mardi 7 décembre 2010
par Yves de St-Aÿ
Les réactions de consternation n’ont pas tardé à fleurir sur la toile. Qu’ils soient supporters d’Ajoie, de La Chaux-de-Fonds ou de Sierre, un monde s’effondre. Il était si passionnant de s’enthousiasmer pour savoir qui allait être le champion de la troisième moitié du mois de septembre de cette petite ligue. Pire encore, lorsqu’ils ont appris du haut-représentant américain à la diplomatie onusienne que «Paul Adey, l’entraîneur d’Ajoie, maîtriserait mieux la redoutable technique de la maille à l’envers que la stratégie sportive» ou que «Sheehan s’ennuie comme un calice au fond d’un tabernacle à La Chaux-de-Fonds».
Et pourtant, la semaine écoulée du point de vue lémanocentrique (le seul qui compte) ne laisse pas de place au doute. Une défaite anecdotique contre les 7èmes annoncés du championnat aux Mélèzes, une victoire par les poils contre les «superstars» de Langenthal à Malley et une apothéose avec une ô combien méritée baffe au bien-nommé Guettingersreuti ce dimanche, tout concorde avec les fuites savamment orchestrées par le site qui fait trembler la terre entière : la LNB est toute pourrie.
Il n’y a pas besoin de se tortiller du cul pour chier droit : la saison régulière ne présente pas le moindre intérêt. Savoir au bout de 50 journées de championnat qui aura l’avantage de la glace jusqu’à la série de promotion-relégation non comprise, c’est comme si toute la saison ATP n’avait qu’un seul but : déterminer qui de Nadal ou de Federer aura l’avantage de commencer à servir dans la finale du Masters.
Mais faisons quand même semblant de nous y intéresser même si, avant d’aller plus loin dans cet article, posez-vous la bonne question: «Est-ce qu’à l’heure actuelle, vous voyez une équipe battre le LHC sur une série de sept matches ?» Pour notre part, malgré Donati, Bays, Tremblay ou Hürlimann, on dit non. Mais on serait bien empruntés pour le prouver.

1. Le résumé hebdomadaire.
Une défaite en montagne, une petite victoire à Malley contre le futur-ex-autre-grand-favori-du-championnat et une expédition thurgovienne manquée. Le seul point positif dans l’affaire ? Lausanne a ajouté 33% de Lausannitude à son effectif en lançant un jeune du cru dans le grand bain. Puisqu’il fallait bien justifier le contrat qui lui a été accordé, Christophe Bays a connu son baptême du feu dans la grange alémanique.
2. Le fait saillant de la semaine.
Se rendre compte que Gianluca Mona est indispensable. On le savait, mais peut-être pas à ce point. Même quand Lausanne perd et en prend cinq, le portier tessinois est à créditer d’un bon match. C’est dire si ses coéquipiers étaient en-dessous de tout.
3. Le bon, la brute et le truand.
On est vraiment trop bêtes. Pourquoi, le dimanche, le LHC n’a-t-il pas enrôlé les onze derniers Genevois valides ? A règlement à la con, application à la con. Le bon aurait été Chris McSorley, la brute un peu tout le monde pour le gardien thurgovien et le truand le LHC qui aurait assuré trois points et la tête du classement. Oh pis non, attendons la réception d’Ajoie pour les renforts. Ce sera plus rigolo.
4. La rumeur à la con.
Des renforts de LNA arriveront d’ici le mois de décembre. Pendant ce temps-là, un centre est parti à l’échelon supérieur, tandis que le LHC a récupéré le contrat qu’il avait refusé de donner à Bernie Sigrist il y a un an et demi. Vous avez dit «management» et «vision à long terme» ?
5. Le geste de la semaine.
Parvenir à rentrer dans la civilisation depuis les Mélèzes un mardi soir sous 10 mètres de neige en moins de 24 heures. Certains ont réussi.
6. La déclaration de la semaine.
«C’est une aventure excitante, avec des hauts et peut-être quelques bas, mais nous sommes tous là pour transformer un rêve en réalité, alors LET’S DO IT !», de Marco Terribilini, nouveau membre du CA du LHC. Si jamais, pour les «quelques bas», c’est fait, hein.

7. L’anecdote.
En achetant le «PACK NOËL femme», vous obtiendrez, pour la modique somme de 58 francs, un t-shirt à longues manches, une tasse et un puck (qui a parlé de rondelle gratuite ?).
8. La minute Paul Magro.
Entendre Paul Magro s’exclamer «c’est mieux à Genève», ça n’a pas de prix. Pour tout le reste, il y a RenégatMasterCard.
9. La rétrospective de la prochaine semaine.
La défaite habituelle à Bâle pour faire plaisir à Gélinas, Plavsic, Emery, Weisskopf et Roy, avant la victoire de rigueur sur Ajoie devant 5845 spectateurs. Je me demande si, finalement, l’absence de James Desmarais ne va pas rendre ce match un peu trop insipide. Toutes proportions gardées, c’est une sorte de Todd Elik de la Ligue. On adore le détester.
Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch
Vos commentaires
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Vive le fair-play... non mais... franchement je me demande si l'hooligamisme littéraire ne débute pas ainsi.
Doter de prénoms féminins une partie des antagonistes pour se démontrer une pseudo virilité toute personnelle, affublée d'un duvet moelleux qui d'ordinaire orne certains primates.
Carton Rouge, de l'humour au dessous la ceinture, à raz les pâquerettes pour être plus précis.
Heureusement que le support n'est pas en papier, ce serait injurier mon séant que de me torcher avec.
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Ce commentaire ne commente pas cet article, il y a erreur. Il est dédié à Vincent Keller pour "la frustration mène à la violence". Veulliez corriger SVP.
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