent de rupture violente, Chris, lui aborde la situation d’un autre angle. Il nous explique ci-dessus que non, la rupture n’est pas violente mais le couple a vécu. La relation n’avance plus. Chacun des partenaires profitera de nouveaux conjoints. J’hésite à rajouter que cette rupture amoureuse brise bon nombre de cœurs genevois mais de là à en faire une tragédie shakespearienne comme dans la Julie... Il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. Petite dédicace au tampon de ce même journal, qui est toujours aussi opportuniste et malveillant. A force de retourner sa veste, il faudra en faire : a) soit un meilleur karaté kid que le fils de Will Smith b) soit une éolienne jurassienne !
Et Lausanne, franchement, pourquoi diable es-tu allé sauver les pêcheurs ?…
«Petite histoire de la vie courante. La maison de ton voisin brûle. Qu’est-ce que tu fais ? Eh bien, tu vas l’aider à éteindre l’incendie, comme ça ton terrain ne se dévalorise pas.»
Mouais, je suis moyennement convaincu. Quand mon voisin est un vieux grognon imbu de sa maison alors qu’elle ne vaut réellement rien, et bien, je le laisse se débrouiller. Je me serais assis devant le feu d’artifice avec une bouteille de Calvinus, tout en faisant un rire diabolique pour accentuer le dramatisme de la scène ! C’est mon côté artiste démoniaque, sûrement ! Disons que l’argument financier ne me convint toujours pas.

Je reprends en lui disant que toutes les ventes de ses joueurs donnent l’image qu’il veut se tirer dans les recoins mal famés de Prilly ou du moins à une liquidation financière du club !
«Qui t’a fait penser à cette possibilité ? La presse ?!? Franchement, je n’ai jamais parlé de liquidation d’effectif et je ne le ferais pas. Bezina est là, par exemple, pour durer ! Dans le même sens, Stephan a été prolongé ! Tu vois, il est comme Markannen, c’est notre muraille…»
Je l’arrête tout de suite. Il est clairement meilleur que Jussi et c’est probablement le meilleur gardien suisse évoluant en Suisse. Je n’ai jamais compris pourquoi Dallas ne lui avait pas donné sa chance.
«Je suis d’accord avec toi. Il est impressionnant. Si tu savais où j’ai discuté avec lui au début… C’était dans une espèce de trou perdu de la AHL, au milieu d’une espèce de tempête de sable. Bref, une expédition dantesque.»
Dantesque, c’est l’adjectif parfait pour terminer une interview avec Chris McSorley.
Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch
Vos commentaires
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C'est la maîtresse qui t'as demandé une rédaction pour la rentrée?!
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ET???
T'as demandé à ta maman avant d'écrire un commentaire débile?
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Sinon, article sympa à lire qui sort totalement des sentiers plus que battus et rabattus du sensationnalisme des médias habituels.
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Alors ça s'acharne sur ses petits travers, les grossissants sans cesse, ça lance de la rumeur, ça fait les choux gras du Matin et autres torchons nauséabonds qui ne vivent que par le "journalisme" d'égouts. Mais la vérité, c'est qu'au delà du personnage profondément sympa au civil, il s'agit du meilleur manager que le pays ait vu dans ses patinoires.
J'ai parfois un peu honte de mes petits camarades Genevois supporters de hockey qui ne brillent pas toujours par leur connaissance de leur néo sport favori. Le départ de Deruns en feux sur une saison, moyen sur 10 autres, et qui paye un Simek et un Walsky en laissant encore un bénéfice juteux, la revente de Gobbi au prix fort, qui s'est retrouvé un peu miraculeusement international cet année (combien d'absents) et qui devrait laisser la place à un défenseur étranger bien meilleur et moins cher font couler beaucoup d'encre, parce qu'en Suisse on est pas encore bien habitué à autre chose que du management à la grand papa.
Mais la vérité c'est que à l'exception de 1-2 petites erreurs (comme le départ de Suri), MacSorley ne s'est jamais trompé et a fait d'un club de ligue B un solide candidat au titre de ligue A ces dernières années.
MacSorley il fait son G'nevois, il en a une grande et parfois il oublie de la fermer, mais si on creuse un peu c'est un mec super, et surtout le meilleur à son job. Le reste, ce n'est que littérature et rejet bileux venant des Lausannois aigris qui n'en peuvent plus de la ligue B, et des supporters de Gottéron frustrés et un peu jaloux de se faire piquer la vedette par le GSHC.
God Bless you Chris! <3
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Les nord-américains, il ne faut pas hésiter de les pousser dans leurs derniers retranchements pour avoir des vraies infos
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Ne désespères pas, si t'as envie de lires des horreurs soit infondées, soit largement exagérées sur le GSHC il te reste largement de quoi faire entre les forums Romands (LHC, Gotteron), Le Matin etc.
Le risque quand un club comme le GSHC construit tant en 10ans et est géré par un manager/entraineur de cette qualité c'est que de temps à autre, il risque d'y avoir un papier plutôt positif et/ou sympa. Tu vas pouvoir faire avec?
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Juste un peu court, on reste sur notre faim.
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Rien de concret dans cet article, Chris à fait du "public relation" et tout le monde trouve cet article fabuleux... Certains ont tout de même relevé le peu d'infos dispensées dans ce papier et je ne peux que les appuyer. Pour moi c'est du vent.
Autant certains torchons balancent de l'info à la noeud, autant là il n'y en a pas d'info!
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Surprenant, non?
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Et bien la plupart des joueurs ayant du quitté le club l'ont amèrement regretté. Demande à Thomas ou John par exemple.
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