jeudi 22 avril 2010
par Arnaud Antonin
Pourtant, sa nomination en octobre 2009 à la tête de l’équipe nationale belge pour retaper des Diables Rouges comateux depuis 8 ans (et en état de mort clinique depuis les passages de Vandereycken et Vercauteren) avait enchanté bon nombre de suiveurs du foot du plat pays. D’abord, cet investissement onéreux de la Fédération traduisait un désir de renouveau et témoignait enfin d’une confiance accordée aux footballeurs talentueux de la jeune équipe belge.
Ensuite, Dick Advocaat était présenté comme un sorcier, prêt à accomplir tous les miracles pour reformer une équipe capable de faire oublier les défaites amères en Arménie ou contre la Bosnie, ce qui n’est évidemment pas chose aisée. Enfin, sa volonté de redistribuer les cartes et de nettoyer le vestiaire ont eu raison du controversé keeper de la sélection Stijn Stijnen. Tout commençait donc à merveille pour les Diables new look.

C’est alors que le grassement payé sélectionneur est approché par l’AZ Alkmaar, qui vient de débarquer Ronald Koeman de son banc. Sans se soucier le moins du monde de ses engagements vis-à-vis de la fédération, Dickie demande à pouvoir cumuler les deux postes. Après tout, il s’agit d’une longue période sans matchs importants pour les équipes nationales qui ne se rendent pas au Mondial. Et ce job «de vacances» à l’AZ lui permettra de beurrer encore un peu plus ses épinards et tant pis pour le cholestérol…
Moins impliqué alors qu’on attend de lui des miracles, le sorcier, dont le principal tour consiste à multiplier les billets comme d’autres multiplient le pain, commence à perdre la confiance du public belge.
Après quelques mois sans que son nom ne soit cité à gauche et à droite, une rumeur persistante enverrait le sélectionneur des Diables, grand ami de Vladi Putin, à la tête de la Russie. Le tout arrosé par quelques autres millions d’euros nets d’impôts. Confirmant le stéréotype du Néerlandais qui se trimbale des kilos de boîtes de conserve dans son camping-car pour ne surtout pas dépenser un rond pendant ses vacances, Advocaat renie ses engagements, sa parole (qui, elle, n’a que peu de valeur) donnée à la presse et à ses supérieurs quelques jours plus tôt, et tout le reste pour claquer la porte de l’Union Belge… Après avoir tenté de justifier ce choix en clamant que la Russie est une des trois meilleures équipes d’Europe (alors même qu’un autre magicien batave, Guus Hiddink, vient d’échouer à l’amener au Mondial), Général Dick avouera enfin que l’argent n’est pas tout à fait étranger à sa décision… Tu m’étonnes.
Le tout en gratifiant les médias belges de son avis et de ses conseils (gratuits) sur sa succession. Cet élan de générosité de la part de ce gouffre à fric sur pattes restera en fin de compte la seule grande surprise de son mandat belge.
Cette démission abjecte pourrait néanmoins être une grande nouvelle pour la sélection belge. D’abord parce qu’elle devrait s’en sortir financièrement gagnante, la rupture unilatérale du contrat d’Advocaat devant lui rapporter un peu plus d’un million d’euros (une paille tant pour les Russes que pour l’ex-coach).

Ensuite, parce que ce départ laisse une voie royale à l’ex-assistant de Dickie, Marc Wilmots. Le taureau de Dongelberg est un nom bien connu du foot belge et européen et semble avoir le profil idéal. Belge, bon marché (par rapport à son prédécesseur), polyglotte et battant à souhait, l’ex-capitaine des Diables est un homme de défis qui se retrouverait avec tout à prouver. A la tête d’une équipe jeune et talentueuse de laquelle il est très respecté, Willie pourrait réaliser les miracles que l’on attendait de son ex-chef… Mais il reste le problème récurrent du plat pays : la Fédération belge et son président De Keersmaecker osera-t-elle confier les rênes de son traineau à un… francophone ?
* Général, conquête... ça s'accorde mieux avec Stalingrad que St-Petersbourg, n'y voyez rien d'autre !
Vos commentaires
La Belgique manque dans le paysage du foot européen...au vu de la génération qui arrive je pense que l'on reparlera d'elle ces prochaines années..
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Mais je ne puis m'empêcher de corriger le nom de la ville citée en préambule de l'article.
En effet, Stalingrad se trouvait bien plus au sud, sur la Volga, rivière qui aura eu un impact décisif dans le dénouement de la seconde guerre mondiale et qui est source de la nouvelle appellation de cette ville: Volgograd.
En ce qui concerne St-Pétersbourg, son nom sous le régime communiste était Leningrad, en référence au Prédécésseur du Petit Père des peuples ( alias Staline ).
Voilà pour ce bref retour historique et pour une correction que je vous offre gratuitement...
ABE
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Sinon Dick n'en est pas à son coup d'essai, son parcours est une succession de départ pour plus de pognon. Mais bon, à qui peut on reprocher de partir pour gagner 10x + ? Son tort est d'avoir promis de rester a tout le monde...
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Pour une fois que l'hospice qui sert de fédération confiait le poste à un selectionneur étranger...
Et excellente l'allusion au savoir vivre Neérlandais !
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