lundi 7 juin 2010
par Jérôme Nicole
La finale tant attendue entre Söderling et Nadal a tourné court, tant la supériorité de l’Espagnol fut indiscutable. Le Suédois n’a pas fait un mauvais match, même s’il n’a certainement pas aussi bien frappé la balle que contre Federer. Mais Rafa paraissait tout simplement invincible, intouchable. A sa grande habitude, il s’est arraché pour aller chercher toutes les balles aux quatre coins du court, il a habilement négocié tous les points clés du match, à l’image des balles de break sauvées au début du deuxième set. En fait, il n’a fait que ramener les coups d’attaque du géant suédois, qui a craqué le premier à chaque fois. Quant à Söderling, justement, il a sombré petit à petit et inéluctablement. Pour preuve, le Viking n’a jamais pu breaker Nadal de tout le match !
Au final, Nadal est donc de retour au premier plan, enlevant par la même occasion son 5e titre à Paris, le 7e en Grand Chelem. Il retrouvera dès aujourd’hui la place de numéro un mondial, rang qu’il mérite amplement au vu de ses récentes performances. Mais l’ogre ne saurait se satisfaire de cette victoire ; dans deux semaines débute Wimbledon, et il fera naturellement partie des favoris. Et comme il n’a aucun point à défendre (absent en 2009), l’Espagnol pourrait bien caracoler à la tête de l’ATP pour encore de longs mois…

Au contraire du duel masculin, la finale dames a marqué les esprits par sa singularité, et ceci à plus d’un titres ; premièrement à cause du style tennistique, qui est à mille lieues des jeux stéréotypés russes, il faut bien le dire. Deuxièmement, à cause de la présence en finale d’une Italienne, chose qui n’était jamais arrivée en Grand Chelem. Enfin, dernière chose, aucune des deux joueuses n’avait jamais gagné un titre du Grand Chelem. L’exploit est d’autant plus énorme qu’elles ont, à elles deux, éliminé cinq top ten (sur neuf, sachant que Stosur est septième) !
Ce qui m’a aussi frappé, c’est l’intensité que les deux joueuses ont mise dans ce match. L’Italienne, en particulier, a ébloui le Central de son attitude positive, de sa joie de se retrouver là, en finale. Elle a réjoui le public de sa rage de vaincre, et elle a donné un vrai récital ; Francesca Schiavone doit inspirer toutes les joueuses par son attitude et son engagement. Elle s’est battue sur tous les points, elle a mis à profit son sens tactique pour pallier les faiblesses de son tennis, elle s’est sublimée pour recoller au score lors du deuxième set. Ces preuves-là ne mentent pas, l’Italienne a, à bientôt 30 ans, réussi le plus bel exploit de sa carrière et c’est mérité.
A titre de comparaison, on se souvient de la «farce» de l’année 2009, une finale dames Safina-Kuznetsova expédiée en moins d’une heure, alors que la gagnante est apparue froide et insipide. On aurait dit qu’elle venait de décrocher un tournoi d’une ligue régionale quelconque !
Rendons aussi hommage à l’Australienne, dont le tennis offensif fait plaisir à voir, mais qui n’a pas eu, ce samedi, les armes mentales pour se sublimer et revenir dans la partie. Nous retiendrons surtout de cette édition la belle performance des Italiens : Fognini qui a battu Monfils et Schiavone qui a triomphé de fort belle manière !

Côté suisse, on relèvera l’amère défaite de Federer en quart de finale. Amère, parce qu’après 23 demi-finales consécutives en Grand Chelem, c’est Söderling – encore lui – qui a mis fin à ce record phénoménal ! Amère aussi car Federer sera détrôné dès ce matin, et qu’il n’atteindra pas (encore) le fabuleux record de Sampras, qui avait passé 286 semaines à la tête du tennis mondial.
Mais «rendons à Soderling ce qui est à Soderling», celui-ci a sans doute livré un des plus beaux matches de la quinzaine, contre Federer. À l’exception du premier set, où Rodgeur a fait parler la poudre – un tennis intergalactique, comme il peut parfois le produire – le Suisse n’a pas paru en mesure d’inverser la tendance, ni même de faire douter le géant. Il n’y avait rien à faire ce jour-là sur le Central. Reste à savoir comment il pourra digérer cette «contre-performance», et nous aurons les premiers éléments de réponse dès demain, où Federer est de retour sur le gazon allemand de Halle.
Vos commentaires
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Tant que les PanzersSisters Williams, que la vomitive et gueularde Sharapova se cassent la gueule avant la finale, tout va bien.
Elles ne me manquent pas, comme à la majeure partie des spectateurs et téléspectateurs qui aiment ce sport.
Il en va aussi de la crédibilité, déjà bien entamée, de ce sport chez les femmes.
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C'est pas de la F1 ?
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