jeudi 2 septembre 2010
par Gary Romain (texte) et Robert Johanson (dessin)
Après une première retraite, Armstrong avait des fourmis dans les jambes. A 37 ans, il se sentait toujours capable de gagner un Tour qu’il avait déjà empoché à sept reprises. Mais celui qui est né sous le patronyme de Lance Edward Gunderson a oublié un truc : maintenant, les contrôles sont presque à peu près crédibles et les années EPO sont désormais révolues.
Le patient du bon docteur Ferrari a pourtant tout tenté pour déstabiliser Alberto Contador, celui qu’il pensait être son meilleur rival. Mais même en lui pourrissant la vie en 2009 alors qu’il était son «coéquipier» chez Astana, il ne lui a jamais mené la vie dure sur le vélo. Car l’Espagnol est fait du bois des plus grands et les deux fois, il a gagné sans ciller.
En prime, et pour notre plus grand bonheur, l’Américain a été ridicule pour ses derniers tours de roue sur la Grande Boucle. Il pensait être plus fort que l’année précédente ? Et bien il a dû déchanter très rapidement. N’étant plus le patron du peloton, il s’est montré fébrile et a plus chuté en un Tour de France qu’au cours de toute sa carrière. Armstrong a fini le Tour dans l’anonymat du classement, à près de trois quarts d’heure de Contador et n’a jamais pesé sur la course.
Quel bonheur cela a été de le voir lâché dès les premiers lacets des grands cols alpins et pyrénéens... Celui qui toisait Jan Ullrich du regard avant de les distancer en rigolant dès les premières rampes de l’Alpe d’Huez n’était cette année qu’une attraction pour les caméras de France Télévisions, toutes heureuses de pouvoir saisir la détresse de celui qui martyrisait ses «adversaires» – pouvait-on vraiment parler d’adversaires dans de telles circonstances ? – d’une façon hallucinante, pour ne pas dire pire, dans le passé. Tous ses détracteurs ont pu jubiler et Dieu sait qu’ils sont nombreux.

Dès les premières étapes du Tour, Armstrong a su que 2010 ne serait pas une nouvelle fois «son» édition. Il pensait distancer une première fois Contador sur les pavés ? Il s’est retrouvé à la traîne après une chute. Ensuite, dès que la route a commencé à s’élever, le «Boss» à craqué à chaque fois. Pire, alors qu’il était déjà dans les tréfonds du classement, le détestable Texan a tenté un baroud d’honneur sous la forme d’une échappée au long cours, mais il a été battu par le Français Fédrigo.
L’équipe RadioShack était entièrement dévouée à sa cause et c’est ce qui a causé la perte de la nouvelle formation états-unienne formée juste pour lui. Alors qu’ils pouvaient ambitionner un podium, les Leipheimer et autres Klöden n’ont été que des lieutenants de luxe pour un général en perdition. Ils ont finalement échoué aux portes du top 10 : l’Américain a pris la 13ème place à 14’40, l’Allemand la 14ème à 16’36. Et s’ils n’avaient pas eu besoin de se mettre à la planche pour Armstrong ?
Attaqué de toutes parts – après la presse française, ce sont ses anciens coéquipiers qui l’ont «balancé» pour incitation au dopage et tricherie à grande échelle –, celui qui avait payé 100’000 dollars de sa poche l’UCI pour acheter une machine à analyser le sang est dans la tourmente. Son retour a finalement été un beau fiasco, même si tout cela était surtout téléguidé par l’objectif de promouvoir sa fondation «Livestrong»...
A l’instar de la majorité des suiveurs du cyclisme, le palmarès de Lance Armstrong nous plonge davantage dans l’incrédulité que dans l’admiration. Le septuple vainqueur de la Grande Boucle a certainement triché mais peut-être ne le saura-t-on jamais. Reste qu’il ne fera jamais partie des grandes légendes du sport, des champions adulés et respectés. Armstrong est au pire un infect tricheur, au mieux le…
Le Texan perpétue ainsi la tradition dans les finales du Pigeon d’Or. Mis à part l’an dernier, il y a toujours eu un représentant du sport le plus gangrené par le dopage et les sales affaires. Floyd Landis en 2006, Alexandre Vinokourov en 2007, Riccardo Ricco en 2008 et désormais Lance Armstrong en 2010 : quelle belle brochette de têtes à claques. Son ex-coéquipier Landis avait décroché le Graal en 2006, Lance Edward Gunderson – de son vrai nom – fera-t-il aussi bien en fin d’année ? Avec une petite piquouse, c’est largement dans ses cordes.
Pigeon d’Or de l’été – classement final :
1. Lance Armstrong : 173 votes – 36.9 %
2. Michael Schumacher : 92 votes – 19.6 %
3. Carlos Varela : 76 votes – 16.2 %
4. Mamadou Niang : 70 votes – 14.9 %
5. Emile Mpenza :58 votes – 12.4 %
Nombre de votes : 469

Vos commentaires
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Je ne prétends pas qu'il ne s'est jamais dopé à une époque où tout le peloton était dopé. (Au final aucun avantage pour qui que ce soit).
Lisez une fois son livre et vous comprendrez.
Venir dire qu'un gars qui a gagné 7 fois le tour n'est pas une légende du sport est tout simplement petit... très petit...
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Et puis cessez de faire vos vierges effarouchées par rapport au dopage, des types qui se sont dopés, y'en a eu des tonnes, ça n'a pas empêché le public et les médias de se palucher sur eux... Que vous n'aimiez pas le type est une chose, mais un minimum de respect s'impose, je crois, surtout quand on a gagné 7 tours de France.
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