mardi 23 février 2010
par Mathieu Nicolet
Un bon dernier du tour préliminaire qui peut théoriquement toujours remporter l’or olympique, quatre huitièmes de finale qui voient s’affronter entre eux les derniers, les troisièmes et les deux plus mauvais deuxièmes sur un mode à peu près aussi clair que l’eau de la Seine… Ce qui est certain, c’est qu’ils ont dû en avoir de la bonne. De la qualité premium même. Je peux bien aller me faire brosser, moi et ma filière péruvienne toute pourrie qui me fournit un matériel coupé avec je ne sais quelle saloperie.
Après les phases de poules, tout est donc dit. C’est vraiment trop bête, mais nous aurons la finale «que tout le monde attendait» entre le Canada et Russie en quarts – bien entendu en partant du principe que les Canadiens ne vont pas réaliser un troisième fiasco de suite. Cela dit, il faut avouer que ça serait très drôle. De plus, voir les Canadiens se faire botter les fesses chez eux me procure toujours une délicieuse joie.

La traditionnelle arrogance canadienne couplée à une certaine dose de suffisance permet souvent au petit poucet de créer la surprise. D’un côté pédagogique, les autoproclamés rois du hockey semblent au moins avoir imprimé le fait que la Suisse est un pays qui existe ; c’est toujours ça. La sélection de Wayne Gretzky avait déjà fait jaser quatre ans plus tôt à Turin, avec un ridicule résultat à la clé (septième). Cette année, il n’y a pourtant rien à redire puisque les meilleurs sont là. Alors, la faute à cette géniale formule concoctée spécialement pour ces JO ? Pas vraiment ; si les prétendues grandes nations du hockey avaient livré la marchandise dès le début, elles n’en seraient certainement pas là.
Alignant les couacs avec une belle régularité depuis maintenant trois ans, les amateurs se sont notamment rendus compte que des gars comme Jágr ou Zidlický daignent se bouger le cul que lorsqu’il s’agit d’un grand rendez-vous et qu’ils peuvent se mettre en vitrine. Malheureusement, Vladimír Růzička – titré à Nagano comme joueur – n’a pas eu les couilles de rajeunir le cadre de son équipe qui recherche aussi un gardien un tant soit peu crédible depuis la retraite internationale du Dominator. Le gros problème des talentueux Krejčí et Fleischmann : faire partie de la même génération que Crosby, Ovechkin et Malkin. Mais comme on préfère faire les fonds d’EMS en Tchéquie et miser sur les individualités plutôt que sur le collectif, le débat n’est pas (encore) d’actualité. Aucun rassemblement massif n’est donc à prévoir sur la Staroměstské náměstí de Prague.
Et si c’était les Jeux des États-Unis ? Leur bonne tenue jusqu’à présent n’est pas une surprise, mais la baffe qu’ils ont infligé aux Canucks témoignent du potentiel du pays de l’Oncle Sam alors qu’ils possèdent des moyens bien plus limités que certains autres favoris. Ryan Miller est juste énorme au but, tandis que la nouvelle génération dorée représentée par Patrick Kane et Bobby Ryan se greffe parfaitement à l’ossature composée de vétérans. Profitant d’un éternel et enviable rôle d’outsider, les Américains joueront assurément la gagne. Le risque d’un saccage complet de leur lieu de séjour semble donc écarté.

Côté Suédois, c’est souvent pareil. On flingue Bengt-Åke Gustafsson avant même le début d’une compétition internationale majeure, et on finit par lui sucer la bite car il ramène presque à chaque fois une médaille au pays. Les Krisprolls ont une voie royale pour glaner une nouvelle breloque. N’oublions pas non plus que la Suède est la nation qui a obtenu globalement les meilleurs résultats ces vingt dernières années. Quant aux viennent-ensuite, la Slovaquie, la Lettonie et la Biélorussie, pouvant pourtant bien mettre un malin bazar dans la hiérarchie mondiale, ils ne semblent pas être en mesure d’obtenir autre chose d’un simple accessit.
Le podium que tout le monde voyait gros comme une maison n’aura donc pas lieu. Qui créera donc la surprise en ayant l’outrecuidance de devancer certains favoris qui rentreront au pays sous les quolibets ?
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