lundi 30 juin 2008
par Psyko Franco
Enfin ! Comment entamer autrement cet article que par cet adverbe présent sur toutes les lèvres au coup de sifflet final ? L'Espagne, cette éternelle favorite battue, humiliée, cette éternelle promesse bafouée, cette éternelle déception, l'Espagne, donc, est redevenue reine du continent. Une longue, bien trop longue attente pour une équipe si talentueuse, quelles que fussent les générations qui la composèrent. Une attente interminable, depuis ce soir de 1964 où le capitaine Amaro Amancio leva le trophée. Le seul de l'histoire de la Selección.
A cette époque, rendez-vous compte, l'Espagne était encore sous la dictature de Franco. Dimanche, à Vienne, c'est dans les bras du roi Juan Carlos qu'Iker Casillas s'effondra de bonheur. Iker Casillas, ce gardien hors du commun. Cet homme qui, alors que sa formation - la plus petite et la plus légère des 16 qualifiées - craignait le jeu aérien des Allemands notamment sur balles arrêtées, imposa sa loi dans sa surface par ses sorties assurées et apaisantes.
Déjà vainqueur presque à lui tout seul du tiers des points en Liga du Real Madrid depuis 5 ans, le gamin de la capitale fit définitivement son entrée dans le panthéon du football planétaire. Une trajectoire qui débuta le 12 septembre 1999 à San Mames, contre l'Athletic Bilbao (2-2). Une carrière qui n'est, loin s'en faut, pas encore arrivée à son terme.
Ni d'ailleurs celle de Fernando Torres, le buteur providentiel, dont la montée en puissance après un premier quart d'heure laborieux fut le véritable détonateur du jeu ibérique, toujours orchestré par les indescriptibles Xavi, Fabregas et Iniesta. Je me réjouis au passage de l'excellent Euro de ce dernier, trop peu connu jusque-là hors de ses frontières malgré son rayonnement hallucinant, son sens de la passe et sa vision de jeu difficilement égalable.

Un sacre totalement mérité
Oui, l'Espagne est championne d'Europe. C'est bon de le répéter. Plus aucune équipe, depuis la France de Platini en 1984, n'avait conquis la couronne en s'étant imposée lors de tous ses matches de groupe. L'Espagne est championne d'Europe, et elle n'a rien volé. Bien au contraire. Sans quelques imprécisions, sans une certaine maladresse devant le but de Lehmann, la Roja aurait triomphé avec un écart bien plus important. Mais peu importe.
L'Espagne, lauréate de la Russie, de la Grèce, de la Suède, de l'Italie aux tirs au buts puis encore une fois de la Russie et enfin de l'Allemagne, est championne d'Europe. L'Espagne du grand-père acariâtre, celle du taureau Puyol, du rugueux Marchena, du polyvalent Sergio Ramos, du sérieux Capdevila, de l'inusable et infatigable Senna, des futurs très grands Villa et Güiza, du discret mais efficace Silva, des remplaçants de luxe Cazorla, Reina et Xabi Alonso.
L'Espagne est championne d'Europe. Juan Carlos ne s'endormit cette fois-ci pas, comme cela lui eut déjà arrivé par le passé. Comment le pouvait-il dans cette belle ambiance du Ernst-Happel ? Comment quitter des yeux la marée rouge, certes moins imposante en nombre que la blanche allemande, mais au moins aussi fervente (pour une fois...) ?
Je me souvins, à la fin du match, de ma rencontre avec Michel Platini. Il m'expliqua qu'au jour de sa prise de fonction à la tête de l'UEFA, il avait rallié Nyon de Paris à 70 km/h sur l'autoroute. «Je voulais prendre mon temps. Profiter de l'instant présent.» Un conseil qui n'échappa pas à Casillas. Le portier du Real Madrid ne se précipita pas pour lever la Coupe. Il respira un grand coup. Puis un autre. Et encore un autre. Mon ventre était tout noué. Mes yeux sont prêts à pleurer. Une boule dans la gorge, puis quelques sanglots spasmodiques. Michel Platini s'avance sur la scène. Il traîne avec lui Casillas dans son sillage. Le temps paraît suspendu. Il lui remet le trophée. Casillas se retourne, perché sur son estrade, comme pour se rapprocher des dieux. Il hurle, il tend les bras.
