mercredi 3 décembre 2008
par Oscar Sörensen
Le sort a peut-être montré la voie à Neuchâtel Xamax. Privé de ses leaders naturels pour plusieurs semaines (Chihab, Rossi), la concurrence s'est instaurée de manière plus égale entre les joueurs. Clausen l'a bien compris. En lançant dans le bain Hodzic, Tosi et Taljevic, il a voulu mettre sous pression les titulaires habituels, cantonnés au banc (Besle, Nuzzolo et Brown).
La réponse espérée ne s'est pas fait attendre. Hodzic, grâce à son expérience a montré que, même face à des attaquants du calibre de Derdiyok, il avait du répondant. Le côté droit a été confié avec culot aux «gamins de talus», Gomes (20 ans) et Wüthrich (18 ans), qui ont rempli leur contrat. Sérieux et appliqués, ils ont su contenir les assauts de Safari et de Stocker. Le Brésilien Tosi, transparent en début de saison, a montré contre Bâle qu'il offrait une solution de rechange plus qu'intéressante sur le flanc gauche.
S'il fallait encore trouver un remplaçant au moteur «rouge et noir» qu'était Tariq Chihab, et bien c'est fait. Même si sa présence physique sur les coups de pieds arrêtés ne remplace pas celle du Marocian, gabarit oblige, Thierno Bah a repris le rôle de patron (et de capitaine), avec bonheur. Le milieu de terrain défensif formé à Genève a été intransigeant défensivement et a régulièrement distillé de bons ballons.
Quasi parfait dans son rôle de neuf et demi face aux Rhénans, Ifet Taljevic reste incontrôlable. Doué de qualités techniques au-dessus de la moyenne (il arrive jongler 1243 fois de plus que Furios, le record du Gaucho est de 8), l'artiste Taljevic pêche parfois dans l'effort, où il préfèrera chercher une faute en tombant plutôt que de s'arracher. D'autre part, ses passes trop molles risquent souvent de mettre un coéquipier en difficulté. Finalement, un certain égoïsme en phase de conclusion prétérite l'équipe en certaines occasions.
Malgré tout, face à Bâle, Taljevic a été à la base d'une majorité des actions dangereuses des Neuchâtelois. Son mental fait parfois craindre un ou deux pétages de plombs. Après une prise de bec avec Clausen, il avait d'ailleurs été rétrogradé avec les M21. S'il pouvait se souvenir qu'il est allemand et mettre dans son jeu la rigueur et l'intensité physique inhérentes à sa nationalité, l'équipe en profiterait et le club ne pourrait pas le retenir longtemps, tant il se bonifierait.
Les deux prochaines journées de championnat seront déterminantes pour le club du président Sylvio Bernasconi. En allant défier Vaduz puis Sion, Xamax a la possibilité de mettre de la distance avec le club de la Principauté et de rattraper les Valaisans, histoire de passer l'hiver au chaud.
Si la victoire face au champion était méritée, il ne faut pas occulter le fait que Neuchâtel a évolué à 11 contre 10 durant près d'une heure, que Bâle sortait d'une campagne européenne qui avait mis son moral au plus bas, et que Christian Gross, chahuté comme jamais par la presse de boulevard, comptait également quelques blessés de marque. L'exploit qui pourrait servir de déclic s'est produit dimanche, reste à Clausen à trouver la clé de la constance.
Maladière : 5800 spectateurs.
Arbitre : Nicole Pétignat.
Buts : 35e Taljevic (pen) 1-0. 67e Zanni (autogoal) 2-0.
Neuchâtel Xamax : Faivre; Gomes (71e Nuzzolo), Furios (69e Besle), Hodzic, Edjenguele; Wüthrich, Niasse, Bah, Tosi; Taljevic (86e Rak); Coly.
Bâle : Costanzo; Zanni, Abraham, Marque, Safari; Huggel; Carlitos (82e Perovic), Ergic, Eduardo (34e Stöckli), Stocker (61e Streller); Derdiyok.
Notes : Xamax sans Szlykowicz (suspendu), Quennoz, Ferro, Walthert, Chihab, Rossi ni Sulaimani (blessés). Bâle sans Frei (suspendu), Chipperfield, Gelabert, Hodel, Morganella ni Rubio (blessés). 33e expulsion de Costanzo (faute de dernier recours). 84e expulsion de Niasse (2e avertissement).
Cartons jaunes : 20e Niasse. 65e Hodzic. 70e Huggel. 76e Abraham. 77e Nuzzolo. 82e Coly.
Vos commentaires
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Quand on parle de la petitesse du championnat suisse, on à la un excellent exemple. On ne peut pas faire tourner une équipe dans l'élite avec aussi peu de spectateurs, à moins d'avoir un homme du pétrol comme président...
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Merci pour ton commentaire, c'est corrigé !
La rédac
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Que neni !!!
Berlusconi a admis sur Dimanche Sport à la tsr qu'il avait demandé à Clausen de changer certains joueurs ....
;-)
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A part ça, Bernasconi a complètement raté l'affaire en virant Zubi, certes il n'était pas excellent mais au moins il encaissait moins de but et avait de l'expérience.
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