lundi 8 décembre 2008
par Roby Steedman
Mes amis et moi on donne tout. Semaines après semaines, le motivomètre en mort cérébrale revient de nulle part, grappille des points et gravit des échelons, au fur et à mesure que le week-end s’approche. Aussi on se remet à émettre les hypothèses les plus folles, à spéculer sur un tournant du championnat. Un tournant dans le dernier bourrelet du ventre mou du classement, là où tous les regards cartonrougiens convergent quoi. De mon côté je m'imagine écrire un article, la fleur au fusil, heureux, reposé. Calme. Alors on échafaude un plan d’attaque chaque fois plus enthousiaste, chaque fois plus gourmand serais-je tenté de dire.
Cette fois l’objectif était d'accueillir les joueurs à leur arrivée en car, en dégustant une bourguignonne sur le parking du stade. Histoire de leur insuffler un peu de cette hargne qui les animait il y a une petite semaine. Et de la hargne à transmettre, j’en ai des camions moi, après m’être levé un dimanche matin pour rouler 3 heures à travers la Suisse, payer 31 balles pour une place debout et contempler mes bouteilles de pinot alors que... j'ai oublié mon tire-bouchon.
Oui je sais : je brode je brode. C’est que si vous comptez, même dans Le Matin ou L’Express ils en font pas tant que ça des lignes hein ces professionnels du compte-rendu sportif. Heureusement que Roby est là en fait, pour aider à comprendre un peu ce qui s’est passé, vous qui avez eu la bonne idée de rester au chaud à la maison, plutôt que de vous exiler en Principauté. Pour tout vous dire, il faut en fait bien peu de lignes pour relater ce que l’on a vu hier Rheintruc.
Une première mi-temps certes Xamaxienne, mais qui nous met déjà rapidement face au fait accompli. Malgré une formation très similaire, ce n’est pas aujourd’hui que Xamax va réussir à malmener son vis-à-vis comme il l’a fait face aux terribles Bâlois. Dans l’incapacité de créer le surnombre au milieu, les Rouge et Noirs tentent tant bien que mal d’écarter, là ou les rares espaces se trouvent. Mais Tosi n’est plus aussi aiguisé que dimanche dernier, et les percées se font rares. Rares mais pas inexistantes. Taljevic dont on sait désormais qu'il ne faut pas le faire s'échauffer en cours de match, est encore à la recherche de ses repères. Il galvaudera pathétiquement l’occasion du match en écrasant sa frappe à un contre un face au gardien.
Le groupe de supporters Xamaxiens est imperturbable comme d’hab et se rend donc bien compte que cela sent le scénario classique. Aussi classique qu’on bon vieux film prime-time de RTL9. Dans le genre « Panique Glaciale » ou « Cadeau Mortel », vous savez ce genre de films bon marchés ou le titre suffit à vous résumer toute l’intrigue. Panique glaciale pour illustrer les autres ratés de nos petits protégés, et cadeau mortel pour la tête en retrait de William Edjenguele à l'heure de jeu qui amène le but. Ah tiens, on m’informe dans l’oreillette que Will-E aurait affirmé à la presse avoir été ébloui par un projecteur au moment du geste. Pas mal… On s'étonne un peu moins que les résultats d’audience soient en dessous des espérances, pourtant bien modestes pour un scénario de cette épaisseur.
Enfin voilà, Xamax a sans doute voulu bien faire, mais est allé plus vite que la musique. Se cassant les dents dans les gestes les plus simples, dans les mouvements les plus élémentaires. Plus de jeu, plus de rythme. Et la musique, justement, le foot y ressemble un peu (c'est ma dernière comparaison foireuse, désolé). Car le plus dur pour les artistes, n’est pas de sortir un bon match. Le plus dur est de confirmer derrière avec un 2ème bon match à la suite. Il en va de même avec les albums de nos groupes préférés. Et autant vous dire que depuis l’excellent opus « Xamax-Bâle » on est tombé de bien haut. C'est toujours le même refrain...
Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch
Rheinpark. 1140 spectateurs.
Arbitre : M. Grossen.
But : 57e Ritzberger 1-0.
Vaduz : Sommer; Iten, Brezny (40e Reinmann), Dzombic, Cerrone; Ritzberger, Polverino, Bellon, Rivaldo (88e Mea Vitali); Gaspar; Fischer (71e Feizulahi). Entraîneur: Littbarski.
NE Xamax : Faivre; Gomes (78e Gomes), Furios, Hodzic, Edjenguele; Szlykowicz, Bah, Wüthrich (87e Nuzzolo), Tosi; Taljevic; Brown. Entraîneur: Clausen.
Notes : Vaduz joue sans Haman, Grossklaus, Senna, Wieczorek ni Wüthrich (blessés). NE Xamax sans Walthert, Ferro, Quennoz, Chihab, Sulaimani, Rossi, Coly (blessés), João Paulo ni Niçoise (pas convoqués).
Avertissements : 7e Dzombic, 20e Taljevic, 35e Brezny, 89e Furios
Coups de coin : 6-5 (2-1)
Vos commentaires
Désolé mes amis de la banlieue-est saint-galloise, mais Rivaldo à Vaduz, ça le fait autant que Degen je sais plus ou !
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Partir au match sans tire-bouchons, par ici à travers, ca te vaudrait le tarif que tu connais.
J'attends ta démission à 9h, lundi matin en-bas au bureau.
(hop Xamax, tout de meme, sauf le prochain w-end)
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@cc : j'assume l'entière responsabilité de ma boulette Edjenguelesque. Mais le sympathique voisinage du Rheinpark nous a dépanné. Bien plus efficace que les nombreux robocops qui sur leurs couteaux tronçonneuses n'avaient rien pour nous aider.
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