Après tout, il est champion d'Europe. Après tout, l'Espagne est championne d'Europe. Oui, championne d'Europe. Vous verrez, vous vous y ferez. Une question d'habitude. Une question de mémoire aussi. Souvenez-vous des deux claques infligées à la Russie, de la maîtrise contre la Suède, de la facilité contre la Grèce, de l'exploit d'avoir sorti l'Italie championne du monde. Souvenez-vous aussi longtemps de ce milieu de terrain qui a fait étalage, c'est une certitude, de sa classe et de sa maestria. Il suffisait de contrôler et de priver de ballon le milieu des Ibères, diront certains. Une tâche toute aussi compliquée que de contrôler le lift de Nadal à Roland Garros.

Torres a enrhumé Lahm
Merci donc à l'Espagne, pour avoir rappelé au monde entier que l'espoir n'est jamais vain. Merci aussi pour son jeu, pour ses mouvements sans ballon, pour son engagement, ses tripes. Merci d'avoir offert au ballon rond une équipe sacrée en produisant du jeu. Merci aussi d'avoir permis à la logique, pas souvent invitée dans les grands tournois, de triompher.
Car tu étais nettement supérieure à cette Allemagne-là. Cette Allemagne qui n'a finalement réalisé qu'une seule performance digne de son rang au cours de cet Euro, en quart contre le Portugal. Et merci aussi à l'Espagne de s'être imposée, coupant l'herbe sous le pied à tous ceux qui, en manquant d'idées et de culture, n'auraient pas manqué de citer la phrase de Lineker en cas de victoire allemande.
Ernst-Happel Stadion, Vienne. 51’428 spectateurs (guichets fermés).
Arbitre : Rosetti (It).
But : 33e Torres 0-1.
Allemagne : Lehmann; Friedrich, Mertesacker, Metzelder, Lahm (46e Jansen); Frings, Hitzlsperger (58e Kuranyi); Schweinsteiger, Ballack, Podolski; Klose (79e Gomez).
Espagne : Casillas; Sergio Ramos, Puyol, Marchena, Capdevila; Senna; Iniesta, Xavi, Fabregas (63e Xabi Alonso), Silva (66e Cazorla); Torres (78e Güiza).
Notes : 23e tête de Torres sur le poteau. 68e Frings sauve sur sa ligne un tir d'Iniesta.
Cartons jaunes : 43e Ballack. 43e Casillas. 74e Torres. 88e Kuranyi.
Vos commentaires
roooooooooo j rigole!
felicitations a eux!
et vive les espagnolEs!
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Dans le jeu pour lui et une précision hallucinante de ses assistants sur les hors-jeu. Du travail d\orfèvre.
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Et surtout superbe parcours de l\Espagne. On en a rêvé, ils l\ont fait!
Quel Euro! Quels beaux champions! Un sans faute et ce en produisant du beau jeu, avec de l\engagment, de l\intensité lors de tous les matchs: une machine à faire rêver! L\Espagne a tutoyé la perfection lors de cet Euro 2008 dont on se souviendra comme une compétition qui se joue à 16 et où l\Espagne gagne toujours à la fin...
On peut être fier de notre séléction. C\était de la folie sur la Plaza Colon hier soir pendant et après le match. Et la fête dura toute la nuit, dans chaque recoin de la capitale.
Ce soir, les joueurs arrivent à Madrid avec la Coupe et ils seront reçus comme il se doit! Une autre fête, une autre nuit blanche.
Vivement 2010 car cette équipe est encore jeune et nul doute qu\elle a encore de beaux jours devant elle.
Bravo aussi à toute l\équipe de Cartonrouge pour votre excellente couverture de l\Euro! On a rit, on a polémiqué, on a pronostiqué (@rédac: j\attends de connaître le prix!!)...
La crevette vous aura certainement agacé mais l\Espagne, elle, vous aura épaté.
