mardi 26 mai 2009
par Arnaud Antonin
Une faille du règlement ? Une volonté de se distinguer de tous les autres pays du monde ? Un oubli ? Peu importent les raisons qui ont amené à départager les deux co-leaders du championnat lors d’une finale aller-retour. Amusant quand même de constater qu’avec une meilleure différence de buts au terme des 34 journées du championnat régulier, le club bruxellois d’Anderlecht aurait été sacré champion national partout ailleurs.
Oui mais voilà, en Belgique, on ne sait rien faire comme les autres… Et, très franchement, ces manches finales avaient le mérite de permettre une arrivée au sprint (mais sans vélo), d’assister à deux nouveaux affrontements entre deux clubs rivaux depuis toujours. En plus, cette méthode permettait de sacrer le club qui prendrait directement le meilleur sur son concurrent, celui qui serait le vrai champion de Belgique.
Jeune gardien remplaçant du KRC Genk et illustre inconnu en début de saison, Sinan Bolat (20 ans) était transféré au Standard de Liège durant le mercato hivernal. Après quelques mois pour se mettre dans le bain, le Belgo-Turc s’est vu confier les clés du coffre-fort liégeois à deux mois du terme du championnat, alors que son équipe avait tout à perdre. Une telle marque de confiance à de jeunes joueurs, soit-dit en passant, devrait faire réfléchir quelques dirigeants, en Val... euh, en Suisse, mais aussi partout en Europe.
Or, le jeune portier a su saisir cette chance et mieux, faire gagner le Standard. Rendez-vous compte : il n’a encaissé que 2 buts (dont un auto-goal) lors des 8 dernières journées du championnat. Mais, surtout, il a sorti le pénalty qui allait faire gagner le titre à son club à la… 92ème minute de l’ultime match, alors que le score était de 1-0 pour ses couleurs… Un miracle, un vrai, comme il n’en arrive qu’aux équipes pour qui il est écrit – comme Sion en finale de Coupe suisse – : «Tu triompheras quoiqu’il arrive».
Un miracle surtout, qui allait permettre aux Rouches de défier Anderlecht dans la finale, mode aller-retour. Un exploit qui rend une équipe moralement invincible au meilleur moment, et qui donne un coup de massue énorme aux futurs adversaires, qui étaient déjà en train de sabrer le champagne à ce moment-là…
Vu l’enjeu de cette double confrontation, on comprendra aisément que le football est passé à la trappe. En effet, tant à l’aller qu’au retour, des millions de Belges tendus comme des crampes ont assisté à un affrontement physique et tactique. Beaucoup d’entre eux ont frôlé l’infarctus dès la 2ème minute du match aller, quand Dalmat (Standard), seul devant le but vide, ajustait… le poteau. Puis il y eut un deuxième poteau pour les Liégeois, avant qu’Anderlecht, via Legear, n’ouvre la marque… Joie intense pour les Mauves, mais joie de courte durée, puisque l’inévitable Mbokani, ancien Anderlechtois – ironie du s(p)ort - égalisait quelques minutes plus tard. 1-1, fin du match aller, et la quasi-certitude que le Standard – invincible à domicile – serait champion.
Certitude confirmée dimanche soir au terme d’un match qui tenait plus de la lutte gréco-romaine par équipes que du football, dans un chaudron en ébullition, qui a vu pleuvoir bières et cartons jaunes. Un but, un seul, inscrit sur pénalty par Witsel – meilleur joueur du championnat – aura permis aux Rouches de remporter leur 2ème titre consécutif et, du même coup, de se qualifier directement pour les phases de groupes de la Champions League 2009-10.
Un dénouement que n’aurait d’ailleurs jamais permis la prise en compte du goal-average. Alors, merci, amis de la fédération belge, de ne jamais réussir à penser à tout !
Vos commentaires
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Alfred Hitchkock n'aurait pas osé écrire ce scénario incroyable...
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Avantage collatéral: en accédant directement aux poules de la ligue des champions, le Standard va pouvoir combler quelque peu l'écart budgétaire qui le sépare de son éternel et richissime - à l'échelon belge - rival.
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