lundi 18 janvier 2010
par Gary Romain
Les patinoires étaient pleines, les footeux européens ont quasiment tous repris le chemin des terrains, mais il y avait d'autres choses à suivre ce week-end en Suisse. La traditionnelle descente de Wengen et des épreuves de Coupe du monde de snowboard en Valais. Puisqu'avant de dire qu'on n'aime pas quelque chose il faut au moins y avoir goûté, CartonRouge.ch a donc chaussé ses plus belles moon-boots pour vous faire vivre un week-end dans l'enfer blanc.
Tout commence dans une télécabine de Veysonnaz. Dans la station valaisanne, se déroule le boarder... ah non, on n'a plus le droit de l'appeler comme ça. Dans la station valaisanne, se déroule donc le snowboardcross. Une épreuve marrante, où des illuminés sur des planches se tirent la bourre sur près d'un kilomètre, entre virages inclinés, sauts géants et bosses de chameaux.

Dans l'aire d'arrivée, aux côtés des douze autres spectateurs présents – les autres se saoulaient tranquillement sous le tipi de Neuchâtel Xamax –, vous avez l'immense chance de ne rien voir et surtout de manquer la chute spectaculaire d'un Polonais dont le nom m'échappe. Outre deux Suisses en lice – un a gueulé «Olympia Quali» et l'autre «Schisstreck» – et trois filles qui se sont disputées la petite finale, je n'ai strictement rien compris à ce qu'il se passait.
Au final, que retenir d'une épreuve de machincross ? Que j'ai perdu au moins deux litres en remontant la piste à pied pour voir cette connerie, que les écrans géants n'ont toujours pas franchi la frontière du Valais, que la Rega est performante et qu'heureusement qu'y a des sports de niche comme ça pour qu'on fasse des médailles aux Jeux Olympiques. D'ailleurs, cela ouvre une autre réflexion sur le sujet...
Quel(s) sport(s) notre pays va bien pouvoir inventer au cours des trente prochaines années pour remporter toujours autant de breloques aux JO d'hiver 2042 au Caire ? Après un rapide sondage avec mes collègues alémaniques, trois disciplines tenaient la corde : le bobsleigh acrobatique (tenter le backflip, ça doit être marrant), le biathloncross (éliminer ses adversaires avec une 22 long rifle, ça doit être poilant) et le snowboard d'orientation.
Le lendemain, c'est le terrible Lauberhorn qui se dresse devant nous. J'étais enthousiaste, vous ne pouvez même pas imaginer comment. Une sorte de rêve de gosse allait se réaliser. Même un but de Marc Hottiger à côté, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre, c'est dire ! Alors nous avons pris dès vendredi soir le chemin du fin fond du canton de Berne, afin de s'imprégner au mieux de cette ambiance si... comment dire... spéciale. Quand on se moque gentiment des supporters de hockey moyens en Suisse allemande et bien on reste très loin de ce qui peut exister du côté du ski alpin. Même les rares Romands présents sont immédiatement transformés en schwytzerdutschophiles.
La fête de la Suissitude peut donc battre son plein. Un nationalisme exacerbé absolument hallucinant et, très franchement, qui m'a dérangé. J'ai trouvé ça presque malsain, surtout quand certains se sont mis à chanter des trucs sur des minarets... Des croix blanches de partout, de l'allemand sorti directement d'une gravière et un alcoolisme généralisé et toléré sur l'autel du «sport». J'ai souvent écumé l'autre côté de la Sarine, mais là, ça allait vraiment chercher loin.

Je ne vous passe non plus pas les détails sur l'organisation incroyablement pitoyable des transports publics... Mais quand on doit faire le pied de grue pendant près de deux heures à la gare de Lauterbrunnen et qu'on arrive sur place pour le dossard numéro 13 terminer son pensum, c'est embêtant. Pour le retour, il a bien fallu 1h45 pour rejoindre notre hôtel, non sans s'être fait insulter comme du poisson pourri par un vieux con réactionnaire. «Fous zêtes fraiment tous fous, fous les Romands». Ambiance...
Finalement, le bilan de ce week-end est globalement décevant. Pour aller voir des sports d'hiver, il faut marcher, il fait froid, la neige ça casse les couilles, on a toujours pas compris comment on peut appeler «Coupe du monde» un truc qui concerne trois pays alpins et demi, sur place on voit rien, y'a des Suisses allemands partout, si c'est pour avoir la même musique populaire que dans les patinoires super, on n'a toujours pas compris la moitié des expressions utilisées par les snowboardeurs, la gueule de bois est plus intense en altitude, les Suisses allemands, les prix en station sont hallucinants... Bref, que des bonnes raisons de rester dans son canapé et de regarder la télé.
Heureusement, un certain Carlo Janka a sauvé le week-end.
Vos commentaires
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Un peu etonne de voire le commentaire sur les chants anti-minarets aussi, sur un site qui passe son temps a atiser des polemiques a deux balles sur l'inclusion de la Turquie dans la zone UEFA et le refus d'inclure ces clubs dans les listes annuelles...M'enfin, tant mieux si ca derange Gary, sur ce point la je ne peux que le feliciter.
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Cela dit mon cher Gary, je ne reconnais pas vraiment l'ambiance au pied de la célèbre Nordwand de l'Eiger que j'avais connue l'an passé dans ton article. Peut-être que les restes de gueule de bois au mauvais fendant t'ont fait passer à côté de ce moment sympa.
Cordialement
ES
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Pourtant j'ai même lu (enfin, aperçu) des papiers sur le Servette sur Carton Rouge. J'en déduis que Servette est un "gros club de tradition". Et j'espère que le vol du malheureux qui s'est coltiné le déplacement à la Praille a été agréable.
Pour en revenir à l'article, je me suis marré comme rarement sur Carton Rouge. Bravo!
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Et pourtant, Janka fait parti de ces Suisses alémaniques que Monsieur Romain semble tant détester. Se dire dérangé par le nationalisme exacerbé et en même temps prôner un régionalisme extrême en crachant son mépris pour nos compatriotes vivant à quelques km de nous... c'est difficile d'être moins cohérent.
Je suis conscient que c'est supposé être de l'humour mais c'est à mon sens totalement raté... et stupide.
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Bisous
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moi non....
forza milan !
bisous à toute la rédaction !
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Arrêtez d'utiliser Windows !!!
Cela dit, bisous quand même
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Perso, je me demande s'ils veulent vraiment faire la promo du snowboard. Je crois bien que les étapes de la FIS sont vraiment bricolées avec des bouts de cartons, d'où l'absence de promo et d'écrans géants...
La vraie "fédération" de snowboard c'est plutot le TTR, mais là y'a pas de boardercross... Mais les events sont un peu mieux organisés.
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Perso j'ai trouvé cet article bien poilant.
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Après on aime...ou pas!
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