mardi 23 mars 2010
par Olivier Tauxe (aucun lien de parenté avec l'homonyme élu UDC en Ville de Genève)
Et que je me plains de la passivité des équipes par-ci, du manque de beau jeu par-là. Si les fans des deux équipes concernées passent leur temps ces jours à se traiter mutuellement de pleureuses et de caliméros, que penser des fans d’autres clubs romands (méritant ici le qualificatif de «fans inférieurs») qui n’ont de cesse de cracher dans la soupe des fleurons du hockey de notre belle région ?
Ces fans décrépis qui assurent ne rien voir de bon durant cette série auraient besoin d’aide pour comprendre ce qui fait la beauté subjective de ce quart de finale ?
Qu’à cela ne tienne ! Partant du constat attristant que cela fait plus dix ans que les duos du style Bykov-Khomutov ont été remplacés par des Sarault-Schrepfer ou d’autres Heins-Collenberg et Malik-Toms, voici en quelques mots ce que vivent les supporters des deux clubs romands de l’élite.

En premier lieu, convenons que les supporters de hockey sur glace suivent une équipe pour vivre des émotions, si possibles liées à la victoire de leur club de cœur ; la «beauté» des actions étant nettement reléguée au deuxième plan, voire même plus bas.
La première émotion vécue par les fans fribourgeois et genevois confondus est liée à une rivalité romande ; personne ne souhaite perdre contre le voisin prétentieux et arrogant. Après tout, prétentieux et arrogant, le Genevois l’est de réputation et parfois de nature, le Fribourgeois a appris à l’être avec son expérience de 30 ans en LNA et, selon certains, avec son palmarès (!). Tamponnons-nous allègrement le coquillard des suggestions tendant à faire de ces rencontres un «derby» dans le sens propre du terme, là n’est pas la question. Le cœur accélère en premier lieu pour ces considérations géographiques et sociales.
La deuxième émotion offerte par les joueurs des deux équipes émane de leur comportement sur la glace. Si l’on ne voit pas de triangulations multipliées avec des passes à 50km/h effectuées par des joueurs virevoltant à pleine vitesse autour du slot, nous nous souviendrons longtemps de l’excitation provoquée par le coup de Heins, les provocations de Rubin ou de Birbaum, de Bezina ou de Sprunger.
On se souviendra aussi longtemps du jeu d’échecs se déroulant par presse interposée, avec un Jeannin annonçant à droite que Gottéron n’a aucune chance de battre Servette, un Rivera annonçant à gauche qu’il déteste les joueurs de Gottéron, et entre-deux une Morand ou un Salinas claironnant fièrement que Gottéron s’imposera lors du match 6 en basant ce fait indiscutable sur cinq qualités fribourgeoises insurmontables pour les Genevois, ou encore un Andrié parlant d’entraîneur-pleurnicheur à l’adresse de Serge Pelletier. Les fans genevois riront encore souvent des affabulations fribourgeoises plaçant Chris McSorley en omniscient manipulateur de la marionnette Shawn Heins, les Fribourgeois s’esclafferont toujours des qualificatifs tels que pleurnicheur ou sournois que les fans genevois attribuent si facilement à Serge Pelletier.

Une guerre psychologique dont le vainqueur reste à désigner, mais tant de choses qui font bouillir les sangs des fans de chaque côté.
Un jeu d’échecs aussi sur le plan du jeu lui-même, où l’on voit par exemple un coach modifier ses lignes à plusieurs reprises en cours de match, pendant que son adversaire suit en cherchant la parade appropriée. Où l’observateur accompli aura su voir les sales coups distribués tant par les joueurs adverses que par ceux de sa propre équipe.
Des retournements de situations défrayant toute chronique, aussi. Alors que la règle lors des séries de play-off voudrait que la première équipe à marquer lors d’un match le remporte, nos deux équipes la bafouent sans vergogne. Des retournements de situations dans l’ordre des victoires aussi, avec un Servette peut-être trop sûr de lui au début, puis un Fribourg lui volant cette qualité dès l’acteV, tout cela pour emmener les fans vers un final orgasmique, une ultime confrontation complètement indécise, que certains fans fragiles ont même peur d’aller voir. Ces émotions sont décuplées par le simple fait que cette série oppose Fribourg à Genève ; reconnaissons qu’il est peu probable que les sentiments se voient décuplés de cette manière lors d’une série opposant Genève-Servette à Ambri-Piotta ou Fribourg Gottéron à Rapperswil, en mentionnant l’exception Gottéron-Berne, que nombre de fans dzos souhaitaient avant la dernière journée de championnat régulier, et qu’ils souhaitent encore plus maintenant (bizarrement).