VIVE LE FOOT, VIVE CARTON ROUGE ET VIVA ESPAÑA!!!
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Et bravo à GR(Gary Romain?) pour avoir souligné la performance remarquable du trio arbitral italien de cette finale, on a assez assassiné injustement les arbitres pendant cet Euro !
On a vécu un superbe Euro, quelques grands matches : ALL-POR, ALL-TUR, ESP-RUS, HOL-ITA, HOL-RUS... et plusieurs buts d\anthologie ! On en redemande.
Et on a même quelque espoir pour le futur de la Nati qui dès demain 1er juillet aura un COACH, bienvenue Ottmar !
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L\Espagne gagne un deuxième championnat d\Europe 44 ans après le premier.
L\Italie gagne sa troisième coupe du Monde 44 ans après la première.
La France remporte l\Euro 1984 44 ans après la débâcle contre les Allemands et la Blitzkrieg.
Conclusion inévitable: l\Angleterre va gagner la prochaine Coupe du Monde, tranquille. 44 ans après la précédente
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Plus que pas convaincus par leurs prestations contre l\Italie et la Russie, où ils ont été autant responsables que leurs adversaires de la piètre qualité du match, la fessée donnée hier aux Allemands (qui aurait pu se solder par un 4 à 0) me convainc à 200%, bravo donc !
Il serait dommage d\entâché ce bel article et cette belle page de Carton Rouge par une polémique sur l\arbitrage, mais Rosetti est une grosse m.., un incompétent notoire, un manifeste à lui tout seul contre les arbitres...
Il a étalé hier toute sa médirocrité heureusement par petites touches, heureusement sans changer l\issue du match (tellement inchangeable en fait...).
voilà donc...
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www.ubs.com/1/f/ubs_ch/wealth_management_switzerland/euro.html
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Je ne crois pas a tes pronostics Nostradamus, que dire de la suisse qui aurait dû atteindre les quarts à la CM de 98...oses-tu pronostiquer une victoire italienne à l\Euro 2012 (bon, là c\est jouable) et surtout de la Grèce en 2048 !? moi je continue de croire au Guatemala pour 2010...
ah j\oubliais: les espagnols aussi peuvent dire un Grand Merci à Köbi de ne pas avoir fait gagner le titre à la nati (les pauvres espagnoles auraient été terrorisés à l\idée de l\affronter) :)
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Comment c\est possible 7 victoires en 6 matches?
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Fantastique parcours de L\Espagne qui a merité son titre. Elle est plus forte en 4-5-1 sans Villa, mais avec un milieu exceptionnel et F.Torrès extraordinaire pendant une heure. S Ramos, Senna et Iniesta les meilleurs et je vote Casillas pour le ballon d\or!
J\adore Ballack,c\est le Federer du foot question classe, mais il m\a bien déçu pendant cet euro au niveau du comportement. Bravo aux Pays-bas et aux Russes pour le spectacle.
Et nos \"petits suisses\", pour eux je pense que cet euro est arrivé 2 ans trop vite. Mais bon avec Hitzfeld et une super génération tout de même, on deviendra de plus en plus fort. Ma compo pour le futur:
Benaglio
Behrami-Djourou-Senderos-Magnin
Barnetta-Inler-Gelson-Margairaz
Derdiok-Frei
Et vivement le début des éliminatoires de la coupe du monde!!! Merci Mr Karembeu de nous avoir tirer un groupe \"jouable\" et Hop Suisse !!!
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Psycko, bon article, mais juste une remarque :\"L\exploit\" ce n\est pas gagner aux tirs aux buts...! :o)
RDV en 2010, ce ne sera pas facile de défendre notre tire, mais la Squadra le fera avec ferveur et ténacité, telle qu\on la connait et on l\aime ou la déteste... :o)
A+
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Il ne me reste plus qu\à partir en vacances sur les plages allemandes de Majorque m\empiffrer de weissbier et de currywurst pour oublier tout ça
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vu et c\est palop si jamais...
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Je crois que tu as dû fortement apprécier le new Waterloo :o) Vive l\Espagne !!!
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