Par ailleurs, lors de cette série, sans pousser le vice jusqu’à certifier que nous y trouvons le plus beau hockey jamais offert à nos yeux ébahis, il est complètement incorrect de se placer en téléspectateur blasé et d’affirmer que nous n’assistons pas à de nombreux coups d’éclats. De ceux qui permettent de constater que le hockey y est tout de même à la fête. On peut citer le magnifique but de Benny Plüss lors de l’acte V, celui de Rivera lors de l’acte VI, des actions toujours dangereuses de la ligne de parade fribourgeoise, des gestes techniques de classe internationale offerts par Salmelainen, des arrêts extra-terrestres de deux des trois meilleurs goalies de la ligue, Caron et Stephan (non, le troisième n’est pas Aebischer).
Puis finalement, on peut aussi s’interroger sur l’intérêt de regarder une série à sens unique telle que celle vécue par les fans bernois contre Lugano. Quelle peur ils ont dû vivre lors du 7 à 0 du troisième match qui laissait un suspense insurmontable à l’approche de la quatrième rencontre. Certes, c’est bon pour le cœur, mais quelles émotions ont donc vécu les fans bernois et luganais ?
Et quid de la défaite du jeu de bûcherons davosien face aux aviateurs de Chloote. La majorité de ceux qui ont assisté à la série complète ne cessent de se plaindre du niveau de jeu présenté par les deux équipes.
Personnellement, je remercie la Glace (le Ciel n’ayant rien à voir là-dedans) de nous avoir offert cette série si indécise, si tendue, avec ses écarts d’objectivité malhonnête et de malhonnêteté objective.
Bref, une vraie série de play-offs.

Et les fans ayant précédemment assisté à des séries de quart de finale de play-off de LNA savent que le jeu n’y est jamais le plus lumineux et transcendant. Que les autres cessent donc de se comporter en vieux blasés du Muppet-Show, nostalgiques d’une ère n’ayant jamais existé.
…
Réflexion faite, finalement… Que les autres se plaignent, eux, qu’ils soient les Bidochon rouspéteurs tranquillement installés devant leur écran pendant que leur équipe se bat pour remonter dans l’élite ou s’éviter une sortie honorable en quart de finale de LNB, ou qu’ils soient encore fans d’autres équipes encore plus obscures, nous sommes prêts à le comprendre.
Sans pour autant partager leur opinion.
Photos Pascal Muller, copyright www.mediasports.ch
Vos commentaires
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Du beau CartonRouge!
En plus, il prend le contrepied d'un Georges Beaudry fatigué et mauvais, qui nous avait habitué à mieux! (et, qui franchement m'avait habitué à mieux)
Bises à tous et surtout aux Dzoz que j'aime... quand même<
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Même si il y a eu des coups de génies ... comme le but de Plüss (merci de nous le rappeler celui-là) et que, pour la plupart, les joueurs de chaque groupe ont essayés de faire le meilleur job possible... ils n'ont pas réussi à rendre cette série agréable...
Alors fondamentalement suis contente que cela soit fini, même si c'est mon équipe qui a perdu car j'espère que les genevois et les fribourgeois (et je parle en particulier des fans) se rendront compte que leur attitude est un peu désolante...
Je souhaite bonne chance au GSHC contre Zoug et m'en vais supporter l'équipe de mon enfance... celle qui a eu raison de Davos.
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Et m......
Que de regrets. Faudra qu'on reparte un peu plus humble la saison prochaine si on veut veut espérer vivre de meilleurs moments!
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Tout le fiel déversé (et qui se déverse encore) dans les journaux, sur les sites interactifs, les forums, etc...
nous font presque oublier que cette série a été loin d'un monologue de la part de l'équipe la mieux classée.
Des émotions il y en a eu, pour les supporters de GS il y en aura encore, malheureusement pour nous c'est fini, et c'est quand même un peu comme une drogue. Le sevrage va être long !
Merci à Fribourg et GS de nous avoir fait vibrer durant ces 1/4 ! Et merci aux supporters intelligents des 2 camps de vous être donné à fond pour l'ambiance, mais carton rouge à tous les idiots qui préfèrent passer leur temps à insulter l'adversaire plutôt que de soutenir leur équipe
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Vous etes en vacances vous etes en vacances xD
Ah que ça fait plaisir... ^^
Bon il est ou l'article sur Geneve xD
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belle article, Merci Servette et désolé FG, on remet ça quand vous voulez ;)
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Également entièrement d'accord avec Masha. Cette saison est à oublié.
Et pourquoi pas un Slava comme entraineur????
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Chapeau !